1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

dimanche 25 septembre 2011

Honduras, Radios communautaires: des voix de la terre toujours exclues des ondes

La réintégration du Honduras à l’Organisation des États américains (OEA) a-t-elle refermé la sinistre parenthèse du coup d’État survenu il y a deux ans jour pour jour, le 28 juin 2009, et de ses conséquences sur les libertés publiques et les droits de l’homme ? L’Association mondiale des radios communautaires-Amérique latine et Caraïbes (AMARC-ALC) et Reporters sans frontières ont ensemble posé la question (http://fr.rsf.org/honduras-inquietude-sur-l-avenir-des-07-06-2011,40407.html) alors que le pays retrouvait officiellement sa place dans la communauté des États du continent. Le combat contre l’impunité et pour l’avènement d’un réel pluralisme reste d’actualité si l’on en croit les représentants de La Voz de Zacate Grande, voix de la terre exclues des ondes.
 
Une envoyée spéciale de Reporters sans frontières était présente à Zacate Grande lors du premier anniversaire de la radio communautaire, le 14 avril dernier. Cette visite a donné lieu à un long reportage audio – pour l’instant accessible seulement en espagnol mais résumé ci-dessous  – téléchargeable à partir de ce lien : http://dl.free.fr/gITEkPwVZ

L’événement du 14 avril a, par ailleurs, réuni la plupart des radios communautaires du Honduras affiliées à AMARC. Cette rencontre a été l’occasion de constater que dans la majorité des cas, la lutte pour la défense de la terre a été le motif principal de la création des radios communautaires. La Voz de Zacate Grande illustre particulièrement bien cette situation.

Une décennie de lutte inégale


Depuis plus de onze ans, les habitants sont soumis à un harcèlement constant du simple fait de faire valoir leurs droits sur la péninsule de Zacate Grande. Située à l’extrême sud du pays, dans le golfe de Fonseca, celle-ci est réclamée par le grand propriétaire terrien et magnat de la palme africaine Miguel Facussé Barjum (http://fr.rsf.org/honduras-miguel-facusse-barjum-entrepreneur-03-05-2011,40193.html), qui prétend y développer de grands projets touristiques. Plusieurs familles de l’oligarchie hondurienne ont également investi le bord de mer pour y bâtir de luxueuses demeures, alors même que les autorités arguant du respect de la convention internationale RAMSAR sur la protection du littoral, refusent aux paysans le droit de mettre en œuvre et de gérer eux-mêmes des projets qui profiteraient au développement des communautés locales.

Organisés au sein de l’Association pour le développement de la péninsule de Zacate Grande (ADEPZA), les paysans confrontés à la tactique d’encerclement mise en œuvre par les grands propriétaires ont opté pour la récupération des terres sur lesquelles ont vécu leurs parents depuis des temps ancestraux. S’appuyant tantôt sur les lois de protection de l’environnement tantôt sur celles concernant le respect de la propriété privée, la justice semble avoir pris fait et cause pour les grands propriétaires. La plupart des membres d’ADEPZA font l’objet de poursuites judiciaires pour “atteinte à l’environnement” ou “usurpation”. C’est notamment le cas du secrétaire d’ADEPZA, Gerardo Aguilar, un des vingt et un membres de l’équipe de jeunes collaborateurs de la radio. En effet, le terrain sur lequel celle-ci a été érigée dans le hameau de Puerto Grande est revendiqué par Miguel Facussé. Le statut des radios communautaires n’étant pas reconnu au Honduras, le président d’ADEPZA, Pedro Canales, est également poursuivi pour “utilisation illégale de fréquence”.

Par ailleurs, la justice s’acharne toujours contre Elia Xiomara Hernández et Elba Yolibeth Rubio, deux collaboratrices de la radio. Appréhendées alors qu’elles couvraient  une expulsion violente dans la localité voisine de Coyolito, elles ont été  accusées de “sédition” et “désobéissance à la force publique” et sont depuis soumises à un contrôle judiciaire (http://fr.rsf.org/honduras-cible-d-un-incendie-criminel-il-y-18-01-2011,39343.html). L’obligation de se rendre tous les quinze jours en bateau au tribunal situé sur l’île voisine du Tigre, occasionne des frais importants qui sont à la charge des accusées.

Enfin, outre les poursuites judiciaires également engagées contre lui, le directeur de la radio, Franklin Meléndezhttp://fr.rsf.org/honduras-attentat-contre-le-directeur-de-la-16-03-2011,39802.html). Les auteurs, qui entendaient manifester ainsi leur opposition aux initiatives promues par ADEPZA par le biais de la radio, n’ont, quant à eux, jamais été inquiétés par la justice et circulent librement dans la communauté et ses environs. a été victime, le 13 mars dernier, d’un attentat par balle qui l’a blessé à la jambe (

De telles tensions n’ont pas vraiment lieu d’étonner au sein d’une population dont de très nombreux membres ont été contraints d’émigrer aux États-Unis pour échapper à la misère et souvent subvenir aux besoins de la famille restée au village. Miguel Facussé a, en tout cas, très bien su exploiter cette situation. En faisant miroiter l’obtention de titres de propriété à ceux qui acceptent de travailler pour lui, l’entrepreneur encourage activement la division et les conflits entre habitants de Zacate Grande. C’est ainsi que la veille de la célébration de l’anniversaire de la radio, l’épouse de Miguel Facussé a fait le tour des villages pour distribuer des jouets et des friandises aux enfants.

A ces pratiques clientélistes, les collaborateurs de La Voz de Zacate Grande opposent le droit à l’information conçu comme un outil destiné à promouvoir l’éducation pour tous. Les propos recueillies lors des visites réalisées au mois d’avril dernier témoignent du fait que, plus qu’un simple média, la radio constitue pour eux un instrument de défense de l’intérêt commun.

Fragile reconstruction


Au Nord, sur la Côte Atlantique, la communauté afro-hondurienne de Triunfo de La Cruz a également reçu la visite de Reporters sans frontières durant la même période. Là non plus, les populations ne pourraient faire entendre leur opposition à des projets agroindustriels et immobiliers sans le secours de leur radio. Issue de l’Organisation fraternelle noire du Honduras (Ofraneh), Radio Coco Dulce (appelée aussi Radio Faluma Bimetu en langue garifuna) a malheureusement subi des attaques répétées au mois de janvier dernier, qui l’ont amené à interrompre ses programmes pendant douze jours (http://fr.rsf.org/honduras-reprise-sous-haute-tension-des-01-02-2011,39445.html). Triste rappel pour un média réduit au silence un an plus tôt après un incendie criminel (http://fr.rsf.org/honduras-mise-a-sac-d-une-radio-07-01-2010,35963.html). Avec le concours d’International Media Support (IMS), AMARC-ALC et Reporters sans frontières avaient alors financé la reconstruction du média. Cette année, les deux organisations ont doté la radio d’un petit système de vidéosurveillance. Ce secours matériel est à la fois nécessaire et insuffisant. Alors que notre envoyée spéciale se trouvait dans la région, le 7 avril, la maison d’Alfredo López, directeur de Radio Coco Dulce, a été incendiée (http://fr.rsf.org/honduras-les-radios-communautaires-toujours-13-04-2011,40021.html). Les auteurs courent toujours.

Le Mouvement paysan de Rigores se fait violemment expulser


« Les militaires arrivèrent avec un mandat d’expulsion en disant que nous possédions des armes »

Samedi le 2 juillet 2011. Le 24 juin dernier, le juge assigné à la ville de Tocoa, Josue Pagoda Mejia, émit un mandat d’expulsion contre le Mouvement paysan de Rigores dans le Bajo Aguan. Au cours de cette expulsion, 114 demeures, évaluées à 14000 lempiras chacune, furent démolies. Six salles de cours furent démolies, trois églises, trois projets d’engraissement de poulets, un centre communautaire ainsi que plusieurs autres infrastructures productives du groupe et les cultures de la prochaine récolte connurent le même sort, le tout à l’aide d’une pelle mécanique. Le tracteur du groupe fut aussi confisqué. Les enfants perdent une autre période scolaire dû à la destruction des écoles ainsi que le traumatisme engendré par cette expulsion.

Douze agriculteurs furent emmenés au poste de police de Tocoa et libérés postérieurement, tandis que plusieurs femmes eurent des fausses couches durant l’expulsion qui prit place entre midi et 9 heures du soir. 13 autres agriculteurs font face à un mandat d’arrêt, tandis que les réseaux de solidarité annoncèrent que le 1er juillet deux paysans du même groupe furent arrêtés. Carlos Sandoval est toujours détenu et les autorités refusent à fournir des informations quant à la raison pour laquelle il fut arrêté.

Sur les terres de Rigores, récupérées en 2001, vivent au total plus ou moins 500 personnes. À l’heure qu’il est, elles se retrouvent forcées de dormir chez des connaissances et survivent avec l’aide de la communauté, tel que rapporté par des représentants du groupe.

Les militaires et la police arrivèrent « fortement armés, menaçants et intimidant la dignité des agriculteurs » déclara l’un des membres du groupe.
Pour être « non-cultivées », les terres de Rigores furent originalement récupérées par le groupe en accord à la législature hondurienne. Toutefois, le groupe a souffert 5 expulsions au cours des 11 dernières années, cette dernière exécutée par le juge Ever Isael Lopez Oseguera suivant une demande du présumé propriétaire des terres Erick Rivera.

Les paysans, pour la majeure partie affiliés à la CNTC, lancèrent un appel à la communauté nationale et internationale afin que ces derniers se prononcent en solidarité avec leur situation.

Honduras : retour à l’OEA, retour à la normale?

L’Organisation des Etats américains (OEA) a approuvé, mercredi 1er juin, le retour du Honduras en son sein. Tegucigalpa en avait été exclu le 4 juillet 2009, à la suite du coup d’Etat qui avait chassé le président Manuel Zelaya du pouvoir, le contraignant à l’exil.

Cette décision résulte d’une « médiation » orchestrée par le président colombien Juan Manuel Santos, dans le cadre d’un rapprochement – parfois surprenant – avec Caracas. Profitant, le 9 avril, d’un sommet à Cartagena, M. Santos avait organisé une rencontre « inopinée » entre son homologue vénézuélien Hugo Chávez – proche de la résistance hondurienne – et le président de facto du petit pays d’Amérique centrale, M. Porfirio Lobo.

Rien ne laissait présager qu’elle porterait fruit : une semaine après l’élection de M. Lobo, le 29 novembre 2009, M. Chávez avait dénoncé un scrutin « frauduleux », puisque organisé par les putschistes. Il proclamait alors : « Le président du Honduras se nomme Manuel Zelaya  (1). » Pour les mêmes raisons, l’Union des nations sud-américaines (Unasur) (2) choisissait de ne pas reconnaître l’administration Lobo (3).

Un commentaire n’avait toutefois pas échappé au pouvoir hondurien. Celui du ministre des affaires étrangères vénézuélien, M. Nicolás Maduro, lequel avait précisé qu’une normalisation avec le Honduras n’était pas envisageable… tant que M. Zelaya se voyait privé de ses droits politiques dans son pays (4). Or, le 9 avril, M. Lobo s’avère disposé à quelques concessions dans ce domaine.

A l’issue de la rencontre, M. Chávez se réunit avec M. Zelaya ainsi qu’avec M. Juan Barahona, porte-parole du Front national de résistance populaire (FNRP), qui coordonne l’opposition aux putschistes. L’objectif : envisager les modalités d’une « sortie de crise ». Quatre conditions émergent : 1/ retour de tous les exilés, dont M. Zelaya ; 2/ mise en place d’une Assemblée nationale constituante « participative et démocratique » ; 3/ démantèlement des structures issues du coup d’Etat et châtiment des putschistes ; 4/ reconnaissance du FNRP en tant que parti politique.

Très vite, M. Lobo autorise le retour de M. Zelaya. Pour le reste… Le 18 mai, Mme María Ángela Holguín, ministre colombienne des affaires étrangères, relativise le caractère contraignant des quatre « points » avancés par MM. Zelaya et Barahona. Après tout, précise-t-elle, « il ne viendrait à personne l’idée d’imposer des conditions à qui que ce soit » (5).

MM. Lobo et Zelaya poursuivent néanmoins les discussions. Réunis le 22 mai en Colombie, ils signent un texte ouvrant la voie à la réintégration du Honduras au sein de l’OEA : l’accord de Cartagena. Sur les quatre pages du document, le terme « coup d’Etat » n’apparaît qu’une seule fois (en référence à la formulation du verdict de l’OEA ayant conduit à l’éviction du Honduras). Si le point 7 mentionne la tenue d’une Assemblée nationale constituante, il la replace dans le cadre de l’article 5 de la Constitution qui encadre les consultations populaires. « Avec, toutefois, un léger bémol, souligne Maurice Lemoine (dans son reportage à lire dans le numéro du Monde diplomatique actuellement en kiosques). Si 2% des électeurs ou dix députés peuvent solliciter une telle consultation, c’est le Parlement qui décidera, en dernière analyse, si elle sera organisée ou non ! » Sur ce point, comme sur celui de la reconnaissance du FNRP en tant que parti politique – envisagée, mais soumise à un processus de collecte de signatures ainsi qu’à l’approbation du Tribunal suprême électoral (6) –, la résistance est donc renvoyée au fonctionnement « routinier » des institutions du pays. Celles-là même dont elle a appris à se méfier. Un détail ? M. Lobo signe le document en tant que « Président du Honduras » ; M. Zelaya en tant qu’« ex-président ».

Le rapport de force, national et régional, permettait-il d’obtenir « plus » ? La question demeure sans réponse évidente. Il n’en reste pas moins que l’accord de Cartagena ne convainc pas tout le monde. A droite, les « durs », hostiles à toute négociation, pestent. A gauche, également, certains doutent : un éventuel retour du Honduras au sein de l’OEA devait ouvrir la voie à au démantèlement du pouvoir putschiste. Outre le fait qu’il lui permet de compter sur des lignes de crédit et une aide internationale qui lui faisait cruellement défaut, ne risque-t-il pas, finalement, de légitimer l’administration Lobo ?

Le Conseil civique des organisations populaires et indigènes (COPINH) « condamne énergiquement la réintégration imminente du pays au sein de l’OEA » et appelle la population à « poursuivre ses efforts jusqu’au démantèlement des structures issues du coup d’Etat » (7). Après avoir participé aux tractations, M. Barahona annonce pour le FNRP que « toutes les conditions ne sont pas réunies pour que le Honduras réintègre l’OEA » (8). Un point de vue que partage l’Equateur, seul des trente-trois pays membres de l’OEA à voter contre le retour du Honduras en son sein, soulignant les violations des droits de l’homme et l’absence de sanctions contre les auteurs du putsch de juin 2009 (9). Le Venezuela fait état de « réserves », mais approuve la résolution…

La page qui s’ouvre verra le FNRP tenter d’obtenir sa reconnaissance comme parti politique de la part d’institutions qu’il avait jusqu’ici qualifiées d’illégitimes. Nul ne peut prédire l’impact de ce virage stratégique sur un attelage hétéroclite, jusque-là cimenté par sa dénonciation du coup d’Etat. Et puis, à supposer qu’il parvienne au pouvoir, de quelle marge de manœuvre disposera un nouveau Zelaya, désireux de mettre en œuvre un programme similaire à celui à celui qui lui a valu d’être renversé ? Les putschistes dorment sur leurs deux oreilles : M. Roberto Micheletti, qui les avait conduits en juin 2009, a été décoré du titre de « Premier héros national du XXIe siècle » par la puissante Association nationale des industriels honduriens, qui souhaitait récompenser « son combat pour que le Honduras ne tombe pas dans le socialisme » (10). En janvier 2010, le parlement hondurien lui accordait le statut de « député à vie ».

Le 28 mai, le retour de M. Zelaya dans son pays – une avancée indéniable – a donné lieu à des scènes de liesse à Tegucigalpa (11). Même accompagné de la réintégration du Honduras dans l’OEA, suffit-il pour conclure, avec le quotidien espagnol El País, que le Honduras « renoue avec la démocratie » (12) ?
Renaud Lambert

(1) « Chávez : Nos agarran como excusa para cualquier cosa », Noticiasaldia.com, 8 décembre 2009.

(2) Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela.

(3) « Canciller Nicolás Maduro afirma que UNASUR no reconocerá Gobierno de Lobo en Honduras », Venezolana de Televisión, 5 mai 2010.

(4) « Unasur no reconoce gobierno de Porfirio Lobo en Honduras », Cubadebate, 3 mai 2011.

(5) « Holguín afina con “Pepe” borrador de condiciones para retorno a la OEA », La Tribuna, Tegucigalpa, 18 mai 2011.

(6) Giorgio Trucchi, « Resistencia en Honduras anuncia creación de partido para las elecciones de 2013 », Opera mundi, 1er juin 2011.

(7) « Bienvenido Coordinador General del FNRP », communiqué du 26 mai 2011.

(8) « Frente de Resistencia se opone a readmisión inmediata de Honduras a la OEA », TeleSURtv.net, 30 mai 2011.

(9) « Deux ans après sa suspension, le Honduras est de retour », Agence France presse (AFP), 1er juin 2011.

(10) « Industriales declaran a Micheletti héroe nacional », El Heraldo, Tegucigalpa, 11 janvier 2011.

(11) Cf. « Manuel Zelaya, de retour en retour jusqu’au retour final », par Maurice Lemoine, Mémoire des luttes, 30 mai 2011.

(12) Pablo Ordaz, « Honduras recupera la democracia », El País, Madrid, 29 mai 2011.

Villes-maquilas en pleine jungle hondurienne

Les maquilas ou maquiladoras, usines de sous-traitance étrangères exonérées de droits de douane, sont le théâtre d’une surexploitation des travailleurs et de stratégies antisyndicales systématiques. Pour le gouvernement du Honduras, qui, rappelons-le, est issu du coup d’Etat dont on fêtera bientôt le second anniversaire (voir http://www.gresea.be/spip.php?article186), ces zones de non droits sont des modèles à appliquer à grande échelle.
En témoigne l’engouement pour les théories de l’économiste américain Paul Romer qui consistent à imaginer la création ex-nihilo de "villes modèles" ("charter cities" en anglais) sur un terrain vague de mille kilomètres carrés qui, à l’image de Singapour ou Hong Kong, posséderaient leurs propres lois, forces de police, tribunaux, etc. Les lois du pays d’accueil (comme celle de payer des impôts ou les lois relatives au droit du travail) ne s’y appliqueraient pas. Exception est faite aux lois relatives aux relations extérieures, ces "régions spéciales de développement" pouvant par contre signer accords et traités internationaux. Pour pouvoir mettre ces théories en pratique, le Congrès a modifié l’article de la Constitution qui postulait l’interdiction de créer des organes juridictionnels d’exception en ajoutant "à l’exception des privilèges juridictionnels des régions spéciales de développement".
La police privée se chargera de prévenir toute présence syndicale et de rétablir l’ordre si besoin s’en fait sentir. D’ailleurs, si les conditions de vie et de travail ne plaisent pas aux habitants de ces villes privées, ils n’auront qu’à partir.

"Le rêve américain frappe à la porte du Honduras" titre deux semaines après le vote du Congrès le quotidien hondurien La Prensa (2 février 2011). Mais ces "villes modèles" sont le rêve des grandes entreprises transnationales. Pour les Honduriens, elles risquent de s’apparenter plutôt à un cauchemar. Rappelons qu’ils luttent encore pour le retour de leur président démocratiquement élu et pour la construction d’un "pays modèle".

Publié en Gresea.be

jeudi 23 juin 2011

Après le retour du président Hondurien Zelaya, entretien avec Esly Banegas dirigeante du Front national de résistance populaire (FNRP) : la lutte contre le gouvernement putschiste continue


http://thinkpress.files.wordpress.com/2011/05/regreso-mel-zelaya_195_300.jpgHonduras : Le FNRP ne reconnaîtra pas le gouvernement Lobo et dénonce la réintégration du Honduras dans l'OEA

 
 
Entretien avec Esly Banegas du Comité Politique du FNRP réalisé par Giorgio Trucchi
 
 
Le 22 mai, Porfirio Lobo et l'ancien président Manuel Zelaya ont signé l'accord de Cartagène, dans le contexte du processus de médiation mené par les gouvernements du Vénézuela et de Colombie. Pour analyser comment la résistance hondurienne vit ce moment, voici un entretien réalisé par Giorgio Trucchi avec Esly Banegas, membre du Comité politique du Front national de résistance populaire (FNRP).
 
 
Comment le FNRP juge l'Accord de Cartagène ?
 
Pour le FNRP, le présent accord ne répond qu'à une partie de nos revendications essentielles, qui est le retour en toute sécurité de l'ancien président Zelaya ainsi que d'autres exilés. Mais nous ne partageons pas la façon dont d'autres points ont été inclus, car l'accord ne répond pas à nos attentes, celles de la Résistance.
 
 
Quelles sont ces autres questions ?
 
En ce qui concerne l'Assemblée constituante, nous plaidons pour qu'elle soit participative, originelle et auto-convoquée, de façon que les personnes aient l'opportunité d'exprimer directement ce que doit être le contenu d'une nouvelle Constitution. Pour ce qui est des droits de l'Homme, nous pouvons voir que la persécution, la répression, les assassinats et l'impunité continuent, et la Résistance exige que l'on mette un terme à ces violations des droits de l'Homme. Par conséquent, nous ne partageons pas la manière dont ces questions sont reflétées dans l'accord.
 
 
A l'origine de l'Accord de Cartagène, nous constatons une accélération du processus de normalisation des relations internationales avec le Honduras. Quelle est la position du FNRP ?
 
Honduras fut suspendu à la suite du coup d’État et la situation n'est pas résolue. La Résistance rejette la réintégration du Honduras dans les organismes internationaux, y compris l'OEA, tant qu'il ne répond pas aux quatre points inclus dans le processus de médiation.
 
 
Toutefois, l'ancien président Zelaya a soutenu la décision des gouvernements d'Amérique centrale et du CA-4 [Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua] d'appeler les pays latino-américains à appuyer ce processus de normalisation. Comment analyser cette décision ?
 
Manuel Zelaya a signé l'Accord de Cartagène en sa qualité d'ancien président, et le FNRP a soutenu cette initiative, car elle comprenait une de nos revendications, qui est son retour et celui de tous les exilés. En tant qu'ancien président, il a tout à fait le droit d'exprimer son point de vue et son avis, mais au nom de la Résistance nous réaffirmons notre rejet de la réintégration du Honduras à l'OEA et demandons à ce que l'on réponde à nos exigences, y compris la poursuite et la sanction pénales envers les agents de la répression.
 
 
Dans l'accord, le FNRP est reconnu comme une force politique et on parle déjà de sa possible constitution en parti politique. Est-ce que cette décision se rapprocherait en quelque sorte des résolutions de la Grande assemblée du FNRP de février dernier ?


Il y a reconnaissance du FNRP comme une force politique belligérante et on s'assure la possibilité de nous enregistrer à la Cour supérieure électorale pour que, à un moment donné, nous puissions participer aux processus électoraux. L'Assemblée a été claire en affirmant que nous n'allons pas participer à ces scrutins tant que ne seront pas convoquées une Assemblée nationale constituante et une nouvelle loi électorale. Cela reste le cas et ce sera à l'Assemblée du FNRP de décider quels seront les prochains pas.


Une fois que Manuel Zelaya sera de retour au pays le 28 mai, le FNRP va reconnaître le gouvernement de Porfirio Lobo ?


Pas du tout. Le FNRP ne reconnaîtra pas ce régime continuateur du coup d'Etat. Nous soutenons le retour de Manuel Zelaya, comme coordinateur du FNRP, mais nous allons continuer à nous opposer à un régime qui continue de réprimer notre peuple et de défendre les intérêts de l'oligarchie.


Qui y gagne avec l'Accord de Cartagène ?


Le peuple en résistance y gagne car il obtient le retour de Manuel Zelaya et des exilés. Ainsi, nous triomphons de la ligne des putschistes qui refusaient sa présence au Honduras, et nous restons déterminés à mener la lutte du peuple jusqu'à ce que toutes nos revendications soient satisfaites.

mardi 14 juin 2011

Zelaya retourne au Honduras, mais justice n’a toujours pas été faite

Dana Frank, le 2 juin 2011. Le samedi 28 mai, lorsque le président Manuel « Mel » Zelaya rentra finalement au Honduras presque deux ans après avoir été renversé lors d’un coup d’État en juin 2009, la marée humaine vêtue de rouge qui l’accueillit à l’aéroport de Tegucigalpa et qui protestait contre le coup s’étendait si loin dans les rues adjacentes que personne ne pouvait réellement les compter. Ce fut de loin la plus grande manifestation de toute l’histoire du Honduras. Même El Heraldo, un organe de presse en faveur du coup, estima la foule entre 500 000 à 1.5 millions de personnes. Le canal 11 annonça 900 000 personnes – c’est-à-dire 11 pourcent de toute la population hondurienne.

Mais que signifie réellement le retour triomphal de Zelaya? Certainement pas que la justice soit rétablie au Honduras, que la répression ait cessé ou que la question de la justice sociale soit finalement adressée. L’accord avec le président actuel de facto Porfirio Lobo Sosa, dont la médiation fut menée par le président vénézuélien Hugo Chavez et le président colombien Juan Manuel Santos, n’offre rien de plus que d’abandonner les fausses accusations à l’endroit de Zelaya, permettant son retour.

Le retour de Zelaya est symboliquement très important pour le peuple. Même de la part de ceux qui sont normalement plutôt critiques envers lui, il reste le grand symbole de la résistance au coup militaire et à l’ordre constitutionnel. Son retour offre une lueur d’espoir et affecte dramatiquement le paysage politique hondurien.

Mais les supporters du régime actuel sont satisfaits aussi. Au Nord, les médias commerciaux étatsuniens furent prompts à déclarer que « la crise est désormais terminée ». La Secrétaire d’État Hillary Clinton, qui semblait chercher le retour de Zelaya à tout prix afin de créer un semblant de démocratie bipartite, annonça immédiatement que le Honduras pourra désormais être réadmis dans l’Organisation des États Américains. Chose dite, chose faite: le mercredi 1er juin, l’OEA réintégrait effectivement le Honduras, avec l’Équateur en tant que seule voix discordante.

Mais cet accord ne fait rien de concret afin de résoudre la crise des droits humains au Honduras. Tel que mentionné au cours d’une déclaration émise par 20 groupes importants – représentant des juges honduriens, des ministres, des femmes, des autochtones, des groupes LGBT, des afro-descendants et des activistes des droits humains – les conditions originales pour la réadmission à L’OEA, incluant les procédures judiciaires à l’endroit des responsables du coup, sont loin d’avoir été atteintes. « Des violations innombrables aux droits humains » furent commises durant le coup d’État, notent-ils, mais l’accord « ne prend pas en compte ces faits, ni ne promeut l’établissement d’un mécanisme effectif pour leur enquête, leur sanctionnement, ainsi que leur juste réparation ».

La répression de l’opposition au cours des derniers trois mois était en fait pire qu’elle ne le fut durant la période suivant tout juste le coup d’État. La police et les militaires sous les ordres de Lobo font désormais régulièrement usage de bombes lacrymogènes comme des armes létales. Les menaces assassinats de journalistes travaillant pour l’opposition perdurent (deux meurtres pour le mois de mai) et des paramilitaires s’en prennent impunément à des activistes paysans l’un à la suite de l’autre dans la vallée de l’Aguan, où quatre personnes furent tuées au mois de mai seulement. Deux jours suite à la signature de l’accord, les policiers de Lobo usèrent de gaz lacrymogène et de tirs à balles réelles contre un groupe d’étudiants du niveau secondaire qui protestaient contre le renvoi de leurs professeurs de mathématique.

Qui plus est, le système judiciaire est fortement dysfonctionnel. Selon le COFADEH, le groupe de défense des droits humains indépendant le plus important au pays, l’impunité complète règne en rapport aux 36 assassinats motivés par des fins politiques de même que les 300 meurtres de membres de l’opposition depuis que Lobo prit le pouvoir. Les mêmes officiers militaires qui réalisèrent le coup d’État sont en charge des forces armées et de l’entreprise étatique de téléphonie.
Dans le cadre de cet accord, Lobo – lui-même élu suite aux élections frauduleuses de novembre 2009, contrôlées par l’armée et boycottées par l’opposition et des observateurs internationaux – promis du bout des lèvres de porter attention aux droits humains. Mais sans rien de concret dans le texte, il n’en est rien de plus que le renard promettant d’être encore plus attentif au poulailler. « Les droits humains ne peuvent être sujets à des négociations d’ordre politiques » emphatisa le COFADEH en réponse à l’accord.

Heureusement, une part croissante du Congrès étasunien ne s’y fait pas prendre. Le 31 mai, 87 membre de la Chambre des représentants firent parvenir une lettre à la Secrétaire Clinton, parrainé par les Représentants James McGovern, Jan Schakowsky et Sam Farr, exprimant leurs préoccupations face à la situation des droits humains au Honduras et demandant la suspension de l’aide militaire policière au Honduras – ce sont 30 signataires de plus que lorsqu’une lettre similaire fut envoyée en octobre dernier.

Et qu’en est-il de la résistance hondurienne, qui a déjà tant souffert?

Il est extrêmement compliqué de faire face à la nouvelle réalité que constitue la présence de Zelaya et son accord avec Lobo. À l’interne, un débat houleux a lieu entre ceux qui supportent l’entrée du Front national de résistance populaire (FNRP) dans le jeu politique électoral dès maintenant – ce qui peut signifier l’atteinte du pouvoir politique formel, mais aussi le risque de tomber dans des schèmes de patronage opportuniste, en d’autres mots de glisser vers une version revampée du vieux Parti libéral oligarchique – ainsi que la base du mouvement social à l’intérieur de l’opposition, plus préoccupée au sujet du processus décisionnel à l’intérieur du Front, qui désire prendre son temps afin de construire une solide base horizontale.

Au cœur de ce nouveau contexte politique extrêmement changeant, la question est comment saisir cette masse d’Honduriens politiquement engagés toute de rouge vêtue et la transformer en changement social, économique et politique fondamental. Tel qu’exprimé par l’intellectuel hondurien Eugenio Sosa lorsque ce dernier fut interrogé par la radio alors que l’avion de Zelaya était sur le point d’atterrir, « cette multitude – pour quoi faire? ».

Accueil historique de Manuel Zelaya par le peuple hondurien

Zelaya: « Sans démocratie il n’y a pas de droits humains »
« Le sang n’a pas coulé en vain parce que nous sommes sur le pied de guerre »
Tegucigalpa, le 28 mai. Il y a quelques heures, l’ex-président du Honduras Manuel Zelaya retourna au pays accompagné de plusieurs réfugiés politiques, d’une partie de sa famille ainsi que d’un cortège international d’appui et d’observation provenant de pays d’Amérique latine et d’Europe. Des centaines de milliers de personnes l’attendaient à la sortie de l’aéroport de Toncontin à Tegucigalpa, où Zelaya prononça un discours historique au cours duquel il demanda à ses détracteurs qu’ils permettent l’exercice de la démocratie.

Dès ses premiers mots, Zelaya mis l’emphase sur l’importance des institutions de la nation; « lorsque la démocratie est au rendez-vous, les institutions fonctionnent mieux et garantissent les droits humains » dit-il peu après sa sortie de l’aéroport. « Sans démocratie il n’y a pas de droits humain » ajouta-t-il.
Zelaya remercia aussi l’effort de médiation de la Colombie et du Venezuela qui rendit possible son retour, ainsi que la solidarité internationale qui se mobilisa depuis le premier jour du coup d’État, tout particulièrement la présidente de l’Argentine Cristina Kirchner qui voyagea à Washington et qui fut disponible pour accompagner ce dernier lors de son retour en juillet 2009.
Par la suite, on fit la lecture de l’Accord de Carthagène et on expliqua sous quelles conditions et quels objectifs furent visés lors de sa signature avec Porfirio Lobo.
Avant de prendre son vol à Managua, l’ex-chancelière Patricia Rodas déclara que le peuple hondurien incarne désormais les valeurs qui permettront de transformer le pays.
Appui international
La sénatrice colombienne Piedad Cordoba intervint aussi durant le discours de Zelaya afin d’en appeler à une lutte anti-impérialiste ainsi qu’au respect de la souveraineté du PDVSA: « le pétrole du Venezuela pour le peuple ». Pour sa part, le chancelier vénézuélien Nicolas Maduro transmis toute l’amour et la solidarité du peuple vénézuélien, tout en assurant aux étudiants, paysans, ouvriers de même qu’à la jeunesse qu’ils pouvaient « compter sur l’appui de l’Amérique latine tout au long du chemin vers leurs efforts pour construire cette grande patrie ».
Dans les deux avions qui décollèrent du Nicaragua se trouvaient des représentants de plusieurs partis politiques de presque tous les pays d’Amérique latine, de Grande-Bretagne ainsi que du Parti de Gauche français, qui assurèrent qu’ils allaient être très attentifs au respect de l’Accord de Carthagène.
Durant l’évènement, le président du Venezuela Hugo Chavez envoya un message via le réseau social Twitter qui fut diffusé par divers médias internationaux: « Mel Zelaya est de retour dans sa patrie, c’est  une grande victoire pour le peuple hondurien, à bas les dictatures, vive le pouvoir populaire ».


Traduit par le groupe de traducteurs du FNRP de Bienvenida histórica da el pueblo hondureño a Manuel Zelaya

L'ancien président Manuel Zelaya a signé les Accords de Cartagena avec Porfirio Lobo

L'ancien président devrait retourner dans le pays le samedi 28 mai.
  
Tegucigalpa. 22 mai 2011. Cet après-midi dans la ville de Cartagena, en Colombie, l'ancien président du Honduras Manuel Zelaya Rosales et la tête du nouveau régime, Porfirio Lobo, se sont réunis pour signer les Accords de Cartagena.

L'accord a été signé par des témoins d'honneur parmi eux le président colombien Juan Manuel Santos, son Ministre des Affaires Étrangères Maria Angela Holguin et le Ministre Vénézuélien des Affaires Étrangères Nicolas Maduro.

En Avril dernier, le président du Venezuela Hugo Chávez et Juan Manuel Santos de la Colombie ont commencé cette négociation qui se termine aujourd'hui avec la signature des Accords de Cartagena.

Avec la signature de cet accord au moins 200 réfugiés politiques devraient être de retour au Honduras, parmi lesquels l'ancien président Zelaya et une partie de son administration, c’est ci conforme à une des exigences que l'OEA a été exigeante pour la réinsertion plaine de l'Etat du Honduras dans ce corps d’intégration régionale.


Traduit par le groupe de traducteurs du FNRP de l'Ex Presidente Manuel Zelaya firma Acuerdo de Cartagena con Porfirio Lobo

Manuel Zelaya réitère qu’il retournera au Honduras avant la fin du mois


Managua, 19 mai (RHC- EFE).- Manuel Zelaya président constitutionnel du Honduras, évincé par un coup d’état en juin 2009, a annoncé à Managua son possible retour dans son pays, dans les prochains jours si un accord est obtenu par le biais d’une médiation de la Colombie et du Venezuela.

« Il est possible que nous puissions revenir dans  les prochains jours au Honduras, à la fin de ce  processus de médiation” a indiqué Manuel Zelaya lors de son discours  à l’ouverture de la XVII è édition du forum de Sao Paulo,  dans lequel il a aussi indiqué : « Il est nécessaire que cesse le blocus contre Cuba depuis des décennies, c’est un crime que nous ne pouvons pas accepter. »

Résidant en République Dominicaine, Manuel Zelaya a expliqué qu’il se consacre à l’heure actuelle « à la défense de la démocratie au côté des partisans  de gauche du continent et à signaler les ennemis de la démocratie » dont les Etats-Unis. Il a ajouté que le socialisme est synonyme de démocratie.

Une Cour d’Appel  a annulé récemment les deux procès contre lui  pour une prétendue corruption, ce qui ouvre la voie de son retour au pays.

Manuel Zelaya dénonce que le putsch qui l’a évincé a été une conspiration internationale

Tegucigalpa, 30 mai (AP-RHC).- L’ex président Manuel Zelaya a dénoncé à Tegucigalpa que le coup d’état qui l’a évincé est le résultat d’une conspiration internationale. Il a révélé qu’il y avait même des plans pour le tuer.
Au cours d’une conférence de presse qu’il a donnée chez lui, Manuel Zelaya a  signalé qu’il faudrait ouvrir une enquête  sur ce coup d’état qui a plusieurs acteurs.
Manuel  Zelaya a déclaré que le Général, Romeo Vásquez, qui était chef de l’état conjoint des Forces Armées, avec lequel il a bavardé à plusieurs reprises,  après le coup d’état, lui a avoué que les promoteurs voulaient le tuer.
Manuel Zelaya a expliqué que celui-ci  lui a avoué qu’un jour il allait comprendre ce qui s’est passé, qu’il ne pouvait rien lui dire de plus, mais que les gens qui ont planifié le putsch avaient prévu son élimination au moment de l’assaut chez lui, mais les forces armées se sont opposées radicalement à son assassinat.
L’ex président hondurien a ajouté que le Général Vaquez lui a expliqué que les putschistes se sont fâchés face au refus des militaires et ont menacé d’embaucher des paramilitaires pour le tuer, mais  les Forces armées  ont décidé de le sortir de chez lui et de l’amener au Costa Rica.
Manuel Zelaya a signalé qu’il est difficile d’éclaircir ce qui s’est passé car les représentants des victimes n’ont pas été inclus dans  la commission de la Vérité qui a été créée.
Il a dénoncé l’inclusion dans cette commission, de partisans des putschistes.
La commission qui a été créée en mai 2010 et qui est présidée par l’ex vice président guatémaltèque Eduardo Stein, devra rendre le 16 juin son rapport sur les événements avant, durant et après le coup d’état.
L’ex président a dénoncé le fait que le coup d’état a été préparé minutieusement. Il a souligné que l’aveu du Général Miguel Angel García Padgeth à la télévision locale en est une preuve.
Manuel Zelaya a expliqué que son rapprochement au Venezuela n’était pas bien vu par Washington. Il a précisé que l’ex président Bush le lui a dit, tout comme le sous secrétaire du Département d’état John Negroponte  qui lui avait dit que si le Honduras adhérait l’ALBA, il aurait des problèmes.