1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

dimanche 25 septembre 2011

L'UNESCO condamne le meurtre de journalistes honduriens

20 juillet 2011 – La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a condamné mercredi le meurtre, au cours d'incidents distincts, de deux journalistes honduriens : Nery Jeremías Orellana, abattu le 14 juillet, et du journaliste de télévision Adan Benítez, tué le 4 juillet. La Directrice générale a également demandé qu'une enquête approfondie soit menée sur ces deux meurtres.

« Je condamne le meurtre de Nery Jeremías Orellana et d'Adan Benítez », a déclaré la Directrice générale. « Tuer des journalistes est un crime commis contre la société toute entière. Une presse indépendante qui alimente un débat éclairé est indispensable à la démocratie et à l'Etat de droit. J'appelle les autorités à mener une enquête approfondie sur ces crimes afin de montrer que toute personne dans le pays est libre d'exercer son droit fondamental à la liberté d'expression sans craindre pour sa vie».

Nery Jeremías Orellana, âgé de 26 ans, dirigeait Radio Joconguera dans la ville de Candelaria. Il a été abattu le 14 juillet. Membre du Front élargi de résistance populaire (FARP), un mouvement d'opposition, il était également correspondant de Radio Progreso.

Adan Benítez, 42 ans, travaillait pour deux télévisions locales : 45TV et Teleceiba Canal 7. Il a été arrêté par deux hommes armés qui l'ont dépouillé de ses biens avant de lui tirer une balle dans la tête dans la ville portuaire de La Ceiba, au nord du pays.

D'après Reporters sans frontières, trois journalistes ont été tués au Honduras depuis le début de l'année. L'organisation de défense de la liberté de la presse recense 12 meurtres de journalistes au Honduras au cours des 18 derniers mois.

Organisations Demandent un Stop à la répression et à l’impunité dans le Bajo Aguán

Les organisations présentent le rapport final de la Mission Internationale

Les organisations internationales qui ont enquêté sur la situation des droits de l’Homme dans le Bajo Aguán du 26 février au 4 mars 2011 présentent face au Parlement européen et à la société hondurienne son rapport final, dénonçant la poursuite des assassinats sélectifçs, la répression et l’impunité, et formulant des recommandations dirigées aux autorités du Honduras et à la communauté internationale.

La grave situation de violation des droits de l’Homme dans le Bajo Aguán a encore une fois été au centre des discussions et dénonciations au niveau national et international.

Lors d’une conférence de presse à Tegucigalpa, les organisations nationales1 des droits de l’Homme et la Rel-UITA représentant les organisations et réseaux qui ont composé la Mission Internationale2, ont fait connaître le contenu du rapport final de la Mission en question.

Elles ont dénoncé la répression systématique contre les familles paysannes qui exigent l’accès à la terre et une vie digne, la concentration des meilleures terres entre les mains de quelques propriétaires terriens et producteurs de palme, ainsi que l’impunité qui règne dans cette zone.

« Les mouvements paysans se sont confrontés à des injustices et violations constantes, aussi bien du droit à la vie que de l’intégrité, la liberté et la sécurité personnelle. Mais également à la violation du droit à l’alimentation, à la santé, au logement et à l’éducation, sans que l’on n’enquête ni ne sanctionne correctement ces crimes », peut-on lire dans la presse.

« Au Honduras, nous devons continuer à enquêter et dénoncer les crimes qui sont actuellement commis au Bajo Aguán. La Mission Internationale contribue de manière importante à donner de la continuité au travail initié et à situer la dénonciation au niveau mondial », a dit Bertha Oliva, coordinatrice du Comité de Parents de Prisonniers Disparus au Honduras (COFADEH pour ses sigles en espagnol).

Gilda Rivera, directrice du Centre des Droits des Femmes (CDM pour ses sigles en espagnol), a expliqué que les données présentées dans le rapport final « sont très bien renseignées et sont le résultat d’un travail de terrain approfondi réalisé par la Mission Internationale ».

Selon Gilberto Ríos, directeur exécutif de FIAN Honduras, il faut aller à la source des violences et des violations dans le Bajo Aguán. « Les causes d’au moins 11 conflits agraires qui n’ont pas été résolus persistent encore. Nous avons besoin de développer des politiques publiques visant à atteindre une véritable réforme agraire et à garantir l’accès à la terre pour les familles paysannes », a assuré Ríos.
     
Recommandations

Face à cette situation, la Mission Internationale a lancé un appel aux autorités nationales afin qu’elles enquêtent et sanctionnent tous les assassinats et crimes commis, et qu’elles fassent cesser immédiatement la répression et la violence contre le mouvement paysan. Elle a également exigé le respect des dispositions légales et accords relatifs aux conflits agraires.

De plus, elle a demandé instamment à la communauté internationale de renforcer son attention et son action sur la situation des droits de l’Homme dans le Bajo Aguán.

Préoccupation du Parlement européen

Le rapport final a aussi été présenté à différentes instances du Parlement européen. Selon des membres d’une délégation de la Mission Internationale à Bruxelles, le rapport a été bien reçu par la Sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement européen et par des représentants du Conseil européen et du Service Extérieur de l’Union européenne.

Durant l’audience publique, l’importance de faire un suivi de la situation de violence et d’impunité dans le Bajo Aguán a été mise en évidence, une situation qui a été un sujet d’attention importante au Parlement européen.

Pendant qu’elle comparaissait face aux media internationaux, la vice-présidente de la Sous-commission des Droits de l’Homme, Laima Andrikiené  et l’eurodéputé Richar Howitt, ont exprimé leur grande préoccupation concernant « les taux élevés d’impunité régnant dans le pays et les difficultés démontrées pour protéger les droits de l’Homme dans le Bajo Aguán ».

Finalement, les membres de la Mission Internationale ont demandé à Emine Bozkurt, présidente de la Délégation du Parlement européen pour les Relations avec l’Amérique Centrale, d’inclure le Bajo Aguán dans la visite que la délégation réalisera en octobre prochain au Honduras.

Suite à des menaces de mort le prêtre Fausto Milla part en exil


Selon le COFADEH, plus de 200 personnes sont toujours exilées pour des causes politiques.

Vendredi 8 juillet 2011. Tegucigalpa. Aujourd’hui, le COFADEH annonça que l’organisation se vit dans l’obligation d’impulser les démarches nécessaires pour sortir du pays le Père Fausto Milla. Ce vendredi 8 juillet, au cours de la matinée, ce dernier parti pour le Nicaragua.

«Fausto Milla doit être éloigné pour quelques temps, le mettre en sécurité est notre obligation» commenta Berta Oliva, directrice de l’organisation, qui assura que les menaces sont aussi dirigées contre la Commission de la Vérité, pour laquelle Fausto Milla est commissionnaire.
«Les menaces qu’ont reçus Fausto Milla et son assistante Denia Mejía sont très fortes. On parle de messages, de courriers électroniques contenant des menaces de mort, la dernière en liste étant la visite malintentionnée d’un groupe d’hommes dans une automobile aux vitres teintées qui se présentèrent à sa clinique de Corquin, dans la région de Copan» ajouta Oliva.

Berta Oliva annonça aussi qu’il y a encore plus de 200 personnes exilées suite à de sérieuses menaces et que les conditions pour leur retour ne sont pas encore présentes.

Pour sa part, Milla lia ces menaces à Miguel Facussé, suite à des informations qu’il reçu récemment d’une personne de confiance: «Au cours d’un appel que j’ai eu hier soir provenant d’une personne très proche, cette personne insista sur cette accusation, dans laquelle figure clairement Miguel Facussé en tant que personne qui prétend commettre cet acte. »

«Dans ce nouvel exil j’emmène l’espoir du peuple hondurien, l’espoir de pouvoir voir triompher la vérité et la justice.»

Dans un même souffle, Milla exhorta tous les Honduriens et Honduriennes «à multiplier leur effort dans la lutte afin de réussir à sortir la patrie des griffes des fauves qui la dévorent», dénonçant qu’il y a 400,000 enfants souffrant de dénutrition au Honduras, ainsi que les structures de pouvoir qui dominent la police et l’armée à l’aide des millions qu’ils extraient du peuple.

Traduit par le groupe de traducteurs du FNRP de : Por Amenazas de Muerte Padre Fausto Milla va al exilio

Rassemblement en face de la base militaire Soto Cano réprimé par la police


A nouveau au Honduras, la protestation sociale a été réprimée par les forces répressives de l’Etat.

Autour de trois cents personnes qui étaient rassemblées en face de la base militaire nord-américaine de Soto Cano (Palmerola) -en demandant l’arrêt de la militarisation au Honduras et en Amérique latine- ont été réprimées avec du gaz lacrymogène et des coups par un fort contingent des militaires et policiers.

« On été en train de nous déplacer vers l’entrée principale de la plus grande base militaire étatsunienne de la région, quand la police nous a attaqué avec du gaz. Il y a plusieurs camarades blessés», a expliqué Bertha Cáceres, coordinatrice du Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (COPIN).

Minutes après, le group de militants nationaux et international ont pris la rue à nouveau et ont continué avec la protestation, laquelle s’inscrive au rencontre international contre la militarisation qui s’est développé les jours précédents à l’Esperanza, dans le département d’Intibucá, Honduras.

« On est entouré par des militaires et policiers, néanmoins, notre action est pacifique et on veux seulement exprimer notre rejet au putschisme, à l’impérialisme, et à la répression. On demande justice, la fin de l’impunité, et que on n’approuve pas la loi avec laquelle les députés [NDLT: du congrès national] prétendent réactiver le service militaire obligatoire dans le pays», a affirmé la dirigeante du mouvement indigène.

Selon Cáceres, la décision de se mobiliser en face de la base militaire Soto Cano -à l’occasion du deuxième anniversaire du coup d’État qu’en 2009 a renversé le gouvernement légitime de Manuel Zelaya- est due à l’exigence de « faire mémoire sur le rôle néfaste que les Etats-Unis ont eu depuis plus de cent ans contre le peuple hondurien ».

« On fait le rappel sur le fait que les Etats-Unis ont joué un rôle fondamental dans le coup d’État, et que la militarisation poussée par ce gouvernement impérial en toute l’Amérique Latine et les Caraïbes fait partie d’une stratégie d’invasion, exploration et de pillage de nos pays ».

« Une fois de plus la protestation sociale est en train d’être réprimée et criminalisée, et on le dénonce au monde», a conclut Cáceres.


Giorgio Trucchi - LINyM
http://nicaraguaymasespanol.blogspot.com/2011/06/honduras-protesta-frente-la-base.html

Deux Wikileaks récentes révèlent le rôle central des États-Unis lors du coup au Honduras

L'ambassade américaine a été le plus grand « courtier en puissance» suite au coup d'état.

Deux câbles importants ont été publiés sur Wikileaks ce juin 2011. Un fait partie de la première impression que l'ambassade américaine à Tegucigalpa,  travers l'ambassadeur Hugo Llorens, a envoyé à Washington concernant l'état de plusieurs sujets au Honduras. Parmi d'autres questions Llorens rapports des réunions avec des politiciens comme le maire de Tegucigalpa Ricardo Alvarez et l'ancien président du Honduras, Ricardo Maduro. D'autre part, le jour même du coup d'État, le 28 juin, il a eu une rencontre avec trois hommes d'affaires de hauts rangs : Antonio Travel, Emilio Larach et Emin Barjum et un autre homme d'affaires les a  rejoint par vidéo-conférence de San Pedro Sula.

« Les trois ont accepté (...) que le coup était illégal, mais ont soutenu qu'il n'y avait pas d'autre choix que d'accepter le régime actuel et attendre les élections en novembre » Llorens écrit.

Ceci et toutes autres informations que nous avons lu après le coup suggère que, immédiatement après le coup d'État la plupart des putschistes ont été perçus comme le centre de négociations politiques domestiques pour l'ambassade américaine. En effet, l'ambassade américaine a agi comme le « courtier de puissance" plus grands et plus influents d'entre eux, pour utiliser la description de l'ambassade pour  les putschistes. Les États-Unis se considère celui qui devrait être satisfait, tandis que dans la sphère publique les États-Unis étaient à couteaux tirés avec les élites.

Llorens explique dans un câble que « Pratiquement toutes les élites politiques et les contacts personnels ont exprimé leur surprise et consternation à la suite de la réponse du gouvernement des États-Unis (USG), déclarant qu'ils se sentent abandonnés par l'USG »

L'autre câble analyse les acteurs individuels influents au Honduras qui aurait pu prendre part au processus de négociation des Accords de San José signés en novembre 2009 avant les élections au Honduras. Tous les acteurs ont été évalués avec des descriptions usant les couleurs comme « sang rouge » à « Snowblind blanc » comme était la norme pendant la guerre froide. Cela renforce la théorie de Mark Weisbrot que les Accords récemment signé à Carthagène sont antagonistes aux Accords de San José, car celles de San José ont été évidemment conçu sous le contrôle habituelle de Washington ainsi que celles de Carthagène ont négociée une souveraineté pour la région qui a été largement célébrée par la résistance Hondurien tout en étant critiqué par les défenseurs et organisations des droits de l'homme en raison de l'influence potentielle que les accords peuvent avoir sur la continuation des atteintes aux droits de l'homme.

La « câble couleur » est preuve que le Département d'État américain a jugé nécessaire de faire un profil de tous les acteurs potentielle afin de crée les Accords de San Jose dans lequel Oscar Arias a vraisemblablement été leur homme fort. Cela confirme la thèse détenu par de nombreux journalistes, écrivains et érudits que ces accords étaient uniquement conçu par le gouvernement américain comme un moyen de résoudre une crise qu'ils ont finit par cacher sans vergogne devant les yeux du monde. Cela a créé un milieu idéal pour l'impunité et les violations constantes des droits de l'homme, y compris la vie de 11 journalistes. Les "diseurs de vérité" putschistes aiderait à Washington a caché un des pires épisodes de la politique étrangère américaine dans l'histoire récente dans laquelle le département d'état américain à facilement jouer et manipuler les élites peu instruites et non qualifiés qui ont été les acteurs dans le coup au Honduras.

Loin de ce qu'on peut lire dans les câbles de Wikileaks, l'establishment politiques et militaires de Washington a aidé à organiser le coup d'État du Honduras et a mit son personnel et lobbyistes à   améliorer l'image du coup d'État.  Les sources d'information utilisées par l'ambassadeur ne sont pas claires, ni quel rôle la CIA ou l'ensemble du personnel de sécurité, que ce soit privé ou public, ont joué  dans le coup et comment ils interagissent avec l'ambassade.

Encore une fois, les câbles sont également adressés à l'ambassade américaine à Caracas et Southcom à Miami.

Traduit par KGK de Two recent Wikileaks reveal US central role during the Honduras Coup

Honduras, Radios communautaires: des voix de la terre toujours exclues des ondes

La réintégration du Honduras à l’Organisation des États américains (OEA) a-t-elle refermé la sinistre parenthèse du coup d’État survenu il y a deux ans jour pour jour, le 28 juin 2009, et de ses conséquences sur les libertés publiques et les droits de l’homme ? L’Association mondiale des radios communautaires-Amérique latine et Caraïbes (AMARC-ALC) et Reporters sans frontières ont ensemble posé la question (http://fr.rsf.org/honduras-inquietude-sur-l-avenir-des-07-06-2011,40407.html) alors que le pays retrouvait officiellement sa place dans la communauté des États du continent. Le combat contre l’impunité et pour l’avènement d’un réel pluralisme reste d’actualité si l’on en croit les représentants de La Voz de Zacate Grande, voix de la terre exclues des ondes.
 
Une envoyée spéciale de Reporters sans frontières était présente à Zacate Grande lors du premier anniversaire de la radio communautaire, le 14 avril dernier. Cette visite a donné lieu à un long reportage audio – pour l’instant accessible seulement en espagnol mais résumé ci-dessous  – téléchargeable à partir de ce lien : http://dl.free.fr/gITEkPwVZ

L’événement du 14 avril a, par ailleurs, réuni la plupart des radios communautaires du Honduras affiliées à AMARC. Cette rencontre a été l’occasion de constater que dans la majorité des cas, la lutte pour la défense de la terre a été le motif principal de la création des radios communautaires. La Voz de Zacate Grande illustre particulièrement bien cette situation.

Une décennie de lutte inégale


Depuis plus de onze ans, les habitants sont soumis à un harcèlement constant du simple fait de faire valoir leurs droits sur la péninsule de Zacate Grande. Située à l’extrême sud du pays, dans le golfe de Fonseca, celle-ci est réclamée par le grand propriétaire terrien et magnat de la palme africaine Miguel Facussé Barjum (http://fr.rsf.org/honduras-miguel-facusse-barjum-entrepreneur-03-05-2011,40193.html), qui prétend y développer de grands projets touristiques. Plusieurs familles de l’oligarchie hondurienne ont également investi le bord de mer pour y bâtir de luxueuses demeures, alors même que les autorités arguant du respect de la convention internationale RAMSAR sur la protection du littoral, refusent aux paysans le droit de mettre en œuvre et de gérer eux-mêmes des projets qui profiteraient au développement des communautés locales.

Organisés au sein de l’Association pour le développement de la péninsule de Zacate Grande (ADEPZA), les paysans confrontés à la tactique d’encerclement mise en œuvre par les grands propriétaires ont opté pour la récupération des terres sur lesquelles ont vécu leurs parents depuis des temps ancestraux. S’appuyant tantôt sur les lois de protection de l’environnement tantôt sur celles concernant le respect de la propriété privée, la justice semble avoir pris fait et cause pour les grands propriétaires. La plupart des membres d’ADEPZA font l’objet de poursuites judiciaires pour “atteinte à l’environnement” ou “usurpation”. C’est notamment le cas du secrétaire d’ADEPZA, Gerardo Aguilar, un des vingt et un membres de l’équipe de jeunes collaborateurs de la radio. En effet, le terrain sur lequel celle-ci a été érigée dans le hameau de Puerto Grande est revendiqué par Miguel Facussé. Le statut des radios communautaires n’étant pas reconnu au Honduras, le président d’ADEPZA, Pedro Canales, est également poursuivi pour “utilisation illégale de fréquence”.

Par ailleurs, la justice s’acharne toujours contre Elia Xiomara Hernández et Elba Yolibeth Rubio, deux collaboratrices de la radio. Appréhendées alors qu’elles couvraient  une expulsion violente dans la localité voisine de Coyolito, elles ont été  accusées de “sédition” et “désobéissance à la force publique” et sont depuis soumises à un contrôle judiciaire (http://fr.rsf.org/honduras-cible-d-un-incendie-criminel-il-y-18-01-2011,39343.html). L’obligation de se rendre tous les quinze jours en bateau au tribunal situé sur l’île voisine du Tigre, occasionne des frais importants qui sont à la charge des accusées.

Enfin, outre les poursuites judiciaires également engagées contre lui, le directeur de la radio, Franklin Meléndezhttp://fr.rsf.org/honduras-attentat-contre-le-directeur-de-la-16-03-2011,39802.html). Les auteurs, qui entendaient manifester ainsi leur opposition aux initiatives promues par ADEPZA par le biais de la radio, n’ont, quant à eux, jamais été inquiétés par la justice et circulent librement dans la communauté et ses environs. a été victime, le 13 mars dernier, d’un attentat par balle qui l’a blessé à la jambe (

De telles tensions n’ont pas vraiment lieu d’étonner au sein d’une population dont de très nombreux membres ont été contraints d’émigrer aux États-Unis pour échapper à la misère et souvent subvenir aux besoins de la famille restée au village. Miguel Facussé a, en tout cas, très bien su exploiter cette situation. En faisant miroiter l’obtention de titres de propriété à ceux qui acceptent de travailler pour lui, l’entrepreneur encourage activement la division et les conflits entre habitants de Zacate Grande. C’est ainsi que la veille de la célébration de l’anniversaire de la radio, l’épouse de Miguel Facussé a fait le tour des villages pour distribuer des jouets et des friandises aux enfants.

A ces pratiques clientélistes, les collaborateurs de La Voz de Zacate Grande opposent le droit à l’information conçu comme un outil destiné à promouvoir l’éducation pour tous. Les propos recueillies lors des visites réalisées au mois d’avril dernier témoignent du fait que, plus qu’un simple média, la radio constitue pour eux un instrument de défense de l’intérêt commun.

Fragile reconstruction


Au Nord, sur la Côte Atlantique, la communauté afro-hondurienne de Triunfo de La Cruz a également reçu la visite de Reporters sans frontières durant la même période. Là non plus, les populations ne pourraient faire entendre leur opposition à des projets agroindustriels et immobiliers sans le secours de leur radio. Issue de l’Organisation fraternelle noire du Honduras (Ofraneh), Radio Coco Dulce (appelée aussi Radio Faluma Bimetu en langue garifuna) a malheureusement subi des attaques répétées au mois de janvier dernier, qui l’ont amené à interrompre ses programmes pendant douze jours (http://fr.rsf.org/honduras-reprise-sous-haute-tension-des-01-02-2011,39445.html). Triste rappel pour un média réduit au silence un an plus tôt après un incendie criminel (http://fr.rsf.org/honduras-mise-a-sac-d-une-radio-07-01-2010,35963.html). Avec le concours d’International Media Support (IMS), AMARC-ALC et Reporters sans frontières avaient alors financé la reconstruction du média. Cette année, les deux organisations ont doté la radio d’un petit système de vidéosurveillance. Ce secours matériel est à la fois nécessaire et insuffisant. Alors que notre envoyée spéciale se trouvait dans la région, le 7 avril, la maison d’Alfredo López, directeur de Radio Coco Dulce, a été incendiée (http://fr.rsf.org/honduras-les-radios-communautaires-toujours-13-04-2011,40021.html). Les auteurs courent toujours.

Le Mouvement paysan de Rigores se fait violemment expulser


« Les militaires arrivèrent avec un mandat d’expulsion en disant que nous possédions des armes »

Samedi le 2 juillet 2011. Le 24 juin dernier, le juge assigné à la ville de Tocoa, Josue Pagoda Mejia, émit un mandat d’expulsion contre le Mouvement paysan de Rigores dans le Bajo Aguan. Au cours de cette expulsion, 114 demeures, évaluées à 14000 lempiras chacune, furent démolies. Six salles de cours furent démolies, trois églises, trois projets d’engraissement de poulets, un centre communautaire ainsi que plusieurs autres infrastructures productives du groupe et les cultures de la prochaine récolte connurent le même sort, le tout à l’aide d’une pelle mécanique. Le tracteur du groupe fut aussi confisqué. Les enfants perdent une autre période scolaire dû à la destruction des écoles ainsi que le traumatisme engendré par cette expulsion.

Douze agriculteurs furent emmenés au poste de police de Tocoa et libérés postérieurement, tandis que plusieurs femmes eurent des fausses couches durant l’expulsion qui prit place entre midi et 9 heures du soir. 13 autres agriculteurs font face à un mandat d’arrêt, tandis que les réseaux de solidarité annoncèrent que le 1er juillet deux paysans du même groupe furent arrêtés. Carlos Sandoval est toujours détenu et les autorités refusent à fournir des informations quant à la raison pour laquelle il fut arrêté.

Sur les terres de Rigores, récupérées en 2001, vivent au total plus ou moins 500 personnes. À l’heure qu’il est, elles se retrouvent forcées de dormir chez des connaissances et survivent avec l’aide de la communauté, tel que rapporté par des représentants du groupe.

Les militaires et la police arrivèrent « fortement armés, menaçants et intimidant la dignité des agriculteurs » déclara l’un des membres du groupe.
Pour être « non-cultivées », les terres de Rigores furent originalement récupérées par le groupe en accord à la législature hondurienne. Toutefois, le groupe a souffert 5 expulsions au cours des 11 dernières années, cette dernière exécutée par le juge Ever Isael Lopez Oseguera suivant une demande du présumé propriétaire des terres Erick Rivera.

Les paysans, pour la majeure partie affiliés à la CNTC, lancèrent un appel à la communauté nationale et internationale afin que ces derniers se prononcent en solidarité avec leur situation.

Honduras : retour à l’OEA, retour à la normale?

L’Organisation des Etats américains (OEA) a approuvé, mercredi 1er juin, le retour du Honduras en son sein. Tegucigalpa en avait été exclu le 4 juillet 2009, à la suite du coup d’Etat qui avait chassé le président Manuel Zelaya du pouvoir, le contraignant à l’exil.

Cette décision résulte d’une « médiation » orchestrée par le président colombien Juan Manuel Santos, dans le cadre d’un rapprochement – parfois surprenant – avec Caracas. Profitant, le 9 avril, d’un sommet à Cartagena, M. Santos avait organisé une rencontre « inopinée » entre son homologue vénézuélien Hugo Chávez – proche de la résistance hondurienne – et le président de facto du petit pays d’Amérique centrale, M. Porfirio Lobo.

Rien ne laissait présager qu’elle porterait fruit : une semaine après l’élection de M. Lobo, le 29 novembre 2009, M. Chávez avait dénoncé un scrutin « frauduleux », puisque organisé par les putschistes. Il proclamait alors : « Le président du Honduras se nomme Manuel Zelaya  (1). » Pour les mêmes raisons, l’Union des nations sud-américaines (Unasur) (2) choisissait de ne pas reconnaître l’administration Lobo (3).

Un commentaire n’avait toutefois pas échappé au pouvoir hondurien. Celui du ministre des affaires étrangères vénézuélien, M. Nicolás Maduro, lequel avait précisé qu’une normalisation avec le Honduras n’était pas envisageable… tant que M. Zelaya se voyait privé de ses droits politiques dans son pays (4). Or, le 9 avril, M. Lobo s’avère disposé à quelques concessions dans ce domaine.

A l’issue de la rencontre, M. Chávez se réunit avec M. Zelaya ainsi qu’avec M. Juan Barahona, porte-parole du Front national de résistance populaire (FNRP), qui coordonne l’opposition aux putschistes. L’objectif : envisager les modalités d’une « sortie de crise ». Quatre conditions émergent : 1/ retour de tous les exilés, dont M. Zelaya ; 2/ mise en place d’une Assemblée nationale constituante « participative et démocratique » ; 3/ démantèlement des structures issues du coup d’Etat et châtiment des putschistes ; 4/ reconnaissance du FNRP en tant que parti politique.

Très vite, M. Lobo autorise le retour de M. Zelaya. Pour le reste… Le 18 mai, Mme María Ángela Holguín, ministre colombienne des affaires étrangères, relativise le caractère contraignant des quatre « points » avancés par MM. Zelaya et Barahona. Après tout, précise-t-elle, « il ne viendrait à personne l’idée d’imposer des conditions à qui que ce soit » (5).

MM. Lobo et Zelaya poursuivent néanmoins les discussions. Réunis le 22 mai en Colombie, ils signent un texte ouvrant la voie à la réintégration du Honduras au sein de l’OEA : l’accord de Cartagena. Sur les quatre pages du document, le terme « coup d’Etat » n’apparaît qu’une seule fois (en référence à la formulation du verdict de l’OEA ayant conduit à l’éviction du Honduras). Si le point 7 mentionne la tenue d’une Assemblée nationale constituante, il la replace dans le cadre de l’article 5 de la Constitution qui encadre les consultations populaires. « Avec, toutefois, un léger bémol, souligne Maurice Lemoine (dans son reportage à lire dans le numéro du Monde diplomatique actuellement en kiosques). Si 2% des électeurs ou dix députés peuvent solliciter une telle consultation, c’est le Parlement qui décidera, en dernière analyse, si elle sera organisée ou non ! » Sur ce point, comme sur celui de la reconnaissance du FNRP en tant que parti politique – envisagée, mais soumise à un processus de collecte de signatures ainsi qu’à l’approbation du Tribunal suprême électoral (6) –, la résistance est donc renvoyée au fonctionnement « routinier » des institutions du pays. Celles-là même dont elle a appris à se méfier. Un détail ? M. Lobo signe le document en tant que « Président du Honduras » ; M. Zelaya en tant qu’« ex-président ».

Le rapport de force, national et régional, permettait-il d’obtenir « plus » ? La question demeure sans réponse évidente. Il n’en reste pas moins que l’accord de Cartagena ne convainc pas tout le monde. A droite, les « durs », hostiles à toute négociation, pestent. A gauche, également, certains doutent : un éventuel retour du Honduras au sein de l’OEA devait ouvrir la voie à au démantèlement du pouvoir putschiste. Outre le fait qu’il lui permet de compter sur des lignes de crédit et une aide internationale qui lui faisait cruellement défaut, ne risque-t-il pas, finalement, de légitimer l’administration Lobo ?

Le Conseil civique des organisations populaires et indigènes (COPINH) « condamne énergiquement la réintégration imminente du pays au sein de l’OEA » et appelle la population à « poursuivre ses efforts jusqu’au démantèlement des structures issues du coup d’Etat » (7). Après avoir participé aux tractations, M. Barahona annonce pour le FNRP que « toutes les conditions ne sont pas réunies pour que le Honduras réintègre l’OEA » (8). Un point de vue que partage l’Equateur, seul des trente-trois pays membres de l’OEA à voter contre le retour du Honduras en son sein, soulignant les violations des droits de l’homme et l’absence de sanctions contre les auteurs du putsch de juin 2009 (9). Le Venezuela fait état de « réserves », mais approuve la résolution…

La page qui s’ouvre verra le FNRP tenter d’obtenir sa reconnaissance comme parti politique de la part d’institutions qu’il avait jusqu’ici qualifiées d’illégitimes. Nul ne peut prédire l’impact de ce virage stratégique sur un attelage hétéroclite, jusque-là cimenté par sa dénonciation du coup d’Etat. Et puis, à supposer qu’il parvienne au pouvoir, de quelle marge de manœuvre disposera un nouveau Zelaya, désireux de mettre en œuvre un programme similaire à celui à celui qui lui a valu d’être renversé ? Les putschistes dorment sur leurs deux oreilles : M. Roberto Micheletti, qui les avait conduits en juin 2009, a été décoré du titre de « Premier héros national du XXIe siècle » par la puissante Association nationale des industriels honduriens, qui souhaitait récompenser « son combat pour que le Honduras ne tombe pas dans le socialisme » (10). En janvier 2010, le parlement hondurien lui accordait le statut de « député à vie ».

Le 28 mai, le retour de M. Zelaya dans son pays – une avancée indéniable – a donné lieu à des scènes de liesse à Tegucigalpa (11). Même accompagné de la réintégration du Honduras dans l’OEA, suffit-il pour conclure, avec le quotidien espagnol El País, que le Honduras « renoue avec la démocratie » (12) ?
Renaud Lambert

(1) « Chávez : Nos agarran como excusa para cualquier cosa », Noticiasaldia.com, 8 décembre 2009.

(2) Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Equateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela.

(3) « Canciller Nicolás Maduro afirma que UNASUR no reconocerá Gobierno de Lobo en Honduras », Venezolana de Televisión, 5 mai 2010.

(4) « Unasur no reconoce gobierno de Porfirio Lobo en Honduras », Cubadebate, 3 mai 2011.

(5) « Holguín afina con “Pepe” borrador de condiciones para retorno a la OEA », La Tribuna, Tegucigalpa, 18 mai 2011.

(6) Giorgio Trucchi, « Resistencia en Honduras anuncia creación de partido para las elecciones de 2013 », Opera mundi, 1er juin 2011.

(7) « Bienvenido Coordinador General del FNRP », communiqué du 26 mai 2011.

(8) « Frente de Resistencia se opone a readmisión inmediata de Honduras a la OEA », TeleSURtv.net, 30 mai 2011.

(9) « Deux ans après sa suspension, le Honduras est de retour », Agence France presse (AFP), 1er juin 2011.

(10) « Industriales declaran a Micheletti héroe nacional », El Heraldo, Tegucigalpa, 11 janvier 2011.

(11) Cf. « Manuel Zelaya, de retour en retour jusqu’au retour final », par Maurice Lemoine, Mémoire des luttes, 30 mai 2011.

(12) Pablo Ordaz, « Honduras recupera la democracia », El País, Madrid, 29 mai 2011.

Villes-maquilas en pleine jungle hondurienne

Les maquilas ou maquiladoras, usines de sous-traitance étrangères exonérées de droits de douane, sont le théâtre d’une surexploitation des travailleurs et de stratégies antisyndicales systématiques. Pour le gouvernement du Honduras, qui, rappelons-le, est issu du coup d’Etat dont on fêtera bientôt le second anniversaire (voir http://www.gresea.be/spip.php?article186), ces zones de non droits sont des modèles à appliquer à grande échelle.
En témoigne l’engouement pour les théories de l’économiste américain Paul Romer qui consistent à imaginer la création ex-nihilo de "villes modèles" ("charter cities" en anglais) sur un terrain vague de mille kilomètres carrés qui, à l’image de Singapour ou Hong Kong, posséderaient leurs propres lois, forces de police, tribunaux, etc. Les lois du pays d’accueil (comme celle de payer des impôts ou les lois relatives au droit du travail) ne s’y appliqueraient pas. Exception est faite aux lois relatives aux relations extérieures, ces "régions spéciales de développement" pouvant par contre signer accords et traités internationaux. Pour pouvoir mettre ces théories en pratique, le Congrès a modifié l’article de la Constitution qui postulait l’interdiction de créer des organes juridictionnels d’exception en ajoutant "à l’exception des privilèges juridictionnels des régions spéciales de développement".
La police privée se chargera de prévenir toute présence syndicale et de rétablir l’ordre si besoin s’en fait sentir. D’ailleurs, si les conditions de vie et de travail ne plaisent pas aux habitants de ces villes privées, ils n’auront qu’à partir.

"Le rêve américain frappe à la porte du Honduras" titre deux semaines après le vote du Congrès le quotidien hondurien La Prensa (2 février 2011). Mais ces "villes modèles" sont le rêve des grandes entreprises transnationales. Pour les Honduriens, elles risquent de s’apparenter plutôt à un cauchemar. Rappelons qu’ils luttent encore pour le retour de leur président démocratiquement élu et pour la construction d’un "pays modèle".

Publié en Gresea.be

jeudi 23 juin 2011

Après le retour du président Hondurien Zelaya, entretien avec Esly Banegas dirigeante du Front national de résistance populaire (FNRP) : la lutte contre le gouvernement putschiste continue


http://thinkpress.files.wordpress.com/2011/05/regreso-mel-zelaya_195_300.jpgHonduras : Le FNRP ne reconnaîtra pas le gouvernement Lobo et dénonce la réintégration du Honduras dans l'OEA

 
 
Entretien avec Esly Banegas du Comité Politique du FNRP réalisé par Giorgio Trucchi
 
 
Le 22 mai, Porfirio Lobo et l'ancien président Manuel Zelaya ont signé l'accord de Cartagène, dans le contexte du processus de médiation mené par les gouvernements du Vénézuela et de Colombie. Pour analyser comment la résistance hondurienne vit ce moment, voici un entretien réalisé par Giorgio Trucchi avec Esly Banegas, membre du Comité politique du Front national de résistance populaire (FNRP).
 
 
Comment le FNRP juge l'Accord de Cartagène ?
 
Pour le FNRP, le présent accord ne répond qu'à une partie de nos revendications essentielles, qui est le retour en toute sécurité de l'ancien président Zelaya ainsi que d'autres exilés. Mais nous ne partageons pas la façon dont d'autres points ont été inclus, car l'accord ne répond pas à nos attentes, celles de la Résistance.
 
 
Quelles sont ces autres questions ?
 
En ce qui concerne l'Assemblée constituante, nous plaidons pour qu'elle soit participative, originelle et auto-convoquée, de façon que les personnes aient l'opportunité d'exprimer directement ce que doit être le contenu d'une nouvelle Constitution. Pour ce qui est des droits de l'Homme, nous pouvons voir que la persécution, la répression, les assassinats et l'impunité continuent, et la Résistance exige que l'on mette un terme à ces violations des droits de l'Homme. Par conséquent, nous ne partageons pas la manière dont ces questions sont reflétées dans l'accord.
 
 
A l'origine de l'Accord de Cartagène, nous constatons une accélération du processus de normalisation des relations internationales avec le Honduras. Quelle est la position du FNRP ?
 
Honduras fut suspendu à la suite du coup d’État et la situation n'est pas résolue. La Résistance rejette la réintégration du Honduras dans les organismes internationaux, y compris l'OEA, tant qu'il ne répond pas aux quatre points inclus dans le processus de médiation.
 
 
Toutefois, l'ancien président Zelaya a soutenu la décision des gouvernements d'Amérique centrale et du CA-4 [Salvador, Guatemala, Honduras, Nicaragua] d'appeler les pays latino-américains à appuyer ce processus de normalisation. Comment analyser cette décision ?
 
Manuel Zelaya a signé l'Accord de Cartagène en sa qualité d'ancien président, et le FNRP a soutenu cette initiative, car elle comprenait une de nos revendications, qui est son retour et celui de tous les exilés. En tant qu'ancien président, il a tout à fait le droit d'exprimer son point de vue et son avis, mais au nom de la Résistance nous réaffirmons notre rejet de la réintégration du Honduras à l'OEA et demandons à ce que l'on réponde à nos exigences, y compris la poursuite et la sanction pénales envers les agents de la répression.
 
 
Dans l'accord, le FNRP est reconnu comme une force politique et on parle déjà de sa possible constitution en parti politique. Est-ce que cette décision se rapprocherait en quelque sorte des résolutions de la Grande assemblée du FNRP de février dernier ?


Il y a reconnaissance du FNRP comme une force politique belligérante et on s'assure la possibilité de nous enregistrer à la Cour supérieure électorale pour que, à un moment donné, nous puissions participer aux processus électoraux. L'Assemblée a été claire en affirmant que nous n'allons pas participer à ces scrutins tant que ne seront pas convoquées une Assemblée nationale constituante et une nouvelle loi électorale. Cela reste le cas et ce sera à l'Assemblée du FNRP de décider quels seront les prochains pas.


Une fois que Manuel Zelaya sera de retour au pays le 28 mai, le FNRP va reconnaître le gouvernement de Porfirio Lobo ?


Pas du tout. Le FNRP ne reconnaîtra pas ce régime continuateur du coup d'Etat. Nous soutenons le retour de Manuel Zelaya, comme coordinateur du FNRP, mais nous allons continuer à nous opposer à un régime qui continue de réprimer notre peuple et de défendre les intérêts de l'oligarchie.


Qui y gagne avec l'Accord de Cartagène ?


Le peuple en résistance y gagne car il obtient le retour de Manuel Zelaya et des exilés. Ainsi, nous triomphons de la ligne des putschistes qui refusaient sa présence au Honduras, et nous restons déterminés à mener la lutte du peuple jusqu'à ce que toutes nos revendications soient satisfaites.