1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

lundi 14 mars 2011

La Resistance du Honduras consolidée après la grande Assemblée Nationale

Redacteur

27 Février, 2011. Pendant deux jours, la première assemblée générale de base populaire a eu lieu avec une représentation de plus de 1500 délégués provenant de toutes les municipalités et plus de 300 organisations qui composent le Front National de Resistance Populaire au Honduras.
Félix Molina a ouvert son programme de radio dominicale en disant "…ils ont perdu ceux qui ont utilisé les vieilles techniques d'intimidation parce qu'ils ont été victimes d´elles-mêmes."

L'assemblée a décidé presque à l'unanimité de ne pas participer aux processus électoraux, rester comme un front ample politique et a ratifié José Manuel Zelaya et Juan Barahona en tant que coordinateur et coordinateur adjoint, respectivement.

Le FNRP a consolidé son identité comme front nationale en lutte politique et comme front ample dans sa diversité et l’abandon de toute doute de sa conversion en parti politique ou front électoral.

De sa part, Carlos H. Reyes a déclaré que "c'était une réunion sans précédent au Honduras, un exemple de débat et de résoudre les problèmes en comprenant que la discussion doit continuer, cette Assemblée n'était ni le début ni la fin." Quant à l'unité qui a été utilisée comme un slogan de l’Assemblée Reyes a déclaré: "après cette Assemblée nous sommes plus unis dans la diversité ... (...) ... nous étions préoccupés par ce qui pourrait arriver, mais il a été un grand succès et le FNRP s´en sorti plus fort" .

En outre, l'un des aspects plus importants a été la décision de commencer un processus d'auto convocation pour une Assemblée Nationale Constituante du 28 Juin de cette année. En ce sens, Félix Molina a diffusé un certain nombre d'organisations qui ont travaillé sur les propositions constitutionnelles. "Il faut travailler à partir de maintenant sur les contenus de la nouvelle constitution", a déclaré Molina en assurant que le Mouvement Ample pour la Dignité et la Justice, La Red COMAL, le diocèse d’Occident et les mouvements des peuples originaires et noirs du Honduras ont déjà travaillé en propositions palpables.

D’autre part, l'ex-première dame Xiomara Castro a assisté a l'événement politique en tant que déléguée, qui a à son tour demandé au gouvernement des Etats Unis de ne pas interférer dans la détermination du peuple hondurien de décider de son présent, son avenir et son mode de vie.

Plusieurs personnes ont fait remarquer qu’il a était résolu un problème d'identité qui y avait, en plus d'avoir une grande unanimité que ce n'est qu'ensemble qu’ils vont parvenir à une Assemblée Nationale Constituante, achever le retour des personnes qui sont en exil et le démantèlement du régime.

L'événement a été certainement historique et significative. Mais il a également été un espace de discussion politique de représentation que à son tour symbolise un début à l'émancipation d'un peuple en résistance. 


Traduit de l'anglais par LA

source:  http://www.resistenciahonduras.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2245:la-resistance-du-honduras-consolidee-apres-la-grande-assemblee-nationale-&catid=108:actualites&Itemid=384

Les peuples autochtones et afro-descendants vont entreprendre un modèle d’Assemblée Constituante

Redacteur

altLa dirigeante indigène Berta Caceres a annoncé à la presse, lors d'une manifestation contre la situation actuelle et en commémorant la première année du gouvernement de facto de Porfirio Lobo, que les peuples autochtones et les communautés afro-honduriens vont établir un modèle d’Assemblée Nationale Constituante vers la fin du mois de Fevrier.
Caceres a dit que des divers groupes se réuniront pour donner continuité à l'idée d'une proposition de constitution selon la vision des populations autochtones et noires qui habitent dans le pays. Ce Guancasco -comme on appelle populairement ces initiatives au Honduras- aura lieu les 24 et 25 Février, un jour avant la grande Assemblée Nationale du FNRP.


source:  http://www.resistenciahonduras.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2048:les-peuples-autochtones-et-afro-descendants-vont-entreprendre-un-modele-dassemblee-nationale-constituante-en-fevrier&catid=108:actualites&Itemid=384

Manuel Zelaya: le Congrès montre que les raisons données pour le coup d’état n’étaient pas juridiques


Avec la réforme du plébiscite et le référendum

Tegucigalpa. 14 janvier 2011. "Les motifs de la rupture de l'ordre constitutionnel n'étaient certainement pas juridique, mais essentiellement politique et économique, organisé par la puissance des groupes de fait au Honduras", a déclaré le président expatrié, Manuel Zelaya,  sur une note dont lui considère   " correct "l'amendement constitutionnel de l'article cinq  approuvé hier par le Congrès National.

Zelaya a déclaré que la décision  à étendre les mécanismes du plébiscite et le référendum sur le cadre constitutionnel: ".est correcte» ... Par le fait que le pouvoir émane du peuple et personne ne peut limiter le souverain»
Mais lui se demande pourquoi  l’initiative citoyenne constitutionnelle   de consulter au peuple présenté par lui a été répondu par Roberto Micheletti « avec la rupture de démocratie  par un coup d'État militaire», que a «sacrifié» au Honduras et a été condamnée par tous les pays.  

"Les motifs de la rupture de l'ordre constitutionnel n'étaient certainement pas juridique, mais essentiellement politique et économique, organisé  par les groupes de pouvoir de fait au Honduras", at-il dit.

Ces pouvoirs en place, étaient «prêts à répondre avec la présentation habituelle aux diktats du droit nord-américain d'imposer un modèle économique néolibéral qui a seulement conduit à la dépendance et la pauvreté", dit-il.

Manuel Zelaya a montré  de cette manière  « la découverte de la  manque de valeurs et de principes éthiques dans la formulation de critères juridiques et politiques visant à discréditer notre gouvernement et exécuter le coup d'Etat du 28 Juin."

Et complète «Ces actions et les dispositifs juridiques ont été construits uniquement pour exécuter le coup de Juin 2009, telle que reconnue  l'ambassadeur des États-Unis, Hugo Llorens dans son analyse juridique", révélée par Wikileaks.

Lui argumente  que sa politique extérieure indépendant et souverain de s’approcher à l’intégration latino-américaine, du Brésil Lula, Daniel Nicaragua, le Cuba de Fidel et Raul, le Venezuela de Hugo Chavez, Correa et Cristina, l'initiative ALBA et Petrocaribe, qui a vraiment ressenti  l'Empire et de la gouvernance mondiale des sociétés transnationales. "

 «La peur au socialisme est la raison que meuve  la droite pour attaquer notre peuple et détruire notre démocratie. Les arguments juridiques  n'étaient autres que les machinations, des investisseurs  de l'esclavage pour plus de 100 ans », a déclaré Zelaya.

Le président, qui vit un exil forcé après le coup, il a critiqué "les autorités judiciaires qui ont qualifié de crime il y a 2 ans, quand le peuple, avec cinq cent mille enquêtes, demandait à être consulté sur la boîte de quatrième tour de scrutin et aujourd'hui, est clairement une action constitutionnelle protégée par la loi. "
Et en contraste ,  lui considéré le fait que «Si [le législateur]  opposé à cette initiative était illégale, cette initiative présentée au Congrès, cette réforme serait inconstitutionnel."

Le juge, le Procureur et la Cour "rejeté" l'initiative des citoyens et de l'enquête à la quatrième place au scrutin des élections générales, "arguments fallacieux pour diaboliser et illégale", les mêmes principes qui ont été utilisés pour justifier des réformes approuvés aujourd'hui par le Congrès a critiqué Zelaya.

L'absence de critères juridiques et les principes politiques et les valeurs éthiques peuvent aussi être vu dans "la terrible décision de la Cour de Justice, sans jugement, ordonnant l'attaque a ma maison avec des balles, des enlèvements et banni au Costa Rica, sans respecter mon investiture à la présidence" dit Zelaya. 
"Il était une violation totale de la Constitution et les lois du pays", at-il ajouté.
L'enquête était basée sur la Constitution et Loi sur la citoyenneté adoptée par notre administration par le Congrès national a ratifié Zelaya.

Manuel Zelaya, a reconnu  dans le texte l’appui des membres  du Parti libéral (PL) et l'unification démocratique (UD) qui a défendu ces droits au cours du débat législatif. 


Traduit par RAS de Manuel Zelaya: Congreso evidencia que razones alegadas para golpe de Estado no son jurídicas

source: http://www.resistenciahonduras.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1989:manuel-zelaya-le-congres-montre-que-les-raisons-donnees-pour-le-coup-detat-netaient-pas-juridiques&catid=108:actualites&Itemid=384

Ils ne pourront jamais arrêter notre lutte

Mardi 11 Janvier 2011
Foto: Juan Chinchilla

Après avoir échappé à ses ravisseurs, encore fatigué physiquement et psychologiquement par l’expérience limite vécue pendant les 48 dernières heures, le dirigeant paysan du Mouvement Unifié Paysan de l’Aguán et du Front National de Résistance Populaire  (FNRP), Juan Ramón Chinchilla, a accepté de parler depuis une localisation incognito au Honduras avec Sirel.

Par Giorgio Trucchi - Rel-UITA * 

Peux-tu nous raconter comment tu as été enlevé ?

L’après midi du samedi 8 Janvier je suis allé rendre visite à des amis dans un centre commercial. En sortant de cet endroit, j’ai pris ma moto pour aller à la communauté de La Concepción, mais je m’étais aperçu qu’on me suivait. Presque au moment d’arriver à la Concepción, j’ai trouvé un camion qui bloquait la route. A ce moment là, je me suis aperçu que derrière les palmiers il y avait des gens qui dirigeaient leurs armes sur moi.

Que s’est il passé ensuite ?
Je me suis arrêté et j’ai laissé tomber la motocyclette par terre. Plusieurs hommes masqués m’ont pris, ils ont tiré sur la moto et ils m’ont fait monter dans une voiture, couvrant mon visage pour que je ne puisse pas voir où on se dirigeait. Il y avait beaucoup de gens, presque tous habillés en militaires, en policiers ou en gardes privés de Miguel Facussé. Ils ont démarré la voiture et ils ont roulé pendant environ 40 minutes vers Trujillo. On est arrivé à un endroit isolé où on m’a mis dans un entrepôt et ils ont commencé à me poser plein des questions.

Qu’est-ce qu’ils voulaient savoir ?
Si on avait des armes, d’où sortait l’information qui était mise sur internet et combien de paysans étaient organisés. Ils avaient beaucoup de photos de moi et d’autres personnes. On voyait qu’ils étaient bien organisés et que l’opération avait été minutieusement préparée.

Quand est-ce qu’ils t’ont frappé ?

C’est arrivé l’après midi du dimanche. Ils m’ont soulevé et ils m’ont montré une table où ils avaient des outils de torture. Ils ont commencé à parler entre eux. Ils disaient : qu’est-ce qu’on va lui faire d’abord ? On lui arrache un ongle, ou on le brûle ? Après ils ont commencé à me frapper au visage, ils m’ont brulé les cheveux, ils disaient qu’ils allaient verser de l’essence sur ma tête et qu’ils allaient me bruler. Ils m’ont frappé le dos avec une matraque. Il y avait plusieurs étrangers. Certains parlaient anglais, tandis que d’autres parlaient une langue que je ne comprenais pas.

Comment as-tu réussi à t’échapper ?
Dimanche soir on m’a sorti de l’entrepôt et on est parti en marchant dans l’obscurité. J’ai pu entendre une conversation dans laquelle ils disaient que pour le moment l’ordre était de ne pas me tuer, donc, j’ai été encouragé. On est monté sur une colline, et comme je n’étais pas attaché j’ai profité de l’obscurité pour commencer à courir pour rentrer dans une forêt qui se trouvait à proximité. Les hommes m’ont chassé en me tirant dessus, mais j’ai réussi à me cacher. J’ai couru et j’ai marché pendant long temps jusqu’à ce que j’aie pu trouver quelqu’un qui m’aide, et que je puisse me communiquer avec les camarades.

D’après toi, Quel était l’objectif de cet enlèvement ?
On est en lutte contre les propriétaires terriens. On sait que nos ennemis sont Miguel Facussé, René Morales y Reinaldo Canales, et que le gouvernement les appuie à eux, pas au peuple. Le département [NDLT : Colon, au nord du pays] a été militarisé deux fois, et on sait qu’ils vont utiliser tout type de moyen pour en finir avec notre lutte. Ils avaient des photos et beaucoup d’information sur nos organisations et leurs membres. Ils veulent nous intimider.

Ton enlèvement a suscité un fort courant de solidarité et de dénonciation au niveau national et international. Crois-tu que cela ait contribué à arrêter la main meurtrière de tes ravisseurs ?
Ils étaient préoccupés par la pression au niveau national et international. Ils suivaient les nouvelles par internet et la radio, et c’est pour ça qu’ils ont décidé de me transporter ailleurs. Je crois aussi que toute cette pression a contribué à ce que rien de plus grave ne m’arrive. Je remercie infiniment toutes les personnes et les organisations nationales et internationales qui se sont mobilisées, ainsi que les medias qui ont dénoncé mon enlèvement.

La lutte continue toujours. Je ne vais pas m’arrêter, il faut plutôt continuer avec plus de force. On doit rester unis, parce que c’est la seule manière de faire avancer le pays. On n’accepte pas le coup d’état, et on ne va jamais l’accepter, même s’ils nous tuent. Je n’arrêterai jamais la lutte. Mieux vaut mourir que trahir.


Cet'entretien a été traduit par GC de “Jamás podrán detener nuestra lucha”

source: http://www.resistenciahonduras.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1968:ils-ne-pourront-jamais-arreter-notre-lutte&catid=108:actualites&Itemid=384

jeudi 17 février 2011

Manuel Zelaya accuse Porfirio Lobo de vouloir détruire l’opposition au Honduras

Tegucigalpa, 8 février (AP-RHC).-Le Président déchu du Honduras, Manuel Zelaya a accusé l’actuel président, Porfirio Lobo de se confabuler avec la droite internationale pour détruire ses partisans au Honduras.

Il a signalé que l’oligarchie hondurienne, appuyée par les États-Unis n’épargne pas de ressources pour ce faire.

Manuel Zelaya n’a pas donné des détails du plan contre ses partisans, regroupés au sein du Front National de la Résistance Populaire dans un message électronique qu’il a adressé à ce Front et à l’agence AP.

Manuel Zelaya qui vit en exil en République Dominicaine a déclaré que Profirio Lobo engage des mercenaires et des spécialistes en conspirations.
Source

Entrevista con Yuli X exiliada hondureña



lundi 10 janvier 2011

L'OMS doit-elle déclarer une épidémie d’homicides au Honduras?

L’OMS pourrait alerter cette année sur une épidémie nationale
concernant l’augmentation de la criminalité.
 
Selon Hillary Clinton (USA):« "Le Honduras est en train de sortir d'une période très difficile... " Honduras: Hillary Clinton (USA) appuie Lobo, le président illégitime.
Mais, cela ne semble pas concerner  les homicides et assassinats… En effet, le Directeur de la Police Nationale du Honduras, José Luis Muñoz, a admis que les violences ont augmenté de manière explosive en 2010 avec un total de 600 cas de plus que pour l’année antérieure. Le fonctionnaire ne divulgue pas les chiffres exacts des morts de l’année écoulée, mais les agences certifient qu’ils dépassent les 16 000, avec une moyenne de 16 par jour.
Pour sa part, Ramón Custodio, Commissaire National aux Droits de L’homme au Honduras a assuré en Octobre 2010 que si le Honduras continuait à assassiner un être humain toutes les 88mm, le pays pourrait finir l’année 2010 avec le triste record du plus haut taux d’assassinats dans le monde.
 
En ce sens, L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pourrait peut-être décréter qu’il y a une « épidémie d’homicides » ? L’OMS a en effet expliqué qu’un taux moyen de 10 points plus élevé en pourcentage par rapport à l’année précédente était considéré comme une épidémie. Le journal La Tribune, sur son site web, indique que la décision de l’OMS est appuyée par la forte poussée de criminalité qui s’abat sur le Honduras. Il est donc possible que si la tendance continue le pays réponde aux critères de l’alerte à l’épidémie pour 2011 et qu’il soit placé en quarantaine.
Les vents soulevés depuis Washington charriaient aussi cette tempête de criminalité. La violence a atteint ce sommet alarmant depuis le Coup d’Etat de Juin 2009 contre le président constitutionnel Manuel Zelaya et au cours du mandat du président « de fait » Roberto Micheletti. Depuis lors, le président Porfirio Lobo s’est attribué l’impunité avec laquelle sont commises les exécutions de jeunes, auxquels on a préalablement attaché les pieds et les mains, par des tirs à la tête, les décapitations dont le nombre a augmenté ces deux dernières années, en plus des viols des femmes - selon ce que décrivent les organisations sociales qui s’en occupent.
 
Ni le Mexique ni la Colombie n’atteignent ces niveaux de violence.
 
Traduction : Alma CSL
Sources :
http://www.telesurtv.net/secciones/noticias/86593-NN/aumento-de-violencia-en-honduras-provoca-alarma/
www.aporrea.org/internacionales/n167969.html

Les femmes honduriennes se heurtent au chômage et aux bas salaires

Tegucigalpa, 6 janvier (RHC).—Une enquête auprès des ménages réalisée par l’Institut National des Statistiques révèle que le chômage et les bas salaires figurent parmi les problèmes qui affectent le plus la femme hondurienne.

L’Institut précise que si, en 2008, près de 33 200 Honduriennes cherchaient du travail, en 2009, le chiffre s’élevait à 47 500.

Luca Renda, représentant adjoint du Programme de l’ONU pour le Développement a affirmé, que bien que le niveau d’éducation des femmes soit supérieur à celui des hommes, des facteurs, limitant leurs chances de travail existent.

Parmi les causes de ce problème, Luca Renda a mentionné les limitations dans les postes de direction et de décision politique, les grossesses précoces et le fait qu’elles doivent faire face à une société machiste.

D’autre part, des professeurs et des étudiants en journalisme de l’Université Nationale Autonome du Honduras ont dénoncé le haut risque pour l’exercice de la profession dans le pays, où l’année dernière, 11 professionnels de la presse ont été assassinés.

Les professeurs et les élèves de ce centre d’études ont condamné les récentes menaces de mort proférées par le vice gérant de l’Entreprise Nationale Portuaire, Mario Coto, contre un groupe de journalistes dans la ville de Puerto Cortés.

L’Université Nationale Autonome du Honduras a signalé dans un communiqué que ces menaces font partie des graves risques aux milieux desquels a lieu l’exercice du journalisme dans ce pays centraméricain.

Le texte rappelle que la majorité des journalistes assassinés ont utilisé la presse comme tribune pour dénoncer des violations des droits de l’homme, des cas de corruption et de narcotrafic.

Au Honduras, les uns comptent leurs dollars, les autres leurs morts

Au Honduras, les uns comptent leurs dollars, les autres leurs morts

Le 15 novembre 2010, la région du bas Aguán au Honduras a été le théâtre d’un massacre de plus, perpétré contre cinq paysans membres de l’organisation paysanne Movimiento Campesino del Aguán (MCA). Les faits se sont produits à l’aube du 15 novembre, lorsque deux cents gardes armés à la solde de M. Miguel Facussé Barjum (1), le magnat hondurien de la palme africaine, ont tiré avec des armes de gros calibre sur un groupe de paysans qui venait présenter les papiers les accréditant comme légitimes propriétaires de la finca (propriété) El Tumbador (municipalité de Trujillo).
Ces assassinats constituent un nouvel épisode dans le conflit agraire qui oppose de longue date le MCA aux grands entrepreneurs et propriétaires terriens de la région : M. Facussé Barjum – président de la société Dinant et oncle de l’ex-président libéral Carlos Flores Facussé (1998-2002) –, M. René Morales Carazo – industriel et frère du vice-président de la République du Nicaragua, M. Jaime Morales Carazo –, M. Reynaldo Canales – lui aussi grand patron –, et M. Oscar Najerá – député du parti Libéral (droite).
A la différence d’autres pays d’Amérique latine, où la culture de la palme africaine connaît un essor très récent – lié à l’élaboration des agro-carburants –, celle-ci est présente au Honduras depuis les années 1970. A cette époque, des réformes agraires ont en effet été promues – souvent par des gouvernements militaires, comme au Pérou et au Honduras – pour réduire la pression sur les latifundia (grandes propriétés) et contrôler le mouvement paysan. La culture de la palme constitue donc un enjeu économique important, qui explique d’une part la force et la capacité des coopératives paysannes, et d’autre part la convoitise des grands propriétaires et entrepreneurs de l’industrie de transformation du précieux végétal.
Au début des années 1990, sous la présidence de M. Leonardo Callejas (Parti national [PN], droite), se met en place la loi de modernisation et développement du secteur agricole (2), qui modifie celle de 1962 sur la réforme agraire. Suivant la même tendance que dans le reste des pays d’Amérique latine, la nouvelle loi privilégie la « sécurisation de la propriété » à travers la titularisation individuelle des terres et l’incursion croissante du secteur privé dans le financement de la production agricole. Ce procédé – développé et promu par la Banque mondiale – est également connu sous l’appellation trompeuse de « réforme agraire assistée par le marché ».
La majorité des organisations paysannes du Honduras s’accorde sur le fait que cette loi marque le début d’une accélération de la réappropriation privée des terres anciennement attribuées à des coopératives dans le cadre de la réforme agraire des années 1960.
Considérant cet accaparement comme illégal, les paysans partent à la reconquête des terres. C’est dans ce contexte que le MCA voit le jour, début mai 2000, en occupant les terres du Centre régional d’entraînement militaire (CREM), soit plusieurs milliers d’hectares utilisés pendant les années 1980 par les instructeurs de l’armée des Etats-Unis pour former les combattants de la Contra nicaraguayenne.
Pour le MCA, l’objectif consiste à faire pression pour l’application des dispositions légales établissant l’usage social de la terre et limitant la concentration agraire.
Dans les premiers temps, la tension entre les paysans et les propriétaires terriens est si forte que le président de la République (l’homme d’affaires Ricardo Maduro, PN) n’a d’autre choix que d’intervenir en personne. Le 12 octobre 2000, 1124 hectares sont titularisés au nom des coopératives du MCA, cependant que l’Institut national agraire (INA) entreprend des démarches pour annuler les titres de propriété indûment attribués aux grands propriétaires.
Toutefois la victoire est de courte durée et, pendant des années, la situation reste explosive et le harcèlement constant.
Le 12 juin 2009, un accord est pourtant signé entre le président hondurien, M. Manuel Zelaya, et les organisations paysannes de l’Aguán. Il établit qu’aucune expulsion ne pourra se réaliser avant que la légalité sur les titres de propriété et les ventes de terres n’ait été établie par les autorités compétentes. Mais le coup d’Etat du 28 juin 2009 met fin à cette courte trêve. Le MCA, qui, comme de nombreuses organisations populaires, a rejoint le Front national de résistance contre le golpe (3), se retrouve une fois de plus dans la ligne de mire.
Les attaques reprennent avec plus de vigueur au début de l’année 2010, avec l’entrée en fonction du gouvernement de facto de M. Porfirio Lobo, parvenu au pouvoir lors des élections organisées à l’ombre du putsch militaire, en novembre 2009. Face à la paralysie du processus de titularisation, le mouvement (4), qui recense désormais plus de 3 500 familles organisées en centaines de coopératives, a en effet décidé de reprendre, le 9 décembre 2009, les occupations de terres.
Le 8 janvier, une première expulsion violente des terres nouvellement occupées a lieu : 27 personnes, dont dix femmes, sont détenues. Le 13 janvier, trois dirigeants du MCA sont arrêtés, ce qui porte à 18 le nombre de membres du MCA emprisonnés depuis la création du mouvement. Dans un communiqué, l’organisation dénonce par ailleurs la présence menaçante d’hommes armés aux alentours des terrains des coopératives et accuse un colonel de l’armée de « prêter ses services » aux entrepreneurs de la palme africaine.
Mi-février 2010, des groupes paramilitaires à la solde des grands propriétaires, appuyés par l’armée et la police, attaquent les campements du MCA et font plusieurs blessés. Les faits se produisent alors même qu’une délégation du MCA négocie la ratification des accords signés avant le putsch de 2009, avec l’actuel ministre de la réforme agraire, Cesar Ham. Ce dernier, un ancien député du parti de gauche Union démocratique (UD), s’est à la fois opposé au coup d’Etat… et l’a légitimé en acceptant d’entrer au gouvernement de M. Lobo. Depuis cette « position », il prétend jouer le rôle de « courroie de transmission » des revendications populaires auprès du gouvernement.
Début mars 2010, de nouvelles négociations s’ouvrent entre le gouvernement et les paysans du MCA alors que la région est totalement militarisée et subit une intense répression. Quarante personnes ont été détenues pendant le processus de dialogue, y compris le responsable régional de l’INA, M. Coronado Ávila Mendoza. Le dirigeant du MCA, M. Rudy Hernandez, décrit la situation : « La région du bas Aguán a été inondée de militaires, 28 coopératives étaient en cours de récupération (de leurs terres) et c’est pour cette raison que le 13 avril, après une réunion de plus de quinze heures avec le gouvernement, qui ne voulait nous concéder que 6000 hectares, nous en avons obtenu 11 000. Nous avons signé parce que nous étions sous la menace des canons et nous ne pouvions pas mettre en danger la vie de nos compagnons. Malgré tout, la lutte n’a pas été seulement pour cette quantité de terres mais pour toute la terre assignée à la réforme agraire (5). »
Le 13 avril 2010 les deux parties « s’entendent » donc : 3 000 hectares de terres affectées à la palme africaine seront titularisés immédiatement en faveur de 28 coopératives et après évacuation volontaire des champs occupés (par les paysans), les mêmes surfaces (en friche) leur seront attribuées dans un délai de trois mois et à un autre emplacement. Enfin, dans un délai d’un an, les paysans devront recevoir 1 000 hectares cultivés en palme et 4 000 hectares non cultivés. Le président de facto se rend lui-même sur place et se porte garant des accords.
Mais l’apaisement qu’on aurait pu attendre à partir de la signature des accords n’a pas lieu. Au contraire, la zone de l’Aguán connaît un regain de tension. En effet, le magnat de la palme, M. Facussé, donne la mesure du peu de cas qu’il fait des dispositions légales. Il annonce qu’il fera appel des décisions prises auprès des tribunaux.
Allant au-devant de ses désirs, le 20 avril, l’armée resserre son étau autour de la communauté Guadalupe Carney (fondée sur les terres occupées du CREM), qui se retrouve complètement encerclée par plus d’une centaine d’effectifs des commandos Cobras et de militaires. Le prétexte : l’arrestation de membres du MCA. Par ailleurs, le syndicat des travailleurs de l’INA (Sindicato de Trabajadores del INA [SITRAINA]) de la région dénonce des menaces et des intimidations contre ses membres.
Le 23 avril, alors que le MCA fait état de l’invasion imminente de la communauté Guadalupe Carney par l’armée, M. Facussé annonce qu’il refuse de négocier ne serait-ce qu’un hectare de terre. Le bras de fer engagé avec le MCA s’étend à l’INA et à son directeur dont le propriétaire réclame ouvertement la tête. Cette situation révèle le double jeu du gouvernement qui, d’un côté, fait mine de jouer la conciliation par le biais de l’INA, et de l’autre, prend prétexte du climat de tension pour militariser la région.
Quelques jours plus tard, le 28 avril, la radio communautaire de Zacate Grande (une communauté située dans le golfe de Fonseca, région pacifique, à 150 km de la capitale) est attaquée et détruite par des hommes armés à la solde de M. Facussé.
Le 25 mai, le quotidien La Prensa avait publié un entretien avec M. Facussé dans lequel celui-ci affirmait que « le problème de l’Aguán détruirait l’économie », laissant ainsi entendre que le « climat d’insurrection » dans la région faisait fuir les investisseurs étrangers (6). En juin 2010, l’annonce du licenciement de 500 employés des entreprises de Miguel Facussé dans la région constitue une manœuvre de plus pour attiser les dissensions entre les paysans.
Le 21 juin, une opération conjointe de membres des bataillons Cobras et des vigiles de l’entreprise de sécurité Orión (recrutée par M. Facussé), menée dans le but d’arrêter deux membres de la coopérative La Aurora, provoque la mort d’un jeune de 17 ans. L’autopsie révèle douze impacts de balles (7). Le communiqué du MCA souligne que la finca La Aurora avait été assignée à la coopérative par l’INA.
Le 17 août, trois membres du MCA (dont un adolescent de 14 ans) sont assassinés. Quelques jours plus tard, un affrontement a lieu à Zacate Grande entre les occupants des terres récupérées et les habitants de villages voisins, à qui M. Facussé a remis des « titres de propriété » et fait miroiter la construction d’un collège pour leurs enfants.
La liste des intimidations et arrestations arbitraires s’allonge tous les jours mais les institutions financières internationales ne sourcillent pas. Dans une lettre (8) adressée le 17 novembre 2010 au président de la Banque mondiale, M. Robert Zoellick, l’ONG canadienne Rights Action accuse celle-ci d’être coresponsable des exactions commises dans l’Aguán. Dénonciation fondée sur le fait que le 5 novembre 2009, Dinant avait reçu de la Corporation financière internationale (IFC) – chargée de l’attention au secteur privé au sein de la Banque mondiale – le prêt n° 27.250, à hauteur de 30 millions de dollars.
Les rumeurs, régulièrement relayées par la presse, faisant état de l’existence de groupes armés au sein du MCA se sont renforcées ces derniers jours. Certains médias croyant même savoir que les bases d’entrainement de la guérilla se trouveraient au Nicaragua (9)… Ironie du sort : les terres originalement occupées par le MCA, avaient, elles, bel et bien servi de base pour les troupes de la Contra, dont l’objectif était précisément d’agresser le Nicaragua voisin…
Le massacre du 15 novembre a donné un nouveau prétexte à l’envoi de l’armée dans la région. Mais contre toute attente, au lieu de s’en prendre aux milices armées des entrepreneurs de la palme, ce sont les bureaux de l’INA – ceux-là même où sont entreposés les dossiers de régularisation des terres du MCA – qui ont été militarisés.
Le 6 décembre les paysans ont repris les blocages de route pour exiger que justice soit faite. Le 7 décembre, un communiqué du MUCA avertit que la communauté Guadalupe Carney est de nouveau encerclée par l’armée.
Le 15 décembre, 600 militaires ont pris position sur les collines alentours et des hélicoptères survolent la zone.
Hélène Roux
Journaliste et sociologue.
(1) Giorgio Trucchi, « Masacre y barbarie en el Bajo Aguán », Secrétariat régional latino-américain (Rel-UITA), 16 novembre 2010.
(2) « Ley para la Modernización y Desarrollo del Sector Agrícola (LMDSA) », Institut agraire national (INA), 5 mars 1992.
(3) Aujourd’hui Front national de résistance populaire (FNRP).
(4) Qui se présente également sous le sigle MUCA (Mouvement uni des paysans de l’Aguán).
(5) German Reyes, « Incumplimiento del gobierno caldea los animos en el Aguán », Revistazo, 18 novembre 2010.
(6) « Problema del Aguán destruiría la economía », La Prensa, 25 mai 2010.
(7) Giorgio Trucchi, « Asesinato salvaje de joven del MUCA », Rel-UITA, 22 juin 2010.
(8) « Letter to the World Bank », Rights Action, 17 novembre 2010.
Source : le monde diplomatique

Le 10 ème journaliste assassiné cette année au Honduras

Henry Suazo a été assassiné ce matin, il est le 10 ème journaliste assassiné cette année au Honduras. Après le Mexique (14 morts) le Honduras est le pays le plus dangueureux pour les journalistes devant l'Irak (9 morts).
 
Les autres victimes sont Joseph Ochoa, du canal 51; David Meza, de Radio El Patio; José Bayardo Mairena et Víctor Manuel Juárez, de Radio Súper 10; Nahum Palacios, de la Television del Aguán et Luis Chévez, de la station W105, Georgino Orellana, d'un canal de San Pedro Sula; Nicolás Asfura, journaliste radical et Luis Arturo Mondragón, directeur d'information du Canal 19 de la ville d'El Paraíso.
 

Honduras : Discours d’une enseignante, militante de la Résistance, le jour où les élèves de son école reçoivent leur diplôme. (Rebelion)

Leyla ZUNIGA
statue du General Francisco Morazán
Notre monde n’a pas eu des étudiants depuis toujours. Les universités n’ont pas existé de tout temps. Les écoles sont une invention récente et les temps où a existé une relation entre un maître et son élève ne sont pas très anciens. Cela remonte à l’époque qui vit naître les grandes religions historiques comme le judaïsme, le bouddhisme et l’hindouisme et aussi à l’époque de la Grèce des philosophes où un petit nombre de savants privilégiés connaissaient l’art de déchiffrer la vie et, avec des artifices de magie, avec des mythes en guise d’explications et avec le logos au centre de leur raisonnement et de leur volonté de comprendre, ils inventaient un sens à la totalité du monde extérieur.
Les disciples étaient des espèces d’éponges qui absorbaient toutes les sortes de savoirs qui leur arrivaient, mais les pauvres ne sortaient pas de leur rôle d’esclaves et on ne devenait disciple que si on appartenait à la caste religieuse, politique ou militaire.
Dans ce savoir naissant, le soleil voyageait d’est en ouest, la Terre était plate et si vous arriviez au bord du monde, vous pouviez tomber dans l’abîme ; les dieux faisaient des enfants aux femmes qui mettaient au monde des centaures à visage humain et avec un corps d’animal ; la lune était un prétexte pour les amoureux et une tache ronde peinte par un dieu pour éclairer les hommes. Le savoir était un privilège d’une infime minorité et l’ignorance le patrimoine de l’immense majorité.
L’éducation servait pour exploiter et les maîtres traitaient leurs esclaves comme des bêtes de somme et tout aurait continué ainsi si ces derniers n’avaient pas fini par ouvrir les yeux.
Le Moyen Âge fit main basse sur les connaissances et les emporta dans les couvents. Vous ne pouviez donc pas devenir un écolier si votre famille ne possédait pas assez de bien pour payer un maître ou une institutrice.
La Révolution Française nous apporta les Lumières. Il fallait que l’éducation devînt laïque. Les hommes devaient se libérer de l’ignorance, des préjugés, des peurs religieuses et des dogmes qui pétrifiaient les esprits. Avec le marxisme, Dieu devint un conte de fées dispensé de nous expliquer que son soleil tournait autour de la terre et que sa terre, créée par un oracle obscur, demeurait immobile en son centre aristotélicien.
Qui a mis en application ces valeurs dans notre pays et en Amérique Centrale ?
C’est le Général Francisco Morazan, mais non pas ce général que vous pouvez voir sur la Grande Place de Tegucigalpa parce que celui-là c’est celui que les familles riches du Honduras et les militaires des Forces Armées et les membres de la Police qui matraquent le peuple honorent avec des bouquets et une hypocrite vénération. C’est logique : ils adorent la pierre, le marbre et l’arriération.
Ces gens veulent un Morazan impassible, immobile, qui reste là sans bouger, sans dire un mot, sans prononcer une parole, qui se taise, qui garde le silence.
C’est pourquoi ils ne peuvent pas tolérer la troupe des militants fidèles à Morazan, ces combattants qui manifestent dans les rues, qui protestent et veulent sauver ce pays dont les riches, les gringos et les Forces Armées ont fait un modèle d’arriération et d’ignorance.
L’Église elle-même, en son temps, condamna le Général Morazan, car il l’avait dépossédée de ses biens immobiliers. L’Église cherchait le ciel, mais la terre l’intéressait bien davantage. Il se trouva même une religieuse, au Guatemala, pour raconter qu’elle parlait avec les anges et que ceux-ci, la nuit, lui écrivaient des billets de papier blanc qu’elle semait ensuite dans les cloîtres des couvents et sur ces billets il y avait écrit : « Celui qui tuera Morazan gagnera directement le Ciel sans passer par l’antichambre du Purgatoire ».
Croyez-vous que Morazan aurait serré dans ses bras le Cardinal après que celui-ci ait apporté tout son soutien au coup d’État ?
Non, parce que Morazan, en son temps, irrita l’Église et aujourd’hui les véritables combattants fidèles à Morazan continuent d’irriter l’Église.
Pourquoi je vous raconte ça ?
En tant qu’enseignants, nous vous enseignons les mathématiques, les sciences naturelles, la philosophie, l’histoire, la sociologie, la sylviculture, l’agronomie, la physique, l’espagnol, mais, surtout, nous vous avons enseigné que le pays il faut le défendre dans la rue, dans les luttes, dans les marches de protestation et dans les rêves, qu’il faut le libérer des chaînes d’un système qui mise sur les nombres et qui méprise les personnes. Nous vous avons enseigné la dignité.
Pas question de courber la tête.
Il n’est pas facile de réussir ses examens de nos jours. Vos parents ont fait de grands sacrifices et vous, vous ne les avez pas déçus. Vous avez fait un pas en avant important ; beaucoup s’égarent en chemin, d’autres avec beaucoup de qualités, ne trouvent pas l’occasion de mettre celles-ci en œuvre.
Ce que vous voyez devant vous, ce décor de fête, vos parents assis, là, dans cette salle, et vous sur le point de recevoir votre diplôme et vos professeurs endimanchés et cette ambiance de fête… Ça, jeunes gens et jeunes filles, c’est le rêve, c’est l’aboutissement des difficiles exercices scolaires, des dures épreuves d’examen, des longues heures d’étude, de vos uniformes scolaires mal repassés, des nuits d’angoisse de vos parents qui ont tant peiné à réunir l’argent qui leur était demandé.
Tout cela ce n’est qu’une goutte de la réalité, ce n’est qu’un lieu où règne la joie, ce n’est qu’un îlot de fête.
Parce qu’après aujourd’hui il y aura un samedi, il y aura un lendemain et il y a un chemin qui nous attend.
Vous voici arrivés à mi-chemin, mais le chemin continue. L’université est là qui vous attend. Continuez à étudier. Il y a peu de lieux pour le travail, mais il a toujours un lieu pour la créativité.
Ayez une vie digne quel que soit l’endroit où vous vous trouverez ; illuminez des routes par votre conduite. Soyez des phares qui donnent la bonne orientation ; que vos rêves ne s’enlisent pas dans l’individualisme ; en plus de lutter pour vote famille, luttez pour votre pays.
Aux futurs experts-comptables, je dis : 2 plus 2 ça ne doit jamais faire 5, pas plus que 100 plus 100 ne doivent faire 20 ; quelle que soit l’entreprise où vous travaillerez, soyez solidaires de vos frères ; ne fabriquez pas de fausses comptabilités parce que tôt ou tard la vie passe la facture.
Aux futurs agronomes, je dis : n’obéissez pas si on vous commande de semer du maïs ou des haricots rouges avec des gènes de poissons ; souvenez-vous que ce qui importe avant tout c’est de produire et d’être utile, mais que c’est une priorité encore plus grande d’assurer la sécurité alimentaire du pays. Et j’ajoute que personne n’est tenu d’obéir à qui que ce soit si cette obéissance implique de faire perdre sa dignité à un être humain, quel qu’il soit.
Je dois exprimer une reconnaissance toute particulière à vos maîtres ; ce sont eux les sculpteurs de vos destins professionnels ; en quelque sorte, la responsabilité de vos succès et de vos échecs incombe à la formation que l’école vous a donnée.
C’est pourquoi je les exhorte à faire en sorte que la mise au bon niveau professionnel et l’attention apportée à leurs élèves soient les bases fondamentales sur lesquelles repose notre devoir d’enseignants. Je tiens à exprimer ma reconnaissance aux parents, à ces parents qui nous ont supportés avec patience. Ces parents ont compris que nous avons subi les injures et les calomnies des médias de la communication qui défendent les intérêts des riches. Ces médias avaient parié que nous ne tiendrions pas jusqu’au bout de l’année scolaire. Ils ont reçu une leçon.
Parents, enseignants, élèves, soyons attentifs à la réalité sociale, à la vie, en somme. C’est ici qu’il nous a été donné de vivre, c’est ici qu’il nous est donné de rêver, d’espérer, qu’il nous est donné de lutter. Soyons attentifs parce que le pays et la patrie, parfois, nous appellent, soyons attentifs.
Soyons éveillés, disait Jésus et Jésus avait bien raison, parce que comme l’a fort bien dit le poète chilien Pablo Neruda : « Hautes sont les étoiles dans la nuit et Morazan veille ».
Traduit par Manuel Colinas Balbona pour Le Grand Soir