1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

dimanche 20 juin 2010

Honduras : Le coût du coup d’État. par Julio Escoto, écrivain et essayiste hondurien


jeudi 17 juin 2010, par Primitivi

L’article d’opinion de Julio Escoto paru dans le quotidien El Heraldo est à la fois incroyable et partiel. Incroyable car ce quotidien aux mains de la famille Facussé a soutenu le putsch de bout en bout et après lui la présidence de Lobo. Et Escoto écrit dans les colonnes de ce journal que le coup d’État a réellement existé, alors que celui-ci avait toujours été présenté comme une "transition constitutionnelle" et que la résistance est traitée de ramassis de terroristes.

Partiel, car bien qu’Escoto évoque les différentes malversations, les énormes dépenses militaires, et les campagnes de lobbying et de com’ lancées sous Micheletti il ne parle pas de l’actuelle présidence de Lobo qui n’est autre que la dictature parée d’oripeaux démocratiques. Une démocrature, sous laquelle encore plus de gens sont assassinés, sous laquelle les dépenses militaires explosent pour atteindre bientôt pas loin de 3 milliards de lempiras, sous laquelle l’ancien chef d’État-Major Romeo Vásquez a été nommé gérant de l’entreprise de télécommunication Hondutel, entreprise par laquelle chemine les SMS envoyés par les escadrons de la mort à leurs victimes... Bref, au constat d’Escoto il manque la partie la plus actuelle, et certainement la plus douloureuse : la transfiguration de la dictature.

Mais tout cela fera l’objet de notre part d’un article complémentaire sur les coûts du putsch.


Le coût [du coup d’État]

par Julio Escoto, écrivain et essayiste hondurien
El Herlado le 17 juin 2010

Pour la santé mentale et la transparence, le moment est arrivé de connaître en détail combien la crise déplorable de l’an dernier a coûté aux honduriens.

En vies humaines il y a déjà des décomptes précis sur plus d’une centaine de personnes tuées par les forces de sécurité ou pour des motifs relatifs à leur filiation à des mouvements de résistance contre le putsch. Trois rapports de confiance sur les abus des droits citoyens l’affirment, ils détaillent avec horreur comment depuis trois cents jours que se déchaînent les événements il n’y a pas la moindre avancée pour punir les coupables, au niveau des enquêtes policières, de la responsabilité pénal et des cours de justice.

Une partie du coût de ce triste moment c’est aussi les dommages irréparables occasionnés à la crédibilité démocratique [hondurienne], un sujet qu’on ne pourra éviter malgré les limitations existantes et l’auto-proclamée "Commission de la Vérité".

Car il ne suffira pas que l’inévitable soit fini, qu’ici un coup d’État se soit déroulé, et non pas une soit-disant "succession présidentielle" (ce qui revient à dire qu’on ne tue pas le patient mais qu’on "suspend ses fonctions vitales") et on devra poursuivre plus en profondeur jusqu’à dénoncer – ce serait mieux si les auteur(e)s et les complices se livraient d’eux-même – les délits publics et les détournements, comme celui d’avoir fait une fausse lettre de révocation présidentielle écrite par le Congrès [1], l’expatriation irrévocablement illégale du citoyen Zelaya, comme le fait d’avoir unilatéralement révoqué un gouvernement élu par le peuple, comme l’accession au pouvoir de fonctionnaires non élus, interdite par la Constitution. Ainsi que beaucoup d’autres crimes et délits, dont le "Gacetazo" qu’il faudra mettre un jour en lumière [2], un fait jusqu’à présent passé sous silence. La liste est presque interminable mais cela n’empêche pas qu’elle soit parcourue du début à la fin.

La semaine dernière des informations télévisées ont assuré que les coûts de la répression militaire entre 2009 et 2010 se sont chiffrées à quinze milliards de lempiras, données dont j’ignore la provenance et qui semblent présomptueuses. En regardent calmement, cela correspondrait à environ 700 millions de dollars qui coïncident avec la chutes des réserves internationales [honduriennes], et avec ce qui a dû être "investi" en munitions, boucliers, matraques, tanks, gaz anti-émeutes, gel moutarde toxique et – si une telle brutalité est possible – dix mille bombes lacrymogènes obtenues subrepticement grâce au gouvernement du Pérou [3]. Il convient également de comptabiliser les coûts de la mobilisation durant des mois de l’armée dans les rues, qu’un expert a évalué à environ un million de lempiras par jour, au coût du combustible pour les avions et les hélicoptères de la force aérienne, pour les véhicules à moteur terrestres et navals, le coût du recrutement d’agents et de policiers et de cette sorte de mercenaires (sicaires) dans laquelle s’est engagée une partie des réservistes, et qui a exigé beaucoup d’argent.

Et si on veut feindre une équité de jugement il faudrait aussi ajouter combien de budget a été gaspillé dans le projet de la quatrième urne, y compris les soixante millions de lempiras qui, selon sa propre confession, Manuel Zelaya a remis sans aucun reçu à Romeo Vásquez [4].

Dans ce calcul une colonne spéciale devra être ajoutée pour indiquer les montants dépensés afin d’influer les médias de communication, les journalistes et les écrivains, pour acheter les conseillers serviles, les montants dépensés dans des commissions de "lobbyistes" à l’étranger [5], dans des compagnies chargées de nettoyer l’image [des putschistes] [6], dans les marches financées secrètement [7], dans les "allocations" versées à des conseils industriels et à des chambres de commerce, dans les concessions pressées et vicieuses qui ont hypothéqué des biens de la patrie [8], ils ont provoqué la perte l’État et ils ont grossi la dette nationale... Nous exigeons de savoir.

Le putsch a été un mauvais calcul, une erreur démesurée, une négociation politique intelligente aurait pu l’éviter. Pour l’évincer de l’histoire et désamorcer des passions il faut qu’une lumière absolue soit faite sur les responsables et les coûts que leur actions ont occasionné. Continuer de nier, ou de déguiser le réel, stimule des ressentiments et maintient pourrissant et pestilent le cadavre de la démocratie hondurienne. Pour envisager de commencer à reconstruire il faut d’abord s’obliger à soigner les blessures.


Source : "El costo"
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Le lendemain de l’enlèvement et de l’expulsion de Manuel Zelaya, une lettre de démission provenant soit disant de la main de Mel fut lue au Congrès. Ce fut LA justification de la "transition constitutionnelle" dont se targuait Roberto Micheletti.

[2] L’affaire de la Gazette, la Gazette est le JO hondurien. Afin de vendre une usine hydroélectrique au privé Micheletti a fait publier deux Gazettes, l’une a 20 exemplaires qui contenait le décret de la cession de l’unité de production, l’autre omettant la publication dudit décret, ce qui a donné lieu à un grave scandale, connu comme "Le Gacetazo".

[3] Voir l’article "Honduras, les putschistes deviennent plus violents, le Brésil pousse le Conseil de Sécurité de l’ONU afin d’en finir"] et la première vidéo de "Vidéos en provenance du Honduras"

[4] L’article "En la basura el Honor, la Lealtad y el Sacrificio de las Fuerzas Armadas" du quotidien El Libertador parle de cet épisode où Zelaya a remis 60 millions de lempiras à Romeo Vásquez pour les frais de la mise en place de la quatrième urne, somme détournée par le haut commandant. Par contre Julio Escoto n’évoque pas des 200 millions de lempiras détournés par les hauts gradés de l’armée auprès de la Chambre du Commerce et d’Industrie de Tegucigalpa, qu’indique également l’article d’El Libertador.

[5] Voir "Qui appuie Micheletti et le gouvernement de facto ?" et "Un européen allié des putschistes parcourt le continent"

[6] Voir "Micheletti a besoin de com’, Claudia Rosett de Forbes s’en charge", mais aussi le chapitre "Le Honduras signe avec une entreprise de relations publiques pour améliorer son image aux États-Unis"

[7] Voir "Un ministre transfert des fonds pour les contre-manifestations"

[8] Voir "Entreprises, taxes et militaires", ainsi que "la privatisation de l’eau commence", et aussi "107 zones naturelles protégées menacées par les entreprises"

lundi 7 juin 2010

L’oligarchie, les morts et la résistance


jeudi 20 mai 2010, par Primitivi

Au Honduras les assassinats n’ont pas arrêtés, ciblés, barbares, les escadrons de la mort honduriens n’en sont pas encore au niveau des massacres des paramilitaires colombiens, mais ils suivent de près à la fois la politique de terreur colombienne et les leçons apprises des dictatures chilienne et argentine.

L’oligarchie hondurienne savoure sa reconquête, mais cette victoire pourrait être de courte durée, en effet comme l’écrit Oscar Amaya Armijo, pour le moment la résistance du peuple hondurien reste pacifique et pleure ses morts sans porter de coups. Mais il se pourrait fort bien que cela ne dure pas, et à ce moment là les oligarques risquent fort de moins rire et le Honduras d’être ensanglanté par une guerre civile que les dirigeants du pays peuvent encore éviter s’ils arrêtent de ne cultiver que leurs intérêts aux dépends de ceux de leur pays.


L’oligarchie, les morts et la résistance
par Oscar Amaya Armijo

En ce qui concerne les personnes amoureuses de la vie, toute mort leur fait mal, qu’importe qui est le défunt.

Jusqu’à présent, c’est la Résistance qui pleure ses morts, les recueille et les enterre avec un stoïcisme messianique, et elle ne répond pas à tant d’agressions graves avec vengeance.

Ou comme le dit Luis Morel, vieux dirigeant du mouvement ouvrier hondurien, “la résistance est, jusqu’à présent, comme les chiens, qui reçoivent des blessures et courent uniquement pour se lécher”, avec une apparente résignation.

En réalité, c’est une proposition terrible ébauchée par ceux qui créent le pacifisme, appelez-cela christianisme, bouddhisme ou "gandhisme", les mouvements qui ne répondent pas (ou qui n’ont pas répondu) avec violence à la violence.

Existe-t-il réellement une culture qui croit que celui qui reçoit des coups sur la joue gauche offre la droite pour recevoir plus de coups ? Combien de temps dure une telle attitude dans une société marquée par la violence économique, sociale et politique ? Comment les personnes violentes conçoivent-elles ceux qui ne répondent pas aux agressions ?

Il est difficile de répondre à ces questions, puisque l’histoire n’est qu’une chronologie de la violence ou plutôt de l’infamie : Qui est-ce qui peut affirmer que l’on est pas encore à l’aube de la Communauté Primitive ? Est-ce que ce n’est pas est-ce qu’un échantillon de que nous vivons dans l’époque du troupeau après avoir été témoin de l’assassinat de l’adversaire comme quand ils se disputaient un fémur de Mammouth ? N’est-ce pas un modèle du fait que nous vivons à l’époque de la meute témoin de l’assassinat de l’adversaire comme quand on se disputait un fémur de mammouth ?

L’absurdité est immensément douloureuse, comme par exemple au Honduras on a assassiné le jeune Gilberto Alexander Núñez Ochoa, chargé au FNRP d’éviter que des infiltrés ou d’autres ne provoqueront des affrontements contre les forces policières et militaires durant les marches contre la dictature. Cet agent du pacifisme a été abattu de manière vile avec violence, celle là même qu’a intronisé le régime conjuré. Son délit, même si on ne le croit pas, était d’éviter les agressions contre ceux-là mêmes qui l’ont tué.

Qui au sein de l’oligarchie, parient sur la violence contre le pacifisme de la Résistance, apparemment, ils pensent que l’angoisse et l’incertitude ne les balayera pas, et que leurs victimes tendront toujours la joue droite.

Cette vision étroite est extrêmement dangereuse et conduira irrémédiablement à l’entassement des morts, qu’importe sa provenance sociale. Alors, l’odeur pestilentielle de la mort emportera toute la structure de la société hondurienne.

Ce sera l’époque où l’oligarchie et la résistance se retrouveront dans les mêmes cimetières enterrant leurs parents ou dans les hôpitaux comptabilisant les mutilés. L’hécatombe sera irréversible, les pleurs rempliront tout à ras bord et il n’y aura plus la capacité pour pardonner.

A ce moment il n’y aura plus d’occasion pour le dialogue, poru que l’on s’apprécie, pour des accords civilisés, donc quand on tient le pouvoir par les armes la pensée s’avilit, elle se trouble, et l’on croit que ce pouvoir est universel et éternel. La seule issue pour la perversité devenue pouvoir c’est la mort.

L’oligarchie ne doit pas chanter victoire parce que les morts sont du côté de la résistance, puisque la violence engendrée, plus tôt que tard, fonctionnera comme un boomerang, retournant à l’endroit d’où elle est partie. Cela peut arriver même si on ne le veut pas, ainsi fonctionne la dynamique de la violence sociale, quand il n’existe pas de réponse pour résoudre la crise politique par la voie de la coexistence pacifique.

Qu’est-ce que les oligarques préfèrent, partager le pouvoir économique, politique et le bien-être social avec tous les honduriens ou “colombianiser” ce processus ? N’existe-il pas parmi les magnats une volonté politique pour préparer le destin du Honduras avec le FNRP ? Les intérêts mesquins du gain oligarchique pèsent-ils plus que la vie ou la santé physique et mentale de milliers de honduriens ? N’y a-t-il pas d’arrangement possible ?

Sans réponse positive à ces questions, bientôt tous les coins du Honduras et son histoire future se rempliront de cadavres, ce ne sera rien de plus qu’une page écrite avec du sang.


Source : Vos El Soberano "La oligarquía, los muertos y la resistencia"
Traduction : Primitivi

Cinq juges Honduriens en grève de la faim

Ils protestent contre le limogeage de leurs collègues qui se sont opposés au coup d’état contre Zelaya.

Tegucigalpa le 17 Mai 2010

Cinq juges Honduriens ont commencé ce lundi une grève de la faim pour protester contre la décision de la Cour Suprême de limoger quatre juges [1] qui ont condamné le coup d’état de 2009 contre le président d’alors, Manuel Zelaya.

Les juges Guillermo López, José Pineda, Gerson Medina, Pablo Munguía et Luis Alonso Chévez se sont installés pour accomplir leur jeûne dans le parc La Merced [La Grâce], en face de l’immeuble du !congrès, au centre de Tegucigalpa.

Les cinq juges, membres de l’Association des Juges pour la Démocratie, se sont déclarés « en grève de la faim contre l’impunité ».

L’Association a dit dans un communiqué que « les Magistrats de la Cour Suprême de Justice ont décidé le 5 Mai dernier, de manière arbitraire, de limoger les juges Luis Alonso Chévez de la Rocha, Ramón Enrique Barrios, Guillermo López Lone et la magistrate Tirza del Carmen Flores Lanza".

C’est la deuxième grève de la faim qui se déclenche au Honduras, puisque neuf syndicalistes exclus de la principale université du pays poursuivent leur jeûne depuis le 27 Avril en demandant leur réintégration.

La cour suprême a commencé une procédure disciplinaire à l’encontre de ces juges pour avoir condamné le coup d’état et pour prendre des décisions juridiques cohérentes avec les garanties constitutionnelles et la protection des droits humains des dizaines de personnes détenues au cours des mobilisations qui suivirent la rupture de l’ordre constitutionnel, a ajouté l’Association.

« Tous les juges limogés sont membres de l’Association des Juges pour la Démocraties, d’où il apparaît qu’il s’agit d’une tentative des autorités judiciaires pour désarticuler cette association » a-t-elle indiqué.

Source : Aporrea "Cinco jueces de Honduras se declaran en huelga de hambre"
Traduction : Alma

Notes

[1] Voir l’article "Honduras : Une démocratie ? Certainement pas !".

lundi 31 mai 2010

Huit journalistes assassinés au Honduras: qui demande des comptes au FBI ?



Jean-Guy Allard

• LE ministre de hondurien l’Intérieur Oscar Alvarez, qui vient de demander aux Etats-Unis de l’aide du FBI pour «éclaircir les circonstances» de la vague d’assassinats de journalistes au Honduras, occupait ce même poste en 2004 au sein du gouvernement de Ricardo Maduro, lorsque le terroriste Luis Posada Carriles est arrivé dans ce pays d’Amérique centrale où il devait trouver, par ses bons offices, un refuge sûr.

Ce membre du gouvernement de Porfirio Lobo est le neveu du général Gustavo Alvarez Martinez, l’ancien chef des Forces armées du Honduras allié à John Dimitri Negroponte lorsque cet agent de la CIA et criminel de guerre était ambassadeur à Tegucigalpa et dirigeait les plans macabres de l’Administration de Ronald Reagan contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua. Alvarez Martínez s’est rendu célèbre par les persécutions qu’il a dirigées contre les jeunes, des religieux et des militantes de gauche, ainsi que par sa soumission totale aux Etats-Unis.

En 2004, au cours du show médiatique monté avec l’arrivée de Posada le 26 août, ce fut Oscar Alvarez qui, six tours plus tard, déclara à l’agence AP que ses services d’immigration étaient incapables de trouver ce terroriste bien que, disait-il, la police avait localisé «plusieurs résidences» où l’on croyait qu’il pouvait être logé.

Quelques jours plus tard cependant, il suggérait une fausse piste: Posada, disait-il, «pourrait avoir quitté le pays et nous pensons qu’il pourrait se trouver aux Bahamas». Le gouvernement des Bahamas a immédiatement démenti cette information.

«Nos informateurs signalent que Posada Carriles pourrait s’être servi du Honduras comme escale pour se rendre dans les Caraïbes», a aussi déclaré Alvarez.

Posada est entré au Honduras en provenance de la capitale panaméenne le jour même de sa libération, par l’aéroport de San Pedro Sula, muni d’un faux passeport nord-américain, à bord d’un jet privé affrété par ses complices de Miami. Plus personne n’a parlé d’enquête dès le moment où la presse a cessé de s’intéresser au sujet.

Dans un reportage sur l’incident publié par le site Rebelión fin 2004, le chercheur et journaliste Carlos Fazio signalait que «certains indices font penser que le président du Honduras, Ricardo Maduro, a participé à une tractation pour que toute trace de Posada Carriles soit effacée à San Pedro Sula».

Et Fazio d’ajouter: «Il est évident que pour ce faire il y a eu un troisième et puissant acteur qui, dans l’ombre, a déplacé les fils de la trame: les Etats-Unis».

En 2005, il a été confirmé que le FBI et le ministère public hondurien ont protégé Posada Carriles, lorsque Me Juan Carlos Sanchez, l’avocat du directeur limogé des services d’immigration honduriens Ramon Romero, a présenté à un tribunal un document confirmant l’entrée de Posada au Honduras que Posada sous la protection d’agents de la police fédérale des Etats-Unis.

Bien que Posada était réclamé par le Venezuela comme auteur de l’explosion en plein vol d’un avion de Cubana de Aviación en 1976 avec 73 personnes à bord, et que l’on savait pertinemment qu’il était parrainé par le mafieux d’origine cubaine Ralph Nodarse –un vieux collaborateur de la CIA–, on n’a pas trouvé trace du terroriste international.

En janvier 1994, Posada planifia au Honduras un plan d’attentat contre Fidel Castro, financé depuis Miami par la FNCA. L’attentat devait avoir lieu pendant l’investiture du président Reina. Jusqu’en 1996, Posada a dirigea un groupe de tueurs d’origine cubaine qui, avec la complicité de militaires honduriens, exécuta plus de 40 attentats dans ce pays.

OSCAR ALVAREZ, UN PROTÉGÉ

DE L’EMPIRE

Alvarez a fait ses études à la Texas A&M University, considérée comme une vraie pépinière d’agents de la CIA. Sur le campus de cette même université se trouve la George Bush Presidencial Library. Dans cette institution au profil militariste, Alvarez a rejoint le Corps de cadets, un bon tremplin pour rentrer dans l’US Army. Il est aujourd’hui président de l’Association des anciens de la Texas A&M au Honduras.

Alvarez a longtemps résidé à Dallas, où il a été consul son pays.

Ce ministre du gouvernement Lobo a occupé cette même fonction au gouvernement de Ricardo Maduro Joest jusqu’en 2005, et il a dirigé la répression contre les mouvements populaires, ainsi que des opérations musclées de «nettoyage» dans les quartiers pauvres de Tegucigalpa, faisant preuve d’un mépris total pour les droits de l’Homme.

Ricardo Maduro a participé, aux côtés de Roberto Micheletti, au coup d’État qui a renversé le président constitutionnel Manuel Zelaya, et il a été parmi les premiers putschistes à être accueillis à Washington par les congressistes de l’extrême droite cubano-américaine qui ont prétendu légitimer le coup d’Etat.

En annonçant sa demande d’aide au FBI, il y a quelques tours, Alvarez a affirmé qu’il avait recours à la police étasunienne dans le seul but d’assurer «la transparence du processus» d’enquête sur l’assassinat de huit journalistes depuis le début de l’année dans ce pays.

Il y a quelques jours, Alvarez a déposé au Congrès national un rapport contenant sa version sur «les progrès de l’enquête» sur la mort des journalistes, qui comprend les noms des responsables présumés.

Les journalistes assassinés au Honduras cette année sont Nicolas Jesus Asfura Asfura, Joseph Ochoa, David Meza, Nahum Palacios, Bayardo Mairena, Manuel Juarez, Luis Antonio Chevez et Georgino Orellana.

LE PROCONSUL LLORENS, UN BUSHISTE de pure souche

L’ambassadeur US Hugo Llorens –il a admis avoir participé à des réunions où ont été discuté les plans de coup d’Etat avant l’enlèvement du président Zelaya, le 28 juin 2009– est un Cubano-américain émigré à Miami reconverti en directeur des Affaires andines du Conseil national de sécurité, à Washington, après une carrière d’agent de la CIA.

Au moment du coup d’Etat de 2002 contre le président vénézuélien Hugo Chavez, Llorens était conseiller du Sous-secrétaire d’Etat aux Affaires hémisphériques Otto Reich et du conspirateur par excellence Elliot Abrams.

Peu après le putsch de Tegucigalpa, le New York Times confirmait que le Secrétaire d’État adjoint aux Affaires de l’hémisphère occidental, Thomas A. Shanon, ainsi que l’ambassadeur Llorens, «avaient parlé» avec des hauts officiers des Forces armées et des dirigeants de l’opposition au sujet de «la manière de renverser le président Zelaya, de procéder à son arrestation l’arrêter et des personnes susceptibles de s’acquitter de cette mission».

En juillet 2008, Llorens a remplacé l’ambassadeur Charles «Charlie» Ford, personnage qui a proposé, à la demande de George W. Bush, que Posada Carriles reçoive l’asile et le statut de réfugié au Honduras.

LE FBI, CÉLÈBRE POUR «COUVRIR» TERRORISTES ET TORTIONNAIRES

Aux Etats-Unis, le FBI –la police fédérale chargée du contre-espionnage et, particulièrement des dossiers politiques– se distingue par sa tolérance en ce qui concerne la présence sur le territoire de l’Union de dizaines d’individus recherchés dans leurs pays pour des crimes politiques.

A Miami, le sanctuaire de ces criminels latino-américains, parmi lesquels on compte des anciens présidents corrompus, des tortionnaires, des terroristes et des promoteurs d’actions terroristes, le FBI a une politique confirmée d’inertie, de tolérance, voire de complicité avec tout ce qui a à voir avec les activités illégales de l’extrême droite.

Pour ce qui est de Cuba, les cas de Cubano-américains –parmi lesquels se trouvent Orlando Bosch Avila et Luis Posada Carriles- liés à des actions terroristes et bénéficiant d’une protection absolue, sont légion. Plusieurs d’entre eux ont été utilisés par les services de renseignement nord-américains dans la guerre sale livrée par les Etats-Unis pendant de longues années pour juguler les aspirations légitimes des peuples.

Au cours des dernières années, les Etats-Unis ont accueilli sur leur territoire des dizaines d’opposants vénézuéliens étroitement liés à des groupes qui prônent la violence. L’agent de la CIA Patricia Poleo, recherchée par la justice vénézuélienne pour son implication dans l’assassinat du procureur Danilo Anderson, vit actuellement à Miami. Parmi beaucoup d’autres repris de justice vénézuéliens protégés par le FBI de la Floride figurent l’ancien président Carlos Andrés Pérez et Henry Lopez Sisco, tortionnaire et assassin de la police secrète, qui affiche des états de service éloquents en matière d’assassinats, de disparitions lors de la répression déclenchée dans les années 70 contre les jeunes militants.

Miami offre aussi asile à l’entrepreneur bolivien d’origine croate Branko Marinkovic, qui a organisé et financé la tentative d’assassinat contre le président Evo Morales en avril 2009, avec la complicité d’Alejandro Melgar Pereira, gérant du Centre d’arbitrage et conciliation de la CAINCO de Santa Cruz.

Au Honduras, le FBI a toujours maintenu une présence plus ou moins marquée. C’est à l’ambassade US de Tegucigalpa que l’agent spécial George Kiszynski avait interviewé Posada Carriles en 1992 au sujet de son rôle dans le trafic d’armes et de drogue à la base salvadorienne d’Ilopango. Quelques années plus tard, Posada déclarait au New York Times qu’après tout, Kiszynski était «un très bon ami». •

Une multitudes de grèves de la faim Magistrats, enseignants, travailleurs de l’université UNAH, paysans et parents.

Photo de "Diario de Huelga" par Arial Sosa


par Primitivi

Au Honduras où la violence n’a pas cessée on compte maintenant pas loin d’une cinquantaine de personnes qui se sont mise en grève de la faim pour protester contre le gouvernement de Lobo. Plusieurs groupes de grévistes protestent sur plusieurs points : éducation/enseignement, justice, attribution des terres arables.

Va-t-on en parler autant que des grévistes de la faim de Cuba ?

Des paysans du MUCA en grève de la faim, des enseignants et des parents les rejoignent

par le Réseau Morazánica d’Information

Des membres du Mouvement Unifié des Paysans de l’Aguán (MUCA), appartenant aux Coopératives El Despertar, San Esteban, San Isidro et La Trinidad, ont commencé lundi 24 mai une grève de la faim pour qu’on leur rende leurs terres, dont ils ont été dépossédés il y a quelques jours par les propriétaires terriens René Morales, Miguel Canales et Miguel Facussé.

Le 12 mai dernier, malgré les avertissements du Juge surnuméraire de la ville de Trujillo et de la coordinatrice des procureurs de la ville de Tocoa, l’évacuation des quatre coopératives paysannes a été effectuée, violent par là même les normes et les principes légaux, ainsi que l’accord signé entre le MUCA et le gouvernement de Porfirio Lobo.

Les paysans ont manifesté du département de Colon, jusqu’à la place la Merced de Tegucigalpa, dernier recours face aux abus dont ils sont l’objet de la part des grands propriétaires terriens, qui tiennent les opérateurs de justice à leur botte.

Suivant les témoignages des victimes, depuis l’évacuation, durant laquelle ils ont perdu tous leurs effets personnels et familiers, les terres sont occupées par des militaires, des policiers et les agents privés des latifudistes.

Les agriculteurs se sont installés aux côtés des grévistes de la faim de l’Association des Juges pour la Démocratie (AJD), qui au 25 mai en étaient à 216 heures de jeûne pour demander une vaste réforme du système judiciaire hondurien.

Des enseignants commencent une grève de la faim

Le 25 mai, se sont également déclarés en grève de la faim, dix directeurs départementaux d’éducation révoqués par le gouvernement de Porfirio Lobo, ils sont appuyés par des parents d’élèves qui considèrent les licenciements des enseignants par le gouvernement comme illégaux.

Cette grève de la faim s’ajoute à celle commencée par les membres du Syndicat des Travailleurs de l’Université Nationale Autonome du Honduras (UNAH), à celle de l’Association des Juges pour la Démocratie (AJD), et à celle des paysans du MUCA.

Les grévistes sont appuyés par des parents qui se sont aussi déclarés en grève de la faim selon les organisations magisteriales.

Les maîtres se sont installé sur la place la Merced, et ont envoyé une requête au gouvernement et au Ministre de l’éducation, pour qu’ils résolvent le conflit rapidement.

Selon les enseignants cette grève est organisée pour cause d’irrespect des lois gérant la carrière enseignante, récemment le gouvernement de Porfirio Lobo a nommé directement plusieurs directeurs départementaux sans qu’aucun concours n’ait été mis en place.

Depuis lundi dernier sont également en grève de la faim les membres de l’Association “Revenons aux Classes”, présidée par Mercedes Saravia, activiste du Maire de la capitale Ricardo Álvarez, et défenseuse du coup d’État

Les paysans en grève de la faim sont les suivants :
Luis Alberto Ramirez --- Coopérative San Isidro
Juan Pablo Barahona --- Coopérative San Isidro
Humberto Ávila Ávila --- Coopérative San Isidro
Felipe Mejía--------------- Coopérative San Isidro
José Castillo -------------- Coopérative El Despertar
Rolando Bueso ----------- Coopérative El Despertar
Isidro Rivera ------------- Coopérative El Despertar
Marvin Nahum Orellana- Coopérative San Esteban
Vilma Maribel Molina ----Coopérative San Esteban
Juan Gabriel Orellana --- Coopérative La Trinidad
Julián Hernández ------- Coopérative La Trinidad
Kevin Izaguirre --------- Coopérative La Trinidad
Octavio Lezama ---------- Coopérative La Trinidad

Les juges en sont à 10 jours de grève de la faim

Les membres de l’Association des Juges pour la Démocratie (AJD) en sont à 10 jours de grève de la faim. Ils demandent le rétablissement à leurs fonctions des magistrats révoqués par la Cour Suprême de Justice (CSJ). De plus, ils exigent que le pouvoir législatif mette en place les réformes qui permettent l’indépendance de la Justice hondurienne.

Les ex-magistrats Guillermo López et Luis Alonso Chévez ont été les initiateurs de la grève de la faim il y a 10 jours. Depuis d’autres magistrats (Edyn Geovany de la O, Carlos Reyes Sabillón, Ariel Sosa Urquía, Ariana Amador et Luis Laínez) se sont joints à leur protestation.

Après avoir rejoint la grève de la faim, Reyes Sabillónil a affirmé que la lutte de l’AJD est une lutte juste. Il a expliqué qu’il ne s’agissait pas uniquement de la réintégration des magistrats révoqués mais que c’est également une lutte pour une véritable indépendance de la Justice, qui est un droit des citoyens honduriens.

Pour sa part, Ariana Amador a indiqué qu’elle s’est unie à la protestation parce que "tous ceux qui sont au pouvoir sont putschistes" et ce qu’ils ont fait avec les juges "c’est une injustice parce que c’était un licenciement arbitraire". Elle a également ajouté que ce qui reste important c’est "de lutter et de demander une Assemblée Nationale Constituante".

La grève de la faim est sans limite jusqu’à ce que la Cour Suprême de Justice revienne sur sa décision du 5 mai dernier de destituer les juges Guillermo López Lone, Ramón Barríos, Luis Alonso Chévez, le défenseur public Osman Fajardo Morel et la magistrate Tirza Flores.


Source :
Red Morazánica de Información via Pelusa Radical "Campesinos del MUCA en huelga de hambre, Maestros y padres de familia también"
Agencia Pulsar "Jueces cumplen 10 días de huelga de hambre en Honduras"
Traduction : Primitivi

Plus de 500 000 de signatures sont collectées au Honduras pour exiger la convocation d’une assemblée constituante.




Tegucigalpa, 19 mai, (RHC)--. Le Front National de la Résistance Populaire du Honduras a collecté plus d’un million de signatures pour exiger la convocation d’une assemblée constituante.

Cette coalition de forces populaires qui s’est organisée au lendemain du coup d’Etat contre le président Manuel Zelaya, en juin 2009, espère pouvoir dépasser 1 250 000 signatures dans tout le pays.

Le document exige également le retour sans condition de Manuel Zelaya, la cessation de la persécution judiciaire contre lui et des garanties pour ses droits civiques et politiques.

Source

dimanche 30 mai 2010

QUI A DIT PEUR? Au plus profond du coup d’état au Honduras… à Montpellier.


Avec la présence de la realisatrice Katia Lara et l’acteur René Amador, un des protagonistes du documentaire, maintenant exilé en Espagne. Les présentations en Argentine et en Bolivie seront les premières d’une tournée à travers l’Amérique Latine, l’Europe et les Etats Unis, qui culmineront le 28 juin, anniversaire du coup d’état, avec la diffusion du documentaire au Honduras.


QUI A DIT PEUR? montre la lutte pacifique d’un peuple qui résiste à la dictature et donne les clefs pour comprendre la nature profonde de ce nouveau coup d’état en Amérique Latine et des nouvelles formes utilisées par les oligarchies pour maintenir leurs privilèges les plus anciens.

Le documentaire sera présenté en Argentine, en Bolivie, au Nicaragua, au Guatemala, au Salvador, au Honduras, en Espagne (Galice), en Allemagne (Hambourg), aux Etats-Unis (New York) et en France (Paris et Montpellier).


http://quiendijomiedofilm.blogspot.com/

mardi 18 mai 2010

Honduras, Une démocratie? Certainement pas!

Alors que de nouveaux assassinats sont à déplorer au Honduras (Gilberto Alexander Núñez Ochoa, 27 ans, membre de la résistance, et José Andrés Oviedo, 26 ans, ont été assassinés de plusieurs balles en rentrant chez eux avant-hier ; voir "Continúa la criminalización : Asesinan a dos jóvenes del Frente Nacional de Resistencia Popular") la Cour Suprême de Justice hondurienne vient de révoquer et de mettre à pieds 5 magistrats pour avoir critiqué le coup d’État de juin 2009.

Pendant ce temps là, l’Union Européenne accueille Porfirio Lobo à bras ouverts (quasi ouverts : le président du Honduras n’étant plus invité qu’au second sommet de Madrid. Moins retentissant, présenté comme une "réunion", c’est là que l’UE doit clore un accord de libre-échange avec l’Amérique Centrale).

Le fascisme ne s’arrête pas : La Cour suprême du Honduras révoque les juges qui critiquent le coup d’État par Kaos en la red

Pour s’être manifesté contre le coup d’État, avoir présenté un recours de protection en faveur de Zelaya ou avoir écrit un article d’opinion dans un journal en critiquant le coup d’État...

Le président, trois magistrats et un défenseur public de l’association hondurienne "Juges pour la Démocratie" ont été révoqués par la Cour suprême du pays qui a pris ces sanction pour leurs manifestations et actions contraires au coup d’État du 28 juin 2009.

Le haut tribunal qui, le jour du putsch, avait déclaré que les Forces armées avaient agi "pour la défense de l’État de droit" et qui avait qualifié le coup d’Etat comme "une succession constitutionnelle", a décidé le 5 mai dernier, avec le vote favorable de 10 de ses 15 magistrats, les révocations et mises à pieds de Guillermo López, de Tirza Flores, de Ramón Enrique Barrios, de Luis Alonso Chévez et Osman Fajardo. López (président de l’association judiciaire) et Chévez commenceront lundi une grève de la faim pour protester contre la "situation générale d’impunité" que le pays, présidé par Porfirio Lobo, vit actuellement.

Selon les cas les faits reprochés aux magistrats jugés ont été : s’être manifesté contre le coup d’État, avoir présenté un recours de protection en faveur du président Zelaya, avoir écrit un article d’opinion dans un journal en critiquant le fait que la Cour suprême défendait le putsch.

"C’est une sanction purement politique", assure la magistrate Tirza Flores, de visite à Madrid il y a peu et qui a raconté son histoire quelques jours avant l’éclatement de la polémique à propos de la venue de Porfirio Lobo pour le sommet de Madrid, mais qui reste invité par l’UE à la réunion de Union Européenne/Amérique centrale lundi 17 mai.

"La décision de nous révoquer envoie un message clair aux juges : que nous ne pouvons pas être indépendants et que nous devons nous subordonner à la hiérarchie de la Cour suprême. La mise à pieds est incompréhensible si l’on tient compte entre autres, que le Pouvoir Judiciaire lui-même a encouragé les juges à se manifester. A se manifester certes, mais uniquement en faveur du putsch", pense Flores. Un communiqué du 30 juin 2009 marqué du sceau de la Cour suprême "invitait" les "fonctionnaires et le personnel du Pouvoir Judiciaire à participer à la Marche pour la Paix au Honduras" qu’il avait lieu ce jour là à Tegucigalpa. "Ils ne peuvent pas dire que l’on ne peut pas participer à la politique et que c’est pour cela qu’ils nous ont mis à pieds, alors que c’est eux mêmes qui ont encouragé les juges à le faire en faveur des putschistes".

Un rapport du Haut Commissaire des Droits de l’Homme de l’ONU du 3 mars dernier critiquait le comportement de la Cour suprême et les processus disciplinaires contre les juges (et également sa définition du putsch vu comme "une succession constitutionnelle", tout comme l’a dénoncé l’un des juges révoqués). Il faisait remarquer que les actions du haut tribunal jetaient "le doute quant à son impartialité et son engagement dans l’État de droit" et que "les interventions postérieures de la Cour" semblaient avoir confirmé ces soupçons (en référence aux processus disciplinaires). Le rapport finissait par constater le "manque d’indépendance" de la Cour et le "grave défi" qu’il y a à supposer qu’elle rétablisse sa crédibilité et de sa légitimité.

"Juges pour la Démocratie" comprend 120 membres sur environ 600 juges présents au Honduras. "Les collègues ont une peur incroyable", affirme Flores. "La Cour a contribué à créer le climat de persécution politique qui sévit actuellement au Honduras". Les juges vont contester la décision. Face à l’échec prévisible de la présentation de ce recours devant le même tribunal, ils comptent porter l’affaire devant la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme.


Source : Kaos en la red "El fascismo no para : La Corte Suprema de Honduras expulsa a jueces críticos con el golpe de Estado"
Traduction : Primitivi

dimanche 2 mai 2010

Au Honduras le FNRP manifestait pour une nouvelle constitution et le retour de Mel.

107 zones naturelles protégées menacées par les entreprises

Au Honduras il n’y a pas que l’aspect sociale et droit de l’homme qui en prend plein la tête, l’écosystème hondurien lui aussi souffre. Durant le régime de facto deux décrets de protection ont été abrogés afin de laisser le champ libre aux entreprises d’exploitation forestière. Le gouvernement de Lobo a entériné cette réforme et s’apprête à la mettre en application.

Suivant la réforme les entreprises désirant exploiter une zone naturelle protégée peuvent avoir une licence d’exploitation sur simple acceptation du Système National d’Évaluation d’Impact Environnemental, un organisme d’État fortement décrié, soupçonné de népotisme et de corruption.

Après avoir asservi et pourchassé la population pauvre, après avoir tenté de museler résistance, syndicats et presse par des assassinats ciblés, les hommes de pouvoir hondurien mettent à sac les ressources naturelles de leur pays. Pour le plus grand plaisir des multinationales et le leur propre bourse.



Il s’agit de 107 zones protégées au Honduras, qui avec les “accommodements traditionnels politiques”, cette fois grâce à l’abrogation de deux décrets exécutifs, seraient à la merci de la prédations des exploitants forestier, y compris les entreprises thermiques et les compagnies minières.

Le Honduras dispose de 107 zones protégées, 96 d’entre elles sont reconnues, tandis que 11 sont en cours de reconnaissance. La définition officielle établit que ce sont des endroits déterminés de l’État, soumis à un cadre légal et institutionnel définis pour garantir la conservation de leurs particularités et de leurs richesses environnementales et culturelles.

Cependant, Valerio Gutiérrez qui est lié aux zones protégées, non pour promouvoir leur préservation sinon pour être responsable du Secrétariat des Ressources Naturelles et Environnementale (SERNA) durant le gouvernement de facto Roberto Micheletti Baín, il a joué un dernier "mauvais tour" il y quelques jours en laissant son poste.

Gutiérrez, est considéré comme responsable de l’abrogation de deux décrets qui interdisaient la construction de projets hydroélectriques dans les zones de réserve, en permettant grâce à cela la possibilité de privatiser les ressources en eau.

La sale manoeuvre contre les zones protégées s’est produite durant le gouvernement de facto de Micheleti, comme le dénonce la Table Nationale d’Incidence pour la Gestion de l’Irrigation (MNIGR), composée d’organisations de défense des ressources naturelles au Honduras.

La MNIGR dénonce que la source du problème se situe dans le décret 233-2010 approuvé le 22 janvier 2010, qui abroge les décrets ministériels 001-96 et 158-2009.

Dans ces deux décrets il était établi que : “Le Secrétariat des Ressources Naturelles et Environnementale s’abstiendra de donner son accord aux demandes de permis environnementaux, quelle que soit la nature du projet, contrats d’exploitation de l’eau et études de faisabilité pour des projets hydroélectriques, si ceux-ci se situent dans des zones protégées ...”

L’article 1 de l’accord 001-96, réformé par le décret 420-2009, oblige la SERNA à “s’abstenir de donner son accord aux demandes de permis environnementaux, quelle que soit la nature du projet, contrats d’exploitation de l’eau et études de faisabilité pour des projets hydroélectriques, si ceux-ci se situent dans des zones protégées dûment déclarées par une autorité compétente conformément à la loi”.

L’article 2 du même accord 00196 et 158-2009 dit que : “Les projets qui doivent se développer dans les zones d’amortissement des zones Protégées proposées ou déclarées, devront disposer du rapport favorable de la part de l’Institut de Conservation Forestière” (ICF).


Le décret qui ouvre les portes à la destruction forestière

Quelques jours avant la fin du gouvernement de facto et de son poste en tant que Secrétaire de la SERNA, Gutiérrez a approuvé le décret 233-2010, le 22 janvier 2010. Le décret a été publié dans le journal officiel La Gazette le 4 février dernier, réforme et abroge les accords 001-96 et 158-2009.

“Pour nous cette disposition qui abrogent ces deux décrets ministériels est attentatoire, maintenant nous faisons face au risque de perdre les zones protégées, face au risque que des projet soient approuvés dans ces zones et au risque de perdre la ressource vital qu’est l’eau pour l’être humain”, a indiqué face aux médias, Clarisse Vega, environnementaliste reconnue et membre de la MNIGR.

Avec les réformes et abrogations des accords, la SERNA donnerait un blanc seing aux membres du Système National d’Évaluation d’Impact Environnemental (SINEIA), une organisation que le MNIGR soupçonne d’être composée par des membres choisis suivant le bon vouloir de quelques hauts fonctionnaires de la SERNA.

“C’est une manière de favoriser une possible destruction des zones Protégées du Honduras, les zones où se trouve la majorité de l’eau que consomment les communautés rurales et urbaines du Honduras”, dit le communiqué émis par l’organisation plaignante.

“Les rivières et les bassins localisés dans des zones d’amortissement et des zones protégées peuvent maintenant être utilisés par les entreprises hydroélectriques”, affirment les plaignants.

Il est connu que derrière les projets hydriques on trouve les propriétaires des entreprises thermiques, “il suce le sang de l’État” à travers des contrats de plusieurs millions, qu’ils souscrivent avec les gouvernements successifs, pour produire au final une électricité à un coût élevé pour la population hondurienne.



Demande d’abrogation du décret et de responsabilisation de l’ex-fonctionnaire

A Porfirio Lobo Sosa, président de la République, au président du Congrès National et à Rigoberto Cuellar, responsable actuel de la SERNA, la MNIGR demande d’analyser la légitimité et les répercussions qu’aura l’application de ce décret.

Afin d’éviter l’aggravation des dommages déjà fait aux ressources forestières honduriennes, elle demande d’abroger ou de ne pas appliquer ce décret et d’imputé les responsabilités de cette affaire aux fonctionnaires qui ont ordonné la réforme des décrets.

“Cela nous remplit de rage, parce que c’est la seule chose qui reste dans le pays”, a déclaré German Casco, membre de la MNIGR, lors du dépôt de plainte.


Source : Revistazo "Áreas protegidas de Honduras a merced de las voraces térmicas y las empresas mineras"
Traduction : Primitivi