1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

vendredi 16 avril 2010

Comuniqué sur la situation dans la région de l`Aguan


Depuis samedi 10 avril 2010, les habitants des différents villages du département de Colon font face à une mobilisation militaire de l’armée et de la police sans précédent. Dans cette région, le gouvernement ne cherche aucunement à résoudre les problèmes agraires des différents groupes de paysans face aux menaces des grands propriétaires terriens Miguel Facussé Barjum et René Morales (d’origine nicaraguayenne) et Reynaldo Canales (salvadorien).

Bien que le gouvernement ait nié, via son secrétaire à l’agriculture, la mobilisation de troupes, environ 40 commandos provenant de plusieurs régions militaires du nord du pays, appuyés par des hélicoptères armés de gros calibre et par des forces paramilitaires à la solde des grands propriétaires terriens, menacent les communautés villageoises. Le département vit un état de guerre et de répression psychologique dans le cadre des futures négociations qui commenceront le 13 avril prochain entre les groupes paysans du MUCA, le gouvernement et les grands propriétaires terriens.

Le FNRP condamne les actions menées par les corps répressifs de l’état face à la mobilisation permanente des paysans.

Le Front de Résistance Populaire de San Pedro Sula, condamne énergiquement ces actes militaires qui mènent le pays vers une guerre de basse intensité, vers le terrorisme d’état que nous avons connu dans les années 80´s, et qui aujourd’hui, provoque l’intimidation, la persécution, la provocation, les menaces de morts et les assassinats de paysans, de dirigeants, de journalistes et de membres de la Résistance Populaire. Nous rendons directement responsables Porfirio Lobo, le ministre de sécurité de facto Óscar Álvarez et les grands propriétaires terriens Miguel Facussé Barjum, Reinaldo Canales et René Morales, de toute violation des droits de l’homme commise par l’armée, la police et les groupes paramilitaires.

Nous exigeons un retrait immédiat de toutes les troupes concentrées dans le département de Colon, l’arrêt de la répression contre les camaradas paysans et leurs familles, une solution immédiate à la crise agraire et la reconnaissance du droit des paysans à l’accès à la terre, l‘ouverture immédiate d’une enquête sur les différents cas de violations des droits de l’homme, la condamnation des responsables de l’assassinat des camarades paysans de la région de l’Aguan.

Enfin, nous appelons les Fronts de Résistance Populaires des autres régions à rechercher des ressources et des aliments pour nos camaradas paysans, et les organisations paysannes des autres régions à lancer un processus massif de récupération de la terre sur tout le territoire national.

11 AVRIL 2010

FRONT DE RESISTACE POPULAIRE DE LA REGION DE SAN PEDRO SULA

lundi 12 avril 2010

Billy Joya et l’opération "Trueno" contre les paysans de l’Aguán


Billy Fernando Joya Améndola dit Billy Joya

Dans le nord du Honduras, dans la région de l’Aguán le MUCA annonce que l’assassinat de Miguel Ángel Alonso fait partie de la nouvelle stratégie des propriétaires terriens Miguel Facussé, Reinaldo Canales et René Morales pour l’extermination des mouvements populaires paysans. Les latifundistes ont le soutien actif de l’armée et de la police à travers la base navale de Puerto Castilla et de la section de la Policia Nacionale Preventiva.

Les groupes paramilitaires et militaires sont entraînés au IVème bataillon d’infanterie de La Ceiba, Atlántida, sous le commandement de Billy Joya [3], dans les installations de l’Usine Exportatrice de l’Atlantique, communauté de la Quebrada de Agua, municipalité de Tocoa. Et également dans les installations du XVème bataillon, communauté de Rio Claro, municipalité de Trujillo, département de Colón.


06/04 Sabotage sur la voiture d’un membre de la résistance afin de simuler un accident.

Ricardo Salgado (photo : Vos El Soberano)

Les écrous des roue du véhicule de Ricardo Salgado, un actif membre de l’équipe d’analyse politique du Front National de Résistance Populaire, ont été déserrés. Heureusement lorsque la roue gauche de sa voiture s’est détachée Ricardo a réussi à manoeuvrer et a éviter un accident fatal. “ce n’était pas une plaisanterie de mauvais goût, c’était intentionnel” a-t-il indiqué, il a déposé plainte auprès du Comité des Parents de Détenus Disparus au Honduras (COFADEH) qui regroupe toutes les plaintes contre les putschistes afin de les présenter devant l’OEA et l’ONU. Avant cette histoire M. Salgado et son épouse avaient reçu de mystérieux appels sur leurs téléphones portables, quelques jours avant son accident un véhicule inconnu était stationné devant sa maison.


Le MUCA dénonce la militarisation de la région de l’Aguán
affiche du MUCA (photo : MUCA)

Jeudi 1er avril le XVème bataillon est arrivé sur la zone. Vendredi 2 avril 6 commandos avec 240 militaires des Forces Spéciales avancent accompagnés de deux hélicoptères étasuniens qui survolent la rive gauche de la rivière Aguán. Le MUCA a été informé qu’un bataillon a pris position à environ 200 km de Colon dans le département de Olancho plus de 200 militaires avec des armes de gros calibre et un équipement anti-émeute, selon la source militaire ce sont les mêmes qui ont exterminés un groupe de compatriotes qui comprenait le père Guadalupe Karney [4]. Ils sont en route vers Colomb pour des actions contre le MUCA.

30 policiers sont arrivés dans la municipalité de Tocoa, ils ont été repositionnés avec des éléments comprenant 100 Cobras [5] en provenance de San Pedro Sula, les paramilitaires et les mercenaires engagés par les propriétaires terriens.

Les actions d’intimidation auprès des membres du Front de Résistance et du MUCA vont croissantes, des véhicules inconnus sont stationnés près des logements des personnes impliquées dans ces mouvements et des rafales d’armes de gros calibres ont été relevées. Il y a même eu une mise à prix sur la tête de certaines personnes, ainsi que l’envoi de messages téléphoniques indiquant qu’ils vont les tuer.

Le MUCA du quartier Guadalupe Karney est sous la menace d’extermination, où il y a 48h ont été prises d’autres terres de Miguel Facussé dans le secteur de Tumbador, municipalité de Trujillo. On leur a donné 24h pour déménager.


07/04 Annonce de l’assassinat de Jose Leonel Alvarez Guerra

Jose Leonel Alvarez Guerra, 35 ans, habitant le quartier Manga Seca de Tocoa, membre du MUCA actif au sein de la coopérative paysanne La Confianza a été assassiné à son domicile. Il a été tué de 5 balles par deux individus juchés sur une moto rouge qui ont pris la fuite immédiatement après les coups de feu.


Mobilisation de la Résistance à Tegucigalpa

Le Front National de Résistance Populaire de Tegucigalpa s’est mobilisé pour empêcher que la mairie tenue par le putschiste Ricardo Alvarez ne déplace le coût financier du Coup d’État sur la population locale à l’aide d’un nouvel d’impôt inacceptable.


Le service de l’eau est un trop bon business pour Pepe Lobo

(photo : Vos El Soberano)

Le service de l’eau est un trop bon business pour Pepe Lobo de fait le Service National des Aqueducs et des Égouts (SANAA) a informé hier que malgré les pluies qui sont tombées sur la capitale il a décidé de maintenir le programme de rationnement établi pour les deux prochaines semaines. Dans le même temps Freddy Nasar, le gendre de Miguel Facussé tente d’obtenir à travers le groupe TERRA la concession du Rio Gualcarque et la construction du barrage de San Fransisco de Opalaca.


Les manifestants de Marcala sortent Rodríguez et Llorens
Manifestation dans Marcala (photo : Mirian Emanuelsson)

Le 28 mars dernier des centaines d’habitants de la municipalité de Marcala, département de La Paz, appuyé par des compagnons de la résistance du département d’Intibucá ont manifesté dans la rue. Paysans et indigènes ont marché en déclamant qu’ils ne voulaient pas des miettes des patrons mais tout le pouvoir afin de créer un Nouvel Honduras, juste et digne pour le peuple.

Fait ahurissant, le Cardinal Oscar Rodríguez, putschiste notoire, a tenté de joindre la marche mais les manifestants l’ont rejeté. Un autre personnage a tenté de rejoindre la marche et a été tout aussi fermement maintenu à l’écart : Hugo Llorens l’ambassadeur des Etats-Unis.

Le reporter Dick Emanuelsson a également rencontré M. Facussé accompagné de son petit-fils Jason qui ne comprend pas pourquoi les peuples indigènes, comme les Lencas, résistent aux projets de construction de barrages et de réservoirs que lui et Fredy Nasar veulent construire à La Paz et à Intibucá.


Sources :
Agencia Pulsar Wilfredo Reyes : “La gente prefiere morir en la tierra”
Vos El Soberano "Billy Joya y la operación "Trueno" contra campesinos del Aguán"
Vos El Soberano "Aflojan tuercas de las llantas del carro de Ricardo Salgado para simular accidente"
Vos El Soberano
Vos El Soberano "No definitivo a la concesión del Río Gualcarque y la construcción de la represa en San Francisco de Opalaca"
Vos El Soberano "URGENTE COMUNICADO MUCA : MILITARIZACIÒN DEL AGUAN"
Vos El Soberano "Porque el agua es el negocio redondo de Pepe Robo : Seguiràn los racionamientos pese a lluvias"
Vos El Soberano "Marcala en Resistencia ‘se enfrentó’ con Miguel Facussé y el Cardenal Oscar Rodríguez..."
Traduction : Primitivi

(photo : Vos El Soberano)

Notes

[1] MUCA : Mouvement Unifié des Paysans de l’Aguán.

[2] Trueno : tonnerre

[3] Billy Fernando Joya Améndola (surnommé Billy Joya), ancien membre de l’escadron de la mort hondurien Bataillon 316, était conseiller en sécurité du président de facto Roberto Micheletti après le Coup d’État de juin 2009. Voir "Le Bataillon 14+5 de Romeo Vásquez Velásquez" et http://fr.wikipedia.org/wiki/Billy_Joya

[4] Abbé James Francis « Guadalupe » Carney : Prêtre jésuite de St. Louris, Carney a commencé à travailler comme missionnaire au Honduras en 1961. l’Abbé Carney a pris le nom de « Padre Guadalupe » en l’honneur de Notre-Dame du nom. Cette relation profonde avec le pays et son peuple l’a amené à renoncer à sa citoyenneté américaine et naturalisé citoyen du Honduras en 1974. En 1983 il a disparu, son corps n’a jamais été retrouvé, des témoins disent qu’il a été capturé par l’armée hondurienne le 15 septembre 1983 [2], probablement torturé et exécuté. Voir http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Francis_Carney

[5] Cobras : les Forces Spéciales de la police


Honduras : quand l’aristocratie veut se préserver à tout prix

Jean-François Le-Dizès

Suite au coup d’État perpétré au Honduras l’an dernier et de la mobilisation contre celui-ci, j’ai séjourné deux semaines à Tegucigalpa, capitale de ce pays, vingt-et-un ans après mon premier voyage dans ce pays d’Amérique Centrale, et ce afin d’apprécier l’atmosphère sociopolitique.


Pourquoi un coup d’État ?

Depuis le début des années 1980, le Honduras connaissait un régime politique civil qui consistait en une alternance entre deux partis politiques, le Parti libéral et le Parti national. Par le biais de la corruption de la classe politique, la politique menée par l’un comme par l’autre parti a toujours été en faveur de l’aristocratie. Si bien que la pauvreté et les inégalités sont extrêmes : 70% de la population est pauvre (1), 58% des richesses sont accaparées par 20% de la population (2).

Dans ces conditions, les gens se détournaient de plus en plus de la politique. Ainsi, la participation aux élections n’a cessé de baisser aux élections présidentielles : elle est tombée de 84% en 1985 à 56% en 2005 (3). Issu de cette dernière élection, le Président Zelaya du Parti libéral a rompu avec cette politique. Il a pris différentes mesures en direction des couches populaires :

- augmentation de 42% du SMIC (4) ;
- gratuité de l’électricité pour les 62% plus pauvres (5) ;
- gratuité de l’inscription scolaire ;
- distribution de nourriture aux scolaires, de bourses aux étudiants ;
- attribution de la sécurité sociale aux domestiques et aux ouvriers du bâtiment ;
- crédits accordés aux mini-entreprises.


Cette politique fut, économiquement parlant, favorisée par le changement d’alliance en politique étrangère. Zelaya a pris ses distances avec Washington pour adhérer à l’ALBA. Ce qui a permis d’importer du Venezuela, du pétrole à bien meilleur marché qu’auparavant. Avec en plus la création d’une entreprise nationale de distribution d’essence ayant le monopole de la vente, le prix de l’essence avait nettement diminué. En outre, pour pallier au manque de médecins, des Cubains sont venus exercer ce métier au Honduras. Zelaya projetait d’importer des médicaments génériques du Brésil. Enfin, il avait décidé de pourvoir d’un terminal commercial la base aérienne militaire de Palmerola, où est notamment stationnée l’armée étasunienne.

En juin 2009, « Mel », en suivant les exemples d’Hugo Chavez au Venezuela et d’Evo Morales en Bolivie, a voulu tenter de changer la Constitution en demandant aux Honduriens, par une « consultation populaire non-contraignante », s’ils désiraient ou non l’élection d’une Assemblée constituante. C’est alors que toutes les forces conservatrices (aristocratie, multinationales, classe politique, militaires, Églises catholique et évangélique, gouvernement étasunien) ont organisé le coup d’État militaire du 28 juin. Craignant de perdre leurs privilèges liés notamment à la corruption, les députés ont approuvé, à raison de 80% des présents, ce coup d’État. La Ministre des Affaires étrangères étasunienne, Hillary Clinton, au courant des préparatifs, a laissé faire l’armée hondurienne.


Quand la corruption augmente les inégalités

Durant mon séjour, tant par mes conversations que par les informations reçues par les différents médias, j’ai été frappé par l’importance de la corruption, des détournements de fonds et des passe-droits. Deux employés de banque que j’ai rencontrés par hasard dans un café m’ont affirmé que les détournements d’argent coulaient à flot. Si, durant mon séjour, les enseignants avaient deux mois d’arriérés de paiement de salaire, c’était parce que cet argent avait été détourné par des responsables de l’administration. Autre exemple, tout l’argent prévu pour l’aménagement hydraulique de la petite ville de Sabanagrande a été détourné, et la ville, au grand dam de ses habitants, n’a pas été équipée. Une quantité (33%) des consommateurs d’électricité, et pas des moindres, sont illégalement et en toute impunité, dispensés de paiement (5). De la même façon, une personne bien placée m’a rapporté qu’aucun des grands magasins de Tegucigalpa ne payait ses impôts. Naturellement, aucun de ces cadeaux ne se fait sans contrepartie auprès des administrations concernées. L’ensemble de ces détournements de fonds, sur la période 1982-2006, est estimée à 10% du PIB (Produit Intérieur Brut) (3). S’il est arrivé que des affaires concernant la corruption ou le détournement de fonds passent devant les tribunaux, jamais un prévenu n’a été condamné pour ces motifs, la magistrature étant elle-même corrompu, m’a-t-on si souvent dit. C’est pour la même raison que la Cour Suprême a reconnu le coup d’État.
La corruption et les détournements de fonds font partie de la culture hondurienne. Aussi, leur élimination ne peut qu’être, au mieux, le résultat d’un long processus.


Une élection dans une atmosphère de chape de plomb

Le coup d’État a été l’occasion d’un réveil politique de la part de la population. En effet, dès que la population a pris connaissance de celui-ci, elle s’est mobilisée. Par exemple, le groupe de femmes de la « colonia » San Francisco de Tegucigalpa que j’ai rencontré m’ont raconté qu’elles sont allées immédiatement rejoindre la foule devant le Palais présidentiel. Telle balayeuse de terrasse de café me dit que ce coup d’État a été un mauvais coup pour les pauvres. Depuis le 28 juin, la répression est très dure. 140 militants ou manifestants ont ainsi été tués6. Un certain nombre d’entre eux, notamment des syndicalistes, sont abattus froidement en pleine rue par des escadrons de la mort. La police ne retrouvant jamais les coupables, tout laisse à penser que celle-ci ou l’armée sont les commanditaires de ces assassinats. À la colonia San Francisco, les différents affrontements entre la police et la population ont fait, depuis le 28 juin, trois morts parmi les jeunes.


Par ailleurs, 140 personnes sont inculpées « d’atteinte à la sécurité de l’État » (7). Trois d’entre elles sont déjà incarcérées (7). La responsable de la COFADEH (Comité des Familles de Détenus et de Disparus du Honduras) que j’ai rencontrée m’a expliqué qu’après leur arrestation par la police, les militants étaient torturés. Cette organisation a recensé depuis le coup d’État 3 033 violations aux Droits de l’Homme. Nombre de militants ainsi que certains journalistes reçoivent, par téléphone, des menaces de mort. Aussi, pour se protéger, les militants sont amenés à changer de quartier, de ville ou même à se réfugier à l’étranger. Par ailleurs, après le coup d’État, les chaînes de radio et de télévision opposées à ce coup ont été fermées par l’armée, qui a saccagé leur matériel. Face à toutes ces atteintes aux Droits de l’Homme, les militants défendant cette cause cherchent à faire inculper les dirigeants « golpistes » par le Tribunal Pénal International.


Et c’est dans cette atmosphère de peur qu’a eu lieu, le 29 novembre 2009, l’élection de Porfirio Lobo à la tête d’un État toujours largement influencé par l’armée. Boycottée par le Front National de la Résistance Populaire (FNPR), cette élection n’a vu que 35% des électeurs y participer (6).


La résistance au « Golpe »

Quand on se promène dans Tegucigalpa, qui est une capitale de 1 250 000 habitants8, située au milieu des montagnes à 1 000 m d’altitude, à la jonction de différents petits cours d’eau, on ne peut pas, en ce moment, ne pas remarquer la quantité d’inscriptions politiques sur les murs de la ville. Les inscriptions les plus fréquentes sont : « Fuera golpistas », « Urge Mel », « Si a l’ALBA », « Constituyente », « Patria o muerte, venceremos ». Dans le cadre du FNPR, la résistance (pacifique) s’organise. Dans les campagnes, on assiste à une lutte pour la propriété de la terre entre les « terratenientes□ » et les « sans terre », notamment dans la vallée de l’Aguan. Il faut savoir qu’au Honduras les « terratenientes » occupent 37% des terres cultivables (1), que 27% de la population rurale est sans terre et que 17% autres en ont moins d’un hectare (9). Dans la vallée de l’Aguan, suite aux mobilisations des années 70 et de la réforme agraire qui s’en suivit, des « sans terres » avaient reçu des parcelles, mais non des titres de propriété. Aujourd’hui, les « terratenientes » qui prétendent avoir acheté ces terres y cultivent des palmiers africains pour en tirer des agrocarburants. Grâce aux dessous-de-table, m’a-t-on dit, la justice leur a donné raison. Aussi, organisés au sein de « Via campesina », les 3 500 familles de presque sans terre de la vallée ont, en décembre 2009, occupé les latifundia. Depuis, il y eut de nombreux affrontements entre d’une part les « sans terre » et d’autre part la police nationale, les militaires et les polices privées. Trois paysans ont ainsi été tués. Au moment où j’ai rencontré des délégués de ce mouvement qui venaient d’être reçus à la Présidence de la République, 80 autres venaient d’être arrêtés. Mais les latifundia étaient toujours occupés.


La résistance s’exprime aussi dans des manifestations de rue comme celle que j’ai vue le 25 février. C’était la première du FNRP depuis celle du 27 janvier qui avait accompagné « Mel » à l’aéroport pour son départ de l’ambassade du Brésil de Tegucigalpa pour son exil en République Dominicaine. La présence, ce jour-ci, de 400 000 manifestants10 a montré que la population n’a pas accepté le coup d’État et l’expulsion de son président renversé. Toutes les conversations que j’ai pu avoir dans les cafés avec les Honduriens vont dans ce même sens.


À la manifestation du 25 février, il y avait, certes, beaucoup moins de monde (15 à 20 000 manifestants) que le 27 janvier, mais le dynamisme était de la partie. Au début, il fut rappelé la liste des martyres résultant du coup d’État. Parmi les slogans, on entendait « El pueblo unido jamas sera vencido », « Los militares sirven a nada », « Las luchas de hoy, el futuro del hombre ». D’autres dénonçaient l’impunité dont bénéficient les « golpistes », auteurs de crime, et ce grâce à l’adoption d’une loi d’amnistie. Des pancartes réclamaient des salaires dignes, dénonçaient les licenciements massifs et l’impérialisme étasunien.


Les premiers objectifs du FNRP, qui est un front large, sont le départ des « golpistes » et la formation d’une assemblée constituante. Les différentes critiques que j’ai entendues à l’égard de l’actuelle Constitution, de la bouche de personnes se réclamant du Front de la Résistance sont :

- le Président de la République ne peut être réélu. Il peut donc négliger ses électeurs ;
- la présence de troupes étrangères (étasunienne) est autorisée
- la Constitution défend les « terratenientes »

Au sein du FNRP il existe une tendance à vouloir, à partir de la société civile, créer, à l’image des Zapatistes du Chiapas, un État parallèle à celui existant.


À la pression intérieure exercée par la Résistance, s’ajoute la pression extérieure émanant des gouvernements des pays d’Amérique latine et des Caraïbes. Ainsi, le Honduras a été exclu du sommet de Cancun réunissant en février 2010 l’ensemble de ces gouvernements. L’arrivée clandestine de Manuel Zelaya à l’ambassade du Brésil a été une autre preuve de l’opposition de ces pays au « golpe ».


Face à ces pressions, les « golpistes » sont obligés de lâcher du lest. Ainsi, suite à des manifestations contre la privatisation du barrage hydroélectrique de Nacaome, les députés ont dû se déjuger en votant son maintien dans le secteur public. Aujourd’hui, « radio globo » et « canal 36 », médias d’opposition, ont pu reprendre du service. Le gouvernement annonce différentes mesures sociales : aide aux chefs de famille femmes ayant une micro-entreprise, rétablissement de la gratuité de l’inscription scolaire que les « golpistes » avaient supprimée.


Une pauvreté qui ne diminue pas

Durant mon séjour, la pauvreté m’est apparue tout aussi importante que lors de mon voyage de 1989. Le Honduras est en effet le troisième pays plus pauvre du continent, après Haïti et le Nicaragua (11). Les petits vendeurs de rues abondent. La sous-alimentation et la malnutrition sont très présentes. C’est ce que m’ont expliqué notamment les femmes de la colonia San Francisco. Selon la FAO, 15 personnes meurent chaque jour de faim au Honduras. Aussi bien les femmes de la vallée de l’Aguan que certaines de celles de San Francisco m’ont informé qu’elles n’avaient pas chez elle l’eau courante. Cette pauvreté pousse à l’exode rural vers les colonias des villes ou vers l’étranger, notamment vers les États-Unis. Les familles qui choisissent Tegucigalpa comme lieu d’immigration doivent squatter un bout de terre sur les versants des montagnes qui entourent la ville. Pour celles qui ont édifié la colonia San Francisco, la reconnaissance de leur installation par les autorités n’a été que le résultat d’une longue lutte d’une dizaine d’années, qui a été marquée par leur expulsion par la police à plusieurs reprises. Les Honduriens qui choisissent les États-Unis risquent à tout moment l’expulsion de ce pays. Alors qu’ils sont 7,1 million au Honduras (2), les Honduriens sont 600 000 sans papiers aux États-Unis (5). En 2009, 48 630 d’entre eux s’en sont fait expulser (5). Quelqu’un m’a rapporté le cas d’un Hondurien qui s’est fait expulser après 10 ans de séjour dans ce même pays !


Une éducation à la traîne de l’Amérique Centrale

Les enfants sont loin d’être tous scolarisés. Dans certaines régions, il n’y a pas d’école. Les paysannes de la vallée de l’Aguan m’ont affirmé qu’il n’y en avait pas chez elles. En outre, l’uniforme, les livres et les cahiers sont à la charge des familles. Les femmes de San Francisco m’ont informé qu’un certain nombre d’enfants de leur colonia n’allaient pas à l’école car leurs parents ne pouvaient payer de telles charges. Le travail des enfants, qui touche 39% de ceux-ci (2), contribue également à la déscolarisation. Aussi, la fréquentation scolaire est basse : 79%2, alors que dans les six autres pays d’Amérique Centrale elle est comprise entre 90 et 99% (2). En outre, le système scolaire est dual : d’un côté, les écoles publiques qui n’offrent que 100 jours de cours par an dans des classes dont les effectifs peuvent atteindre 55 ; de l’autre côté des écoles privées qui offrent le double de jours de cours dans l’année. Si, dans les universités, la division est la même, très peu de personnes accèdent à ce niveau : seulement 2% d’une classe d’âge, m’a-t-on rapporté, y accèdent. On m’a parlé, ici aussi, d’une certaine corruption de l’administration universitaire pour l’obtention des diplômes. Et de toutes les façons, l’aristocratie se transmet ses places de génération en génération.


Si, durant mes nombreuses promenades dans Tegucigalpa, je n’ai vu aucune bibliothèque, j’ai en revanche rencontré plusieurs librairies comme je n’en avais jamais rencontrées dans l’ensemble de l’Amérique centrale 21 ans auparavant. En revanche, la presse, qui, à l’époque avait une forte coloration de gauche, est devenue très conformiste.


Parce que nombre d’adulte sont analphabètes, le Président Zelaya avait dans ses projets le lancement d’une campagne d’alphabétisation.


La santé pour les riches

Tant les femmes de la vallée de l’Aduan que celles de la colonia San Francisco se sont plaint de l’absence de lieux de soins publics gratuits à leur proximité. S’il existe, par endroits, des hôpitaux et des centres de santé où les soins sont gratuits, les médicaments sont payants et l’équipement est rudimentaire. Et comme bon nombre de personnes ne peuvent payer les médicaments… Par ailleurs, seulement une minorité de personnes bénéficient de la sécurité sociale : la quinzaine de pourcents de familles dont le chef est salarié. Aussi, le médecin, ancien candidat à l’élection présidentielle, que j’ai rencontré, regrette que les Honduriens abandonnent complètement leur médecine traditionnelle basée sur les plantes. En outre, il m’a expliqué que, si des hôpitaux ne sont pas pourvus de tel ou tel autre équipement, c’est pour inciter les patients d’aller dans le secteur privé qui en est pourvu, les propriétaires de celui-ci corrompant les administrations des hôpitaux pour qu’ils ne s’en procurent pas. Aussi, selon lui, seules les personnes pouvant se payer tous leurs soins dans le secteur privé, soit environ 5% de la population, sont véritablement bien soignées. Cependant, le taux de mortalité infantile du Honduras (20‰ (2)) est, en comparaison avec les six autres pays d’Amérique Centrale (21‰ en moyenne (2)), moyen.


Les problèmes d’alimentation dont souffrent les Honduriens et qui gangrènent leur santé est en partie le résultat d’une forte poussée démographique. En effet, de 1930 à aujourd’hui, la population est passée de 860 00012 à 7,1 millions (2) ! Aujourd’hui, le taux de fécondité reste assez élevé. Il est de 3,32 contre 2,92 à la moyenne des six autres pays centre-américains. Si la contraception est autorisée, il y a pénurie de médicament. Par exemple, les femmes de la vallée de l’Aduan m’ont dit qu’il n’y en avait pas chez elles. Et même quand les femmes en ont à leur disposition, souvent le poids moral de l’Église les empêche de les utiliser.


Un mouvement de femmes très impliqué dans la résistance

Alors qu’elles n’ont le droit d’hériter que depuis quelques décennies, qu’elles n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1955, les femmes honduriennes me sont apparues très impliquées dans le Front de la Résistance. À la manifestation du 25 février, la banderole d’un de leurs mouvements revendiquait le rétablissement de l’autorisation de la pilule du lendemain supprimée par les « golpistes, le droit à l’avortement et l’éducation sexuelle. Constamment de mèche avec l’Église catholique, les « golpistes » ont également supprimé l’Institut National de la Femme.


Un des grands problèmes dont m’ont fait part le groupe de la colonia San Francisco est la violence conjugale. Les séparations que celle-ci provoque, les naissances non-désirées et le fait que de nombreux hommes n’assument pas leur paternité font que les chefs de famille femmes sont très nombreuses et se retrouvent donc souvent avec de faibles ressources.


Un souci écologique réduit

Si les problèmes environnementaux ne sont pas actuellement le premier souci des Honduriens, il existe, ici ou là, des mobilisations concernant ces questions : contre la pollution des eaux provoquée par les exploitations de mines d’or et d’argent, contre la construction d’un barrage hydroélectrique, qui expulserait nombre d’habitants. Mais, à Tegucigalpa, le problème écologique le plus important est celui de la fourniture d’eau en période de saison sèche. Les autorités n’ayant pas anticipé l’accroissement de la ville, nombre de quartiers se retrouvent à sec et leurs habitants sont obligés de se fournir auprès de livreurs privés qui amènent ce liquide par camion citerne et en profitent pour demander des prix prohibitifs. Ainsi, certaines femmes de la colonia San Francisco m’ont assuré que, compte tenu de leurs revenus, elles devaient choisir entre manger et boire.


Depuis mon dernier passage à Tegucigalpa, la circulation automobile, dans des rues pas toujours goudronnées, s’est beaucoup accrue. En effet, cette capitale, qui regroupe une bonne partie de la bourgeoisie hondurienne, a vu son nombre de voitures particulières beaucoup augmenter. Par ailleurs, les taxis individuels ont proliféré, au détriment des taxis collectifs. Handicapée par sa topographie, la ville ne possède aucun transport sur rail. Aussi, compte tenu des importants embouteillages, il est projeté d’établir, comme à Londres, un péage à l’entrée de la ville.


L’apparition du crime organisé

Depuis mon dernier passage au Honduras, la sécurité s’est nettement dégradée. Les femmes de la colonia San Francisco se sont plaintes à moi de la violence qui règne dans leur quartier. Presque tous les magasins de Tegucigalpa sont gardés à leur entrée par un policier privé muni d’un fusil, prés à tirer. Les épiceries de quartier ne servent qu’au travers une petite ouverture au sein d’une grille qui ferme la boutique. Les lotissements bourgeois ont leur entrée, soit gardée, soit fermée par des grilles. Le soir, dès que la nuit tombe, tous les commerces et les services ferment. Durant mon séjour, pour des raisons de sécurité, un centre de santé de Tegucigalpa a fermé ses portes, son gardien ayant été abattu. Le Honduras est, avec le Venezuela le pays d’Amérique Latine ayant le plus haut taux d’assassinat : 58 par an pour 100 000 habitants5.


La persistance de la pauvreté, l’absence tant d’ascenseur sociale que de débouchés sociaux-politiques ne peuvent que faire le lit de la délinquance, qui, au Honduras, prend, entre autres, la forme de crimes organisés. Il n’y a pas un seul jour où la presse ne parle d’assassinats perpétrés par les « maras ». Ces jeunes grand-délinquants seraient une vingtaine de milliers (13).



Notes:

1 « 135 dias que estremecieron a Honduras », œuvre dirigée par Mario Mencia Gamera, Tegucigalpa

2 UNICEF

3 Revue « Envío Honduras » Tegucigalpa

4 Correo de Orinoco

5 Le quotidien « La Tribuna » Tegucigalpa

6 Le mensuel « El Libertador » Tegucigalpa

7 Comité des Familles de Détenus et de Disparus du Honduras

8 Wikipédia

9 Via campesina Honduras

10 FNPR

11 « El Tornillo sin fin », organe du Front de résistance estudiantin

12 « Le Honduras, difficile émergence d’une nation, d’un État » d’André-Marcel d’Ans. Éditions Karthala 1997

13 « Maras, pandillas y desviación social » de Gustavo Sánchez Velásquez. Éditions Dunken, Buenos Aires, 2008



Source: Alter autogestion
Source

mercredi 7 avril 2010

Nous sommes en deuil.


Le Front de Résistance Populaire pleure profondément la mort du camarade Miguel Alonso Oliva, membre actif du Mouvement Uni des Paysans de l’Aguán et membre de la Résistance Populaire.


Le camarade Miguel a été assassiné par des tueurs au service de René Morales, propriétaire terrien d’origine nicaraguayenne, qui avec Miguel Facussé et Reinaldo Canáles, mènent une campagne de terreur contre les familles de paysans de la région du « Bajo Aguán ».


Ce crime a lieu au moment même où le régime de facto avec à sa tête Porfirio Lobo, prétend faire croire à la communauté internationale qu’il démarre un processus de dialogue avec les paysans. Nous appelons la communauté internationale à condamner cet assassinat et à exiger l’arrêt immédiat de la répression.


Les mouvements paysans, les organisations populaires à travers tout le pays et le FNRP réaffirment leur volonté inébranlable de refondre le pays pour éliminer les injustices et punir l’oligarchie des crimes qu’elle commet contre notre peuple.


Miguel Alonso Oliva presente!

Vive la lutte héroïque du mouvement paysan!

Nous résistions et nous vaincrons!

Tegucigalpa le 24 mars 2010.


mardi 6 avril 2010

Au Honduras, la normalisation par la guerre sale.

Depuis la farce électorale du 29 novembre 2009 destinée à blanchir le coup d’Etat militaire du 28 juin contre le président Manuel Zelaya, la « médiacratie » a bien fait les choses : avec la bénédiction des Etats-unis et de l’Europe, le Honduras aurait retrouvé la démocratie.

Or, voilà que les masques du prétendu « gouvernement de réconciliation nationale » tombent. Comme dans les années 1980, le pouvoir a entrepris une campagne de liquidation sélective des militants et dirigeants du Front national de résistance populaire (FNRP), à travers des escadrons de la mort qui sévissent en toute impunité. Le 23 mars, le professeur Manuel Flores a été abattu dans son établissement, San José de Pedregal, devant ses élèves et collègues. Dirigeant syndical du Collège des professeurs de l’enseignement secondaire, il était également membre du Parti socialiste centraméricain. Le 26 mars, des journalistes du Canal 4 de Juticalpa, Ballardo Mairena et Manuel Juarez, ont été criblés de balles par des hommes armés qui leur avaient tendu une embuscade. Ces deux morts s’ajoutent aux cinq journalistes assassinés en quelques mois par le régime du président Porfirio Lobo.

Le 25 mars, onze dirigeants syndicaux de l’Enseignement supérieur de l’Université nationale autonome du Honduras (UNAH) ont été arrêtés, ligotés et enchaînés comme des malfrats. Dans le département d’Atlantidá, cinq paysans ont été abattus depuis le début de l’année, dont José Antonio Cardoza et José Carias, du Mouvement unifié des paysans d’Aguán (Muca). Le défenseur de la forêt, Francisco Castillo, a également été liquidé.

La haut-commissaire aux droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU), Mme Naty Pillay, a demandé le 15 mars que s’ouvre une enquête sur « les cas de violations du droit à la vie, torture, arrestations arbitraires et viols » au Honduras.

Le coup d’Etat préventif du 28 juin 2009 était bien un avertissement à tous les peuples d’Amérique latine, une tentative de coup d’arrêt, d’intimidation envers l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), et visait à refaire du Honduras le gendarme américain en Amérique centrale.

Renforcée, plurielle, inventive, non-violente, l’opposition hondurienne, rassemblée au sein du FNPR, ne désarme pas. Elle va entreprendre, d’avril à juin, une grande consultation nationale pour recueillir les signatures de 30 % des électeurs en vue d’exiger une Assemblée constituante débouchant sur la refondation du pays, par l’élaboration d’une constitution ayant désormais pour garant le peuple et non l’armée et l’oligarchie.

L’Union européenne se tait ; elle a repris tant ses relations avec Tegucigalpa que les négociations commerciales avec l’ensemble de l’Amérique centrale – dont fait partie le Honduras – pour signer en mai prochain un traité de libre commerce.


urgence, encore un assassinat hier et un assaut imminent contre les paysans de l’Aguán.

(fichier audio inclus)

vendredi 2 avril 2010, par Primitivi

Hier, jeudi 1er avril, un jeune paysan a été tué par les gardes privés des latifundistes. Dans le même temps l’armée et la police, soutenues par les gardes privés armés sont entrain de se regrouper pour donner l’assaut aux différentes coopératives paysannes situées sur la rive sud du Rio Aguán.

Il est urgent de diffuser ces informations et qu’un mouvement de pression se mette en place sur le Honduras. Ce à quoi nous assistons est au moins aussi terrible que la dictature de Pinochet ou de la junte militaire argentine. L’oligarchie hondurienne est entrain de massacrer peu à peu toute la population hondurienne qui n’est pas encline à subir son pouvoir féodal.

(Image : Muca, Voselsoberano)

Ce matin un paysan membre du Muca a été assassiné

FIAN Honduras (First Information and Action Network) Organisation Internationale des Droits de l’Homme pour le Droit à se Nourrir

Communiqué

Aujourd’hui à 6:00 heure du matin le jeune Miguel Alonso Oliva, 22 ans a été assassiné avec une arme à feu par un agent de sécurité de l’une des plantations de palmiers africains dans la Vallée de l’Aguán, quand son groupe membre du Mouvement Paysan Unifié de l’Aguán (MUCA) était entrain de récupérer les terres de la propriété Bolero, possession de René Morales.

En ce moment même la population paysanne de la Vallée de l’Aguán vit sous une forte tension provoquée par la mobilisation de militaires, de policiers et d’agents de sécurité [NDT : paramilitaires ?] engagés par les grands entrepreneurs opposés au MUCA dans ce conflit pour les terres [1].

Conformément à l’information obtenue jusqu’à présent, les paysans craignent que la mobilisation de militaires, de policiers et de gardes armés soit le signe de l’intention de reprendre les terres récupérées sur la rive gauche du Río Aguán. Les coopératives paysannes menacées sont : Suyapa del Aguán, Guanchías, Buenos Amigos, Remolino, Despertar, Trinidad, San Esteban, Quebrada Honda, Paso Aguán, El Plantel, Islas 1 & 2, Marañones et Bolero.

Nous requérons la présence du Ministère des Droits de l’Homme afin qu’il ouvre des enquêtes sur les exactions récentes et qu’ils prennent les décisions légales appropriées pour punir les coupables. Que ce même ministère maintienne une présence dans la région tant que les mouvements armés existent afin d’éviter de plus grands malheurs.

Fian Honduras demande à la communauté internationale et aux organisations des Droits de l’Homme de réagir à ces exactions criminelles qui viennent s’ajouter à celles qui ont été récemment constatées lors de ce conflit agraire et d’obliger le gouvernement de Porfirio Lobo afin que ses forces armées (armée et police) veillent au respect des lois nationales et internationales et non à l’application de la volonté des entrepreneurs de cette région.

Tegucigalpa le 1er avril 2010

Gilberto Ríos, Secrétaire Exécutif, Fian Honduras

Des gardes privés assassinent un paysan lors d’une récupération de terres

Comité des Parents de Détenus Disparus au Honduras (COFADEH) Jeudi 1er avril 2010

Le COFADEH lance un appel urgent à la communauté internationale face aux nouveaux actes de violence perpétrés dans la région de l’Aguán, ce jeudi 1er avril :

1.- Nous condamnons l’assassinat du jeune Miguel Alonso Oliva 22 ans, qui a été assassiné par des agents de sécurité quand le Mouvement paysanne Unifié de l’Aguán (MUCA) était entrain de récupérer des terres dans la propriété Bolero, qui sont illégalement en possession du propriétaire terrien René Morales.

2.- Dans le même temps nous condamnons le manque d’actions rapides du gouvernement de Porfirio Lobo Sosa afin de résoudre le conflit de terres du Bajo Aguán. Gouvernement qui se montre très favorable et très laxiste avec les propriétaires terriens qui sont illégalement en possession de terres appartenant à l’État et qui doivent être immédiatement remises aux paysans, comme le stipule la Loi.

3.- Nous sollicitons en urgence la communauté internationale pour faire pression sur le gouvernement de Lobo afin d’en finir avec cette situation instable et difficile contre les femmes, les hommes et les enfants qui sont terrorisés aussi bien par les agents de sécurité des latifundistes Miguel Facussé, René Morales et Reinaldo Canales, que par l’armée et la police, tous fortement armés et qui sont entrain de se renforcer avec l’intention de déloger les paysans qui ont récupéré les terres sur la rive gauche de la rivière Aguán, où se trouvent les coopératives Suyapa del Aguán, Guanchías, Buenos Amigos, Remolino, Despertar, Trinidad, San Esteban, Quebrada Honda, Paso Aguán, El Plantel, Islas 1 & 2, Marañón et Bolero.

4.- Nous nous déclarons solidaires de la famille du jeune Miguel Alonso Oliva, qui est veillé dans la communauté Guadalupe Carney, à Silín, Colón, où des dizaines de compagnons sont venus accompagner ses parents.

5.- Le Cofadeh a reçu une information non confirmée à propos d’autres crimes commis par les agents de sécurité, ce qui montre l’urgence qu’il y a à agir et à résoudre ce conflit afin d’éviter que le sang coule plus longtemps et que la famille hondurienne se retrouve définitivement divisée.


Sources :
Vos El Soberano "En la mañana de hoy fue asesinado campesino miembro de MUCA (+ Audio)"
Prensa Rural "Honduras : Guardias privados asesinan a campesino en toma de tierras"
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Pour rappel : les terres que le MUCA tente de reprendre n’appartiennent pas aux grands propriétaires, ce sont des terres appartenant à l’Etat hondurien dont une loi passée en 2009 attribue l’usufruit aux paysans afin de produire de la nourriture. Suite au putsch les latifundistes se sont attribués ces terrains alors qu’ils n’ont aucun droit dessus.


Honduras, cinq journalistes assassinés en un mois, où sont les gros titres ?

Honduras: la guerre sale

Jean Ortiz

Le gouvernement illégitime de la marionnette Porfirio Lobo, issu du coup d'Etat du 28 juin 2009 et de la farce électorale du 29 novembre dernier, sous couvert de "démocratie" supposément restaurée, a entrepris une campagne de liquidation sélective des militants et dirigeants du Front national de résistance populaire, qui menace un gouvernement faible.



Depuis le début de 2010, cinq journalistes ont été assassinés, motivant la protestation de la Commission interaméricaine des droits de l'homme, qui considère le pays comme le plus violent de la zone. La semaine dernière, le professeur Joe Manuel Flores a été abattu dans son collège El Pedregal (Tegucigalpa), devant ses élèves, et en toute impunité, par un groupe para-militaire. Cinq paysans, il y trois semaines environ, étaient tombés sous les balles de tueurs à Aguan (Département de Colon). La semaine dernière encore, les dirigeants syndicaux de l'enseignement supérieur du SITRAUNAH, ont été arrêtés; ligotés et enchaînés comme de vulgaires délinquants, puis emprisonnés. Et l'Université fermée. Une grande manifestation de protestation rassembla des milliers de personnes le 25 mars. La semaine dernière, toujours et encore, deux journalistes du Canal 4 de télé de Juticalpa ont été criblés de soixante balles. Toutes ces victimes étaient membres de la Résistance.

Le coup d'Etat du 28 juin était bien destiné à donner un coup d'arrêt à l'ALBA, un avertissement à tous les mouvements populaires d'Amérique latine, et à refaire du Honduras, comme dans les années 1980, le gendarme de l'Amérique centrale. Le président ZELAYA fut renversé parce qu'il mettait en péril l'ordre néo-libéral et les privilèges d'une oligarchie richissime. N'avait-il pas, en janvier 2009, augmenté le salaire minimum de 160 à 275 dollars? Refusé de privatiser l'eau et noué des accords avec le mouvement populaire. La "quatrième urne" proposée pour consulter le peuple (le 28 juin) sur la nécessité d'une Constituante, fit crier militaires, tous les médias, politiciens corrompus et grands propriétaires, au "chavisme"!!! Elle n'était que consultative...Mais le prétexte était trouvé. Pas question de laisser se rebâtir un pays instable, verrouillé, et aux injustices abyssales.

Depuis juin, chaque jour qui passe, éclaire la participation du Pentagone, du "complexe militaro-industriel", de la CIA, de l'homme de tous les coups tordus, l'ambassadeur américain Negroponte, des contre-révolutionnaires cubains, dans un "golpe" "préventif". Depuis, les manoeuvres se multiplient pour blanchir le « golpe »: élections du 29 novembre avec environ 30% de votants selon la Résistance, constitution d'un gouvernement "d'intégration" (qui n'intègre que les putschistes et leurs amis), projet d'installation d'une autre base militaire nord-américaine en Mosquitia, dans une zone pétrolière...L'armée est dans toutes les institutions... Et silence médiatique du "Monde", de "El Pais" etc, après leur campagne estivale de mensonges...

Paradoxalement, le "golpe" a stimulé un mouvement populaire devenu puissant et permis de dépasser les clivages entre mouvements sociaux et politiques opposés au régime. Le Front national de résistance populaire fonctionne horizontalement, est composé d'organisations indépendantes et très hétérogènes, mais articulées, créatives, ayant essaimé dans tout le pays. Il se fixe désormais comme principal objectif, selon l'une de ses figures emblématiques, Carlos H. REYES, la refondation du pays à travers un processus constituant. D'avril à juin, il organisera une consultation populaire pour une Constituante, et compte recueillir 30% de signatures.

Pendant ce temps, le Parlement européen, bavard sur Cuba, se tait sur le Honduras et l'Union Européenne s'apprête à boucler, le 27 avril, un Traité de libre commerce prédateur avec l'Amérique centrale. Depuis l'ouverture des frontières et le "libre commerce" imposé par les Etats-Unis, il ne reste plus au Honduras que 2000 producteurs de riz sur 25.000. Le riz, transgénique, doit désormais être importé du Nord. Washington et l'Union européenne contribuent plus que jamais au pillage de l'Amérique centrale.



Edité par T 34 - 01 Apr 2010 à 16:01

Honduras : violence du régime, appel international pour que cessent les exactions.

(fichier audio inclus)

jeudi 1er avril 2010, par Primitivi

Le collectif Voselsoberano lance ici un appel à la communauté internationale et aux médias du monde entier afin de relayer les différentes informations qui émanent du Honduras et de ne pas passer sous silence les multiples assassinats qui ont actuellement lieux.

Nous reproduisons également la dernière dépêche de l’Agence Pulsar qui fait état du 5ème journaliste assassiné au cours du mois de mars. La situation hondurienne est critique.

Face à la vague d’assassinats sélectifs entrepris par le régime

Le Collectif Voselsoberano condamne énergiquement la vague d’assassinats sélectifs entrepris par le régime, les plus récents étant ceux des compagnons José Manuel Flores, Francisco Castillo, José Antonio Cardoza, José Carías y Nahun Palacios assassinés au cours des dix derniers jours.

S’ajoutent à cela une vague de massacres et de crimes, produit de la politiques “de nettoyage social” menée par le régime et ses forces criminelles.

Dans le cas du compagnon José Manuel Flores, il a été un professeur actif, un dirigeant et un homme politique, membre du Parti Socialiste d’Amérique centrale (PSOCA) et membre détaché du Front National de Résistance Populaire.

Le compagnon Francisco Castillo a été un militant du Front de Résistance et un proche collaborateur du Père Tamayo [1]. José Antonio Cardoza et José Carías étaient des paysans appartenant au Mouvement Unifié des Paysans de l’Aguán, Nahun Palacios était un communicateur social qui a dénoncé l’oligarchie, spécialement la situation de la Vallée de l’Aguán et l’implication de Miguel Facussé.

Nous exigeons que la violence contre notre peuple s’arrête et nous en appelons à la communauté internationale pour qu’elle condamnent la répression qu’a déchaîné le régime dirigé par Porfirio Lobo.

Nous lançons un appel vers les médias nationaux et internationaux pour dénoncer la vague répressive du régime.

Aux parents et aux amis des martyrs de notre lutte nous exprimons le témoignage de nos sentiments d’indignation et de douleur.

Tegucigalpa le 24 mars 2010.

Nous reproduisons ensuite la dernière dépêche sur le Honduras provenant de l’agence Pulsar (fichier audio inclus)

Encore deux journalistes assassinés au Honduras

Les journalistes José Bayardo Mairena Ramírez et Manuel Juárez ont été assassinés vendredi dernier dans le département d’Olancho. 5 journalistes ont été assassinés durant le mois de mars.

Mairena Ramírez et Juárez ont été interceptés et criblés de balles par plusieurs hommes armés à environ 5 kilomètres de Juticalpa.

Courant mars à ces assassinats s’ajoutent ceux du journaliste et membre de la Résistance hondurienne, Nahún Palacios [2], celui de David Meza Montecinos et celui de Joseph Ochoa.

Devant cette situation, la Plate-forme des Droits de l’Homme a condamné ces crimes et elle considère qu’au Honduras se déroule une "stratégie de terreur, d’immobilisation et de persécution des adversaires du Coup d’État et du gouvernement de facto".

La semaine dernière, a été également assassiné José Manuel Flores, professeur et membre de la Résistance.

Suite à cet assassinat Bertha Oliva, coordinatrice générale du Comité des Parents de Détenus Disparus au Honduras (COFADEH), a affirmé qu’un "plan d’extermination" a été activé au Honduras.

La même semaine, un autre membre du Front de Résistance Populaire, Alexander Antonio Herrera, a été victime d’une tentative d’homicide quand des inconnues lui ont tiré dessus après qu’il soit sorti sur le porche de sa maison.

Herrera a réussi à échapper aux coups de feu en se jetant au sol. A la suite de quoi ses agresseurs ont commencé à tirer sur la maison elle-même, sans aucune considération pour les 8 enfants présents à l’intérieur. Il n’y a eu heureusement aucun décès à déplorer suite à cet attentat.

En février 3 assassinats avaient été commis sous la gouvernance de Porfirio Lobo président du pays depuis fin janvier. La Résistance dénonce également que 254 violations des Droits de l’Homme ont été enregistrées moins d’un mois après la passation de pouvoir.

Sources :
Vos El Soberano "Ante la ola de asesinatos selectivos emprendidos por el régimen"
Agencia Pulsar "Otros dos periodistas asesinados en Honduras"
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Voir "Le gouvernement de fait hondurien confirme qu’il révoquera la naturalisation du père Tamayo" et aussi "Père Jose Andrès TAMAYO CORTEZ, un prêtre que rien n’arrête"

[2] A l’assassinat de Palacios s’ajoute celui de la doctoresse Yorleny Yadira Sánchez Rivas agée de 33 ans qui avait été blessée durant la fusillade. "Muere doctora herida en crimen de periodista Nahún Palacios"

“les palmiers nous ont sauvés des balles”

LES PALMIERS NOUS ONT SAUVES DES BALLES

Radio Progreso, une des figures radiophoniques de la résistance, rapporte sur son blog le témoignage des femmes de la communauté de La Concepción, région du Bajo Aguán. Communauté chassée des terres en friche que le gouvernement de Zelaya lui avait mis à disposition en 2009. Après putsch de juin 2009 les latifundistes ont chassé les paysans pauvres de ces terres en friche qu’ils déclarent leur appartenir (NB : les latifundistes n’ont aucun titre de propriété sur ces terrains qui appartiennent à l’État).

Suite à cela les familles de la communauté de La Concepción ont décidé de s’installer dans la palmeraie de Miguel Facussé, un des latifundiste. Celui-ci a réagit en leur envoyant ses gardes privés et la police pour les déloger par la force, tirs à balles réelles, disparitions et assassinats sont l’arsenal répressif utilisé [1], mais les familles résistent car elles n’ont pas le choix.

“Nous sommes menacés par les agents de Mr Miguel Facussé et par les policiers” dit Lidia Ramos, tandis qu’elle se rappelle la triste journée du vendredi 12 février [2], quand plusieurs agents de sécurité et policiers envoyés par l’entrepreneur Miguel Facussé ont tiré contre les familles qui étaient installées dans la palmeraie de palmier africain La Concepción à Tocoa, province de Colomb [3].

“Ils ont tiré comme des fous. Nous avons couru avec les enfants pour nous couvrir derrière des palmiers. Mais nous restons ici, nous appuyons nos époux et nous luttons pour qu’un jour nos enfants vivent mieux que nous, nous le faisons pour eux, pour leur avenir”, ajoute Lidia.

Ce jour-là Margarito Peralta a été blessé, il est en phase de convalescence nous indique son épouse Marie Sonia, une autre des femmes qui appuie la lutte pour la terre dans cette région.

Selon les conversations avec différentes femmes, il y a 150 familles qui campent à cet endroit et les femmes se sont organisées pour trouver de la nourriture, pour prendre soin des enfants et les soutenir à l’école. Elles se chargent également de chercher l’eau pour cuisiner dans les fourneaux improvisés et sur des tables faites en feuilles de palmier.

Les enfants aident à chercher du bois sec pour allumer le feu, font la vaiselle et les commissions. “La vie dans la palmeraie est difficile, mais nous sommes là parce que nous n’avons pas de terres à cultiver. Nous sommes dans une situation de grande pauvreté, il y a des jours où nous mangeons, et d’autres jours non, nous devons résister à la faim” nous dit-elle, tandis qu’elle nous montre les lits, les tables et les chaises faites avec feuilles de palmier et d’agaves.

“Regardez nos cabanes, nous nous couchons là sur ces feuilles vertes et dures, nous ne dormons pas tranquilles et devons être vigilantes car nous avons été menacés et craignons pour notre vie, celle de nos époux et des nombreux enfants qui sont là”, dit Maribel Martínez, responsable de la nourriture pour le campement.

Pourtant, les femmes de La Concepción, ont l’espoir que ce cauchemar finisse un jour et que leurs enfants puissent avoir un meilleur avenir sur les terres où ils sont nés. Elles remercient pour leur solidarité les différentes organisations et personnes qui croient à la lutte qui se déroule ici et les soutiennent en fournissant des aliments.

Depuis décembre dernier les centaines de familles organisées dans le Mouvement Paysan de l’Aguán, ont décidé de former 28 coopératives paysannes pour la mise en place d’une réforme agraire.


Geste de solidarité : [4]

Les familles de l’Aguán ont besoin de nourriture, d’abris et de matériaux pour leurs maisons, de médicaments, de vêtements, de matelas, de récipients pour cuisiner et manger.


Source : Radio Progreso Mujeres campesinas del Bajo Aguán : “las palmas nos salvaron de las balas”
Traduction : Primitivi

Notes

[1] Voir l’article "Région de l’Aguán, ouvriers agricoles et journalistes semblent des cibles privilégiées"

[2] Voir les articles, listés dans l’ordre chronologique :
11 janvier 2010 "L’armée expulse les paysans pour donner des terres aux latifundistes"
21 janvier 2010 "L’armée et la police délogent des centaines de paysans qui réclament des terres volées par les responsables du coup d’état"
19 février 2010 "Les palmiers ensanglantés (interview)"

[3] Miguel Facussé cultive les palmiers à huile pour l’export, cette culture très gourmande en engrais et pesticides tue la terre. Les employés de la palmeraie sont traités de manière quasi féodale, la loi de 2009 avait permis de rééquilibrer la situation en attribuant les terres en friche appartenant à l’Etat aux petits paysans, leur permettant de subvenir à leur autonomie alimentaire. Mais depuis le putsch de juin 2009 les latifundistes ont remis la main sur ces terres qui ne leurs appartiennent pas et emplois les armes pour déloger les paysans pauvres.

[4] Nous sommes actuellement entrain de chercher si un organisme sur place est capable de gérer d’éventuels dons depuis l’étranger, nous mettrons cet article à jour en fonction, vous pouvez également nous écrire à primitivi[AT]no-log.org


mardi 30 mars 2010

APPEL A SIGNATURES CONTRE L’INVITATION DE PORFIRIO LOBO SOSA


PRESIDENT DU HONDURAS ISSU DU COUP D’ETAT DU
28 JUIN 2009, AU 6 EME SOMMET DES CHEFS D’ETAT ET
DE GOUVERNEMENT DE L’UNION EUROPEENNE, DE
L’AMERIQUE LATINE ET DES CARAÏBES.


Lobo est invité en mai à Madrid au sommet UE-AL. Les mouvements sociaux en pleine prépa du contre-sommet envoie une lettre à Zapatero.
Merci de faire circuler et signer.

Envoyer signature + organisation a LuisG.Perez@cifcaeu.org avec mention : CARTA A LA PRESIDENCIA ESPANOLA DE LA UE SOBRE HONDURAS