1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

jeudi 4 février 2010

Discours de Juan Barahona lors de l’acte de transmission de pouvoir du Président José Manuel Zelaya Rosales...


... au peuple hondurien, représenté par le Front de Résistance Populaire.

Le Honduras a changé pour toujours. Notre peuple, aujourd’hui lancé contre la dictature de l’oligarchie et de l’impérialisme ennemis, s’est converti en un géant de dignité, de sacrifice et de conscience. Jamais auparavant dans notre histoire, nous, les secteurs populaires, n’avons été plus unis, jamais nous n’avons eu autant conscience de nos droits, nous, hommes et femmes pauvres, jamais ne s’est montrée aussi clairement la nature exploitatrice, totalitaire et assassine de ceux qui sont les propriétaires de ce pays, et qui tremblent devant la force inébranlable de la Résistance Populaire.

Aujourd’hui, au moment où les forces du passé jurent fidélité au nouveau traitre, nous pouvons affirmer avec orgueil que nous sommes réveillés et sommes capables de construire notre futur.

Avant de poursuivre, permettez moi cet acte solennel: pensons aux femmes et aux hommes qui ont offert leur vie dans cette lutte, assassinés lâchement et par traitrise par la terreur du régime de facto. Nous avons parcouru ensemble les rues, respiré les mêmes gaz empoisonnés, reçu les mêmes balles, connu la même prison, la même humiliation. Mais nous avons aussi écrit ensemble les plus belles pages de lutte et de résistance qu’a connues la patrie.

Quand s’est arrêté de batte leur cœur, ils sont morts pour revivre éternellement dans nos cœurs et dans notre lutte!

Vive les héros du Peuple ! .


Sang de Martyrs ! …Graine de Liberté !

Pour eux nous jurons qu’il n’y aura pas de repos, que nous ne négocierons jamais nos principes, que nous ne pardonnerons pas la trahison, et que nous allons transformer ce pays pour qu’il soit libre, démocratique, juste et réellement indépendant.

Nous luttons pour la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante Populaire : révolutionnaire, elle ira bien au delà des réformes tièdes qui laisseraient intact le système des privilèges, système qui permet aux puissants de vivre dans un luxe infini exploitant le travail des pauvres, volant les biens publics et exploitant sans pitié les ressources naturelles.

Nous voulons une société neuve, un être humain neuf, qui n’exalte pas l’égoïsme come valeur suprême mais qui cherche au contraire le développement intégral de la collectivité. Nous aspirons à forger des personnes solidaires, qui ressentent comme leur la misère des autres et qui luttent pour éliminer les injustices sociales provoquées par le capitalisme, le patriarcat et le racisme.

Nous nous battons pour une patrie libre d’ingérences externes, sans bases militaires pour menacer nos frères centraméricains, sans transnationales pour voler impunément nos richesses, sans classes politiques aux ordres de l’empire. Nous luttons pour l’intégration des peuples latino-américains et pour l’union de l’Amérique Centrale.

Ceci fut le rève de José Cecilio del Valle, Cabañas, Visitación Padilla, Graciela García, José Martí, Juan Pablo Wainwrigh, Manuel Cálix Herrera, Sandino, Farabundo: nos héros ainsi que les grands leaders historiques du Peuple hondurien et des peuples centraméricains. C’est l’exemple de Morazán, notre plus haute référence, qui bien que vieux de deux siècles, nous a laissé un héritage de dignité et de droiture qui encore aujourd’hui défie les ennemis du progrès.

Francisco Morazán fut assassiné il y a 168 ans par une oligarchie rétrograde et lâche, compromise avec l’empire de son temps, exactement comme l’est l’oligarchie hondurienne d’aujourd’hui. Si Morazán vivait aujourd’hui, ses ennemis seraient le COHEP et l’ANDI (patronat hondurien, ndr) et porteraient le nom de Goriletti, Elvin Santos, Pepe Lobo, Carlos Flores, Adolfo Facussé, Rafael Callejas, Rafael Ferrari et bien d’autres dont le nom seul donne la nausée.

Si Morazán vivait aujourd’hui, la classe politique qui usurpe les pouvoirs de l’Etat enverrait contre lui l’armée et la police, comme elle l’envoie contre nous qui continuons les luttes pour la souveraineté et la liberté de notre peuple

Quelle grande différence avec l’armée qu’il commanda pour défendre la loi conte les oligarques de son temps !

Que ressentirait le Général Morazán s’il voyait les militaires et les policiers tirer sur leurs compatriotes désarmés, rouant de coups les enfants et les vieillards, violant et outrageant les femmes et les jeunes filles sans défense et torturant nos jeunes ? Ce grand Général mourrait de honte.

Bien que nous l’ayons toujours su, cela n’a jamais été aussi clair qu’aujourd’hui, les Forces Armées ne servent pas à gagner des guerres, elles ne servent qu’à faire des coups d’état pour faire tomber des gouvernements légitimement élus, dès lors que le maître du nord l’ordonne à ses valets, une oligarchie minoritaire, exploitatrice et corrompue.

Le temps viendra bientôt où ces Généraux paieront pour leur délits et accompagneront dans les prisons du Honduras Nouveau les entrepreneurs et politiques putschistes.

Mais il est également apparu au grand jour que derrière les ennemis du Peuple hondurien se cache l’ennemi numéro un de tous les peuples, l’empire nord-américain. Sans son appui, cette oligarchie lâche n’aurait jamais osé faire ce coup d’état qui défie la majorité des nations.

Les fonctionnaires nord-américains sont tellement cyniques, qu’après avoir préparé tous les détails du coup d’état avec leurs valets locaux serviles, ils ont ensuite feint de le rejeter, cachant ainsi leurs intentions de légitimer la dictature derrière le piège des négociations de San José et à travers des élections frauduleuses.

Maintenant, les putschistes et leur maître hypocrite du nord, tentent de tromper les peuples et les gouvernements du monde avec des chiffres gonflés, leur faisant croire qu’il y a eu ici des « élections démocratiques ».

Il y a eu des élections démocratiques, camarades ? NON, ce qu’il y a eu, c’est une FARCE. On ne trompe pas le peuple hondurien, parce qu’ici nous savons que seuls trois pelés et deux tondus ont été voter.

Même ainsi ils veulent tromper le monde. Ils ne comptaient pas que le monde avait changé. Si auparavant tous baissaient la tête, aujourd’hui de nombreux peuples ont des gouvernements dignes qui ne s’agenouillent pas devant le dollar.

Pour ces raisons, aucun gouvernement du monde ne participe à cette cérémonie indigne de prise de pouvoir. Seuls quelques uns sont venus, les plus serviles. Ce rejet du monde est un triomphe de notre lutte, camarades. Grace à cette bataille, ils n’ont pu faire un coup d’état pour l’exportation.

De toute façon, les putschistes ont un scénario préparé par l’empire.

L’étape suivante est d’essayer de détruire les conquêtes sociales obtenues sous le gouvernement du Président Manuel Zelaya. Les putschistes utilisent les médias, tous à leur disposition, les prêchoirs des églises conservatrices et les ONGs vendues, pour faire la promotion d’un “Plan pour le Pays” qui n’est rien d’autre que la continuation du modèle néolibéral qui a noyé dans la misère la majorité et a hypothéqué l’avenir de plusieurs générations de honduriens.

Ce qu’ils recherchent au fond, c’est de respecter l’agenda du coup d’état. Leur objectif est d’abolir le statut des enseignants, de mettre en œuvre un nouvelle cure d’austérité pour nous prendre plus d’impôts, geler le salaire minimum voir le baisser s’ils le peuvent, augmenter le prix des combustibles et les bénéfices des transnationales, piller nos ressources minières, privatiser l’eau, mettre à sac nos finances, entre autres calamités. C’est pour cela qu’ils ont fait le coup d’état ces criminels !

Pourquoi devrions-nous croire les promesses d’une classe exploitatrice qui a eu 30 ans pour démontrer que son système néolibéral fonctionne? Comment prétendent ils que le peuple ait confiance en un gouvernement de putschistes, répresseurs, voleurs, fantoches et imposteurs ?

Il est impossible de faire confiance à un régime qui s’impose à pointe de baïonnettes. Le mensonge et la tromperie est leur norme. Il suffit de voir comment ils s’absolvent entre eux de leurs péchés lors de procès feints pour faire croire aux idiots qu’ici il ne se passe rien. Puis ils racontent au monde qu’ici tout est “harmonie” et “réconciliation”, malgré les assassinats de camarades qui continuent, bien que beaucoup soient obligés de s’exiler et d’autres soient menacés de mort quotidiennement. Ils portent le ridicule au point d’organiser un show pour laisser croire que le dictateur Goriletti se met à l’écart.

C’est dans ces conditions qu’ils veulent que nous nous prêtions à leur « dialogue » !

La Résistance Populaire ne participera pas à cette farce de dialogue avec l’oligarchie et encore moins avec son gouvernement abject.

Les putschistes ne pourront plus tromper ce peuple qui a atteint des niveaux de conscience supérieurs au passé. La grande majorité des Honduriens sait que Pepe Lobo est la continuité de la dictature, est la continuité du néolibéralisme, est la garantie pour l’empire de pouvoir utiliser le Honduras comme base pour ses opérations militaires et ses projets de stopper les processus de changement en Amérique latine.

Pepe Lobo N’EST PAS NOTRE PRESIDENT, de même que Goriletti ne le fut jamais. C’est le “président” des Kaffati, Hándal, Facussé, Ferrari, Maduro, Callejas, entre autres; c’est le “président” des traitres, des corrompus, de ceux qui vendent la patrie.

Pour cela aujourd’hui, l’écharpe présidentielle légitime ne sera pas donnée à Lobo; celui qui la reçoit, c’est le peuple en lutte, le peuple digne. Aujourd’hui l’écharpe présidentielle, au nom de la majorité de la population, c’est le Front de Résistance Populaire qui la reçoit !

C’est évidemment un honneur pour la Résistance de recevoir l’écharpe présidentielle des mains du Président légitime Manuel Zelaya, le seul à avoir été élu par la volonté majoritaire du Peuple.

Camarades.

La Résistance ne reçoit pas cette écharpe comme un trophée ou une simple reconnaissance pour ses efforts. Elle la reçoit comme la plus haute responsabilité : celle de représenter le Peuple et d’obtenir que surgisse la réelle Démocratie, participative et populaire.

Maintenant, le chemin qui se présente devant nous est empli de défis; le Front de Résistance Populaire est une force nationale comptant sur une impressionnante capacité de mobilisation et une immense sympathie, mais il manque encore beaucoup pour le consolider.

La nouvelle consigne est: Organisation ! Mobilisation ! Formation !

Ces trois mots de d’ordre doivent être assumés par les cellules de la Résistance dans chaque quartier, dans chaque communauté rurale, dans chaque centre de travail ; partout doit prévaloir la démocratie interne. Le Front de Résistance Populaire doit canaliser les besoins des groupes de paysans, ouvriers, indigènes, noirs, homosexuels, artistes, habitants des quartiers urbains marginalisés, micro et petits entrepreneurs, écologistes, femmes, étudiants, forces politiques progressistes et démocratiques, enseignants, professions libérales, défenseurs des droits de l’homme, jeunes, églises populaires et autres organisations. Autant dire tous les secteurs exploités, opprimés et marginalisés de notre nation sans aucune exception.

De part la variété d’idéologies qui intègrent le Front, il faut assumer une attitude de débat sincère et mur ; l’unité dans la diversité est notre caractéristique la plus importante, il faut la renforcer. A cet égard, il est important de reconnaître le leadership et l’attitude de notre président Manuel Zelaya Rosales, qui est arrivé à l’ extrême de se sacrifier et de risquer sa vie pour lutter pour la démocratisation de notre Patrie.

Aujourd’hui le Président Zelaya a gagné contre les tentatives vaines de casser sa volonté et de ternir son exemple. C’est la fin d’un cycle : pour la première fois depuis le retour des élections dans notre pays, un président a été proche des besoins du peuple, a affronté la classe la plus conservatrice du pays et a été capable d’assumer l’agenda des secteurs populaires.

Comme ses ennemis sont petits! Comme ils sont lâches !

Camarade Président. Sachez que la Résistance le considère comme un leader incontestable. A votre retour, vous retrouverez un peuple en lutte, que rien ne peut arrêter, et avec encore plus de courage et d’envie de dérouter la dictature. Mais également une Résistance Populaire mieux organisée et plus consciente.

Le Peuple hondurien commence maintenant une étape distincte dans la lutte pour la construction d’un pays nouveau.

Le Front de Résistance Populaire voit clairement ce défi. Son plan stratégique formule : “Etre un instrument de pouvoir populaire plus fort, pour conquérir le pouvoir, construire de nouvelles institutions et refondre la République, pour que surgisse une nouvelle démocratie populaire où nous participions toutes et tous, où nous soyons les protagonistes d’un Etat de justice sociale, pour garantir la solidarité, la liberté et l’indépendance, à travers une Assemblée Nationale Constituante qui formulera et approuvera la première constitution Politique faite par le peuple, avec une vision latino-américaine.”

Le chemin ne sera pas facile, il sera semé d’obstacles et de sacrifices, mais nous sommes certains de triompher à la fin contre l’oligarchie et ses maîtres de l’empire.

De notre côté, nous avons le soutien du peuple, l’expérience de la lutte populaire et la conscience de la justesse de nos aspirations.

Nous saurons répondre aux responsabilités que nous assumons aujourd’hui.

Vive le peuple héroïque de Morazán !

Vive le Président Manuel Zelaya Rosales!

Vive le Front de Résistance Populaire!

Vive l’Assemblée Nationale Constituante Populaire !

Nous résistons et nous vaincrons !

FRONT DE RESISTANCE POPULAIRE

Tegucigalpa le 27 janvier 2010

vendredi 29 janvier 2010

Comuniqué No. 46


Tegucigalpa.- La coordination du Front de Résistance Populaire confirme sa décision de ne pas reconnaître le régime de Porfirio Lobo, le considérant comme la continuité de la dictature imposée par l’oligarchie à travers le coup d’état du 28 juin. En conséquence, la Résistance n’autorise aucun de ses membres à participer à quelque pouvoir de l’état que ce soit; la Résistance ne participera pas non plus au faux dialogue que les putschistes proposent pour valider un Plan National appliquant des mesures néolibérales pour maintenir les privilèges de la minorité qui usurpe le pouvoir.

Nous démentons les affirmations des médias putschistes et de certains politiciens qui affirment que les membres du parti Union Démocratique élus au Parlement font partie de la Résistance. Ces élus sont des collaborateurs de la dictature; leur candidature émane de la direction du parti Union Démocratique et non de la volonté de sa base, qui elle est restée fidèle aux consignes du Front de Résistance Populaire de NE PAS participer aux élections illégales et illégitimes du 29 novembre et qui par conséquence rejette les autorités putschistes.


Nous résistons et nous vaincrons !

Tegucigalpa, le 26 janvier 2010

dimanche 17 janvier 2010

Solidaridarité avec Haïti


Le Front de Résistance Populaire (FNRP) du Honduras exprime sa solidarité avec le peuple haïtien dans ces moments de tragédie occasionnée par le tremblement de terre, et qui a causé des dizaines de milliers de morts, blessés et d’immenses dégâts matériels.

Ces événements nous ont touchés profondément et nous sommes disponibles pour toute aide que nous pouvons apporter. Le désastre produit par ce tremblement de terre vient s’ajouter à tous les malheurs vécus par ce pays, comme par le notre. Nous nous identifions directement avec les coups qu’a reçu ce peuple au nom de la paix et de la démocratie et nous mettons à disposition toute notre énergie et tous nos efforts, qui bien que limités, sont totalement sincères et sans arrières pensées.

Le malheur d’Haïti remonte aux temps de la colonisation, puis aux dizaines d’années de néolibéralisme féroce, de capitalisme inhumain et d’ingérence, dont le plus récent exemple est le coup d’état de 1991 qui a renversé le président Aristide pourtant élu avec 75% des suffrages, pour ensuite installer un gouvernement dominé par les intérêts internationaux, les mêmes qui aujourd’hui rejettent la faute à la nature pour les malheurs desquels ils sont pourtant en grande partie responsables, du fait de la fragilité sociale causée par leurs politiques publiques.

Nous partageons une réalité très proche de celle de nos frères et sœurs haïtiens: comme eux, nous avons vécu la douleur de catastrophes naturelles transformées en catastrophes humaines par le type de système économique qui nous est imposé.

Néanmoins, malgré les limites dues à la misère de nos peuples, le Honduras a reçu un Soutine immédiat des organisations populaires haïtiennes lorsque l’oligarchie et l’impérialisme ont mené le coup d’état du 28 juin dernier.

En tant que FNRP, nous ferons tout notre possible pour faire aboutir les initiatives en cour de plusieurs camaradas en résistance pour apporter de l’aide à ce peuple qui vit aujourd’hui ses jours les plus tristes. De même, nous saluons l’action d’autre pays amis qui témoignent leur solidarité sans attendre de récompense en retour. Le Honduras connaît bien cette solidarité qui prétend rester anonyme mais que les peuples n’oublient jamais.

Tout notre soutien au peuple de Haïti !

Tegucigalpa le 15 janvier 2010

lundi 11 janvier 2010

DECLARATION DE SIGUATEPEQUE

La Résistance hondurienne a su s’opposer avec dignité à la bestialité des ennemis de la liberté et de la démocratie. Au cours des 6 mois de lutte pacifique continue, nous avons maintenu que la seule sortie de crise possible passe par le retour à l’ordre institutionnel, la condamnation de ceux qui violent les droits de l’homme et la convocation d’une Assemblée Constituante. Nous ne demandons pas, soumis, une faveur aux usurpateurs. Nous sommes conscients de notre force et de nos capacités. Nous sommes un pouvoir réel, constitué à travers tout le pays, d’organisations de base qui pratiquent la réelle démocratie. Nous somme légitimisés par le sacrifice d’un peuple dont la conscience sociale a été forgée par les luttes du mouvement populaire, la spiritualité des pauvres et l’exemple d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour transformer le pays.


Les ennemis du peuple sont: l’oligarchie qui s’enrichit de la misère des travailleurs et du vol de leur ressources; les entreprises transnationales qui exploitent les richesses du pays et volent l’Etat; les dirigeants des églises, marchands de foi et profiteurs de l’ignorance; les militaires et les policiers toujours prêts à assassiner, violer et torturer le peuple pour de l’argent; les cohortes de serviteurs qui par aliénation ou intérêt protègent les richesses volées par d’autres; tous ceux qui après avoir utilisé pendant des années les faiblesses de la démocratie représentative pour asseoir leur pouvoir politique et économique montrent maintenant leur vraie nature génocidaire et totalitaire, et ferment maintenant le peu d’espace de participation qui existait, arrêtant ainsi le projet morazanique qui a permis que pour la première fois un lider inespéré remette en question l’hégémonie des millionnaires et commette le péché impardonnable de donner au peuple l’opportunité de s’exprimer et de décider par lui-même.


La crise sociale et politique actuelle est la cristallisation du conflit qui oppose depuis des années d’une part les intérêts mesquins des groupes d’entrepreneurs et oligarchiques, et d’autre part les besoins et les droits des secteurs populaires: paysans, ouvriers, indigènes, noirs, groupes lesbiens et gays, artistes, habitants des bidonvilles, petits et micro entrepreneurs, mouvements écologistes, féministes, organisations d’étudiants, forces politiques progressistes et démocratiques, enseignants, groupes de défense des droits de l’homme, jeunes, églises populaires et autres organisations populaires sont en train de s’unir lentement mais surement face à un modèle néolibéral qui augmente les contradictions des classes, et face à un coup d’état qui dévoile l’intransigeance d’une minorité quant à la répartition de la richesse générée par le travail de tous.


Il s’agit d’une bataille sans merci. La droite s’appuie sur le contrôle de l’état, le soutient des gouvernements réactionnaires du monde, les mass médias et les corps de répression. Mais les processus sociaux ne peuvent être stoppés avec des campagnes médiatiques, ne peuvent s’inverser par les armes ni être endormis par les fausses prières des prêtres et pasteurs de l’oligarchie. Il est impossible de paralyser le peuple avec un simulacre d’élection ou un faux dialogue national aboutissant à l’abandon de la dignité en échange d’une fausse paix où coexistent la misère et l’opulence.


La dégénération accélérée des putschistes est inévitable car leur logique de business et leur égoïsme ostentatoire les mènera à se disputer le butin de l’état et à appliquer sans respect le modèle économique épuisé d’accumulation de capital.


Cette classe décadente ne comprend pas la noblesse morale de tout un peuple qui ne pense déjà plus à s’opposer par des réformes, mais marche droit vers la refondation totale de l’état. Un peuple qui est appelé à s’organiser au niveau national pour dérouter la dictature et asseoir les bases d’une démocratie participative qui satisfasse la demande de justice sociale et condamne les criminels qui ont violé les droits de l’homme.


Cette bataille est aussi internationale. Le coup d’état est un élément du plan de contrôle de la région par les pouvoirs économiques des transnationales pour freiner et inverser les processus de changement sociaux à l’œuvre en Amérique Latine, parce que ces derniers montrent qu’il est possible de créer des sociétés justes, démocratiques et souveraines. Le coup d’état au Honduras accompagne le Plan Colombie, la réactivation de la Quatrième Flotte, le blocus économique de Cuba, les attaques envers le Venezuela, les actions de déstabilisation en Bolivie et en Equateur. Le coup d’état représente le projet de revenir à une Amérique Latine propriété de Texaco, United Fruit Company, Bayer, Monsanto, Exxon Mobil, Cargill, Alcoa, Walmart, Nestle, Toyota, Citigroup, Coca Cola et consorts.


Mais la Résistance hondurienne n’est pas seule. Nous nous savons accompagnés par les peuples et les gouvernements honnêtes du monde; nous sommes frères avec les organisations populaires, démocratiques et révolutionnaires d’Amérique Latine. Il est impossible de recenser toutes les manifestations de solidarité déjà reçues et les engagements de les renouveler.


Le Honduras est aujourd’hui la scène où se joue son propre avenir ainsi que celui de beaucoup de peuples. Pour cela il ne peut y avoir d’autre issue que la victoire.


La Résistance ira jusqu’au bout : la transformation de la patrie, l’intégration de l’Amérique Centrale et Latino-Américaine, la souveraineté totale de nos peuples, la liberté, l’égalité et justice.



Vive le peuple héroïque de Morazán !

Nous résistons et nous vaincrons!

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Siguatepeque le 10 Décembre 2009

samedi 9 janvier 2010

COMUNIQUE No. 44


Le Front de Résistance Populaire communique:


1. La Résistance hondurienne commence l’année 2010 en pleine lutte contre la dictature, et rejette les manœuvres de l’oligarchie pour se blanchir à travers le faux processus électoral de transition de Micheletti vers Lobo, qui laissera intact le système de domination par une minorité privilégiée d’entrepreneurs corrompus, d’entreprises transnationales et de militaires et policiers répressifs.


2. La dictature se prépare à retirer le Honduras de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique - Traité Commercial des Peuples (ALBA-TCP), qui depuis sa signature le 9 de octobre 2008 a bénéficié aux secteurs populaires de notre pays et a montré qu’il est possible de mener un nouveau type de relations solidaires entre peuples et gouvernements, pour le bénéfice des pauvres, et promouvoir une véritable intégration de la grande patrie latino-américaine.

Le retrait imminent de l’ALBA-TCP démontre que le coup d’état a été organisé pour arrêter les transformations structurelles urgentes de la société et avertir les autres peuples latino américains qui construisent des projets nationaux alternatifs et progressistes.


3. Nous rejetons les mesures économiques impulsées par l’oligarchie contre le peuple et nous dénonçons ses intentions ouvertes de détruire les conquêtes sociales qui ont tant coûté aux secteurs populaires organisés. Les prix de l’eau et des biens de premières nécessité ont augmenté ; les réserves en devises de l’état et l’épargne des entreprises d’état comme l’Entreprise Nationale d’Energie Electrique ENE ou celle de télécommunication Hondutel ont fondu ; la formule de calcul du prix des hydrocarbures a été modifiée en faveur des transnationales ; en permanence sont signés des contrats bénéficiant aux entreprises impliquées dans le coup d’état. De plus, d’autres mesures sont en préparation, comme la diminution réelle du salaire minimum, l’annulation de la réforme des statuts des professeurs, l’annulation de la gratuité des frais d’inscription scolaire, la dévaluation du Lempira, la privatisation des entreprises nationales et des retraites des fonctionnaires, entre autre.


4. Nous dénonçons à la communauté internationale la répression que vit la société hondurienne et qui s’est aggravée depuis la fin de l’année avec une augmentation des assassinats, persécutions et exil forcé de nos camarades. Nous appelons les organisations internationales de défense des droits de l’homme à augmenter la pression sur le régime de facto.


5. Nous rejetons les projets de la dictature de s’auto accorder une amnistie pour les crimes de lèse humanité commis depuis le coup d’état. Nous rappelons que de tels crimes ne peuvent être prescrits et que tôt ou tard, leurs responsables en répondront devant la justice.


6. Nous maintenons notre exigence de retour à l’ordre institutionnel et de convocation d’une Assemblée Nationale Constituante démocratique et populaire, car le peuple a le droit souverain de définir la société dans laquelle il vit.


Nous Résistons et nous Vaincrons !


Tegucigalpa le 7 janvier 2010



mercredi 6 janvier 2010

Honduras : Disparitions et assassinats, une vague répressive contre la Résistance

par Giorgio Trucchi

Le CODEH dénonce un plan de terreur pour en finir avec le processus de fortification d’une alternative politique et sociale dans le pays. Plusieurs demandes d’enquête sont en cours, dont une devant la Cour Pénale Internationale.

Des arrestations et des détentions illégales, des assassinats et des disparitions ont caractérisé les dernières semaines au Honduras, que différentes organisations de droits de l’homme ont classé comme une vraie offensive pour détruire le récent travail d’organisation et de renforcement du Front National de Résistance Populaire (FNRP), dans sa tentative de commencer son cheminement vers la conformation d’une force politique et sociale capable de contrer les partis traditionnels pro-putschistes et d’appuyer l’installation d’une Assemblée Nationale Constituante.

Après les élections controversées du 29 novembre dernier, pour lesquelles au sein d’une abstention significative que 60% a été élu le candidat du Parti National, Porfirio “Pepe“ Lobo Sosa. Depuis dans le pays c’est une vague de répression sanglante contre les membres actifs de la Résistance qui s’est abattue, intensifiant encore celle la répression constante qui sévit depuis le coup d’État du 28 juin 2009.

A l’aube du 14 décembre, Walter Tróchez, défenseur des droits de l’homme, spécialement de la communauté LGTTB a été assassiné. Ils l’ont jeté depuis une voiture au centre de Tegucigalpa, quelques jours auparavant il avait été séquestré, cruellement frappé et il avait réussi à se sauver en se jetant du véhicule conduit par des hommes qui l’accusaient d’être un membre du Front National Contre le Coup d’État.

Le 6 décembre, cinq jeunes hommes, tous membres actifs de la Résistance, ont été assassinés de sang-froid à la Colonia Villanueva, dans la partie est de la capitale, tandis qu’un jour avant des hommes armés ont fait irruption dans les installations du journal El Libertador, en menaçant le personnel des rotatives qui durant ces cinq derniers mois a durement travaillé pour dénoncer le coup d’État, et en emportant des ordinateurs et des appareils photos.

Le 8 décembre ont été libérés quatre des cinq activistes de la Résistance qui avait été séquestré quelques jours avant. Le cinquième, Santos Corrales García, a été assassiné et son corps décapité a été trouvé à 50 kms à l’est de la capitale.

“Les 4 et 5 décembre, un groupe de cinq personnes avec des passe-montagne et habillées avec les uniformes de la Direction Nationale d’Investigation Criminelle (DNIC), armés de fusils Galil et de pistolets 9 mm -l’armement officiel de la Police- ont arrêté monsieur Santos Corrales García et quatre autres personnes dans la Colonia Nueva Capital de Tegucigalpa, raconte le directeur du Comité pour la Défense des Droits de l’Homme au Honduras (CODEH), Andrés Pavón.

Les personnes enlevées ont été cagoulées pour qu’elles ne puissent pas identifier le lieu où elles ont été emenées, possiblement un centre clandestin de détention. Elles ont été torturées pour donner des informations sur les leaders de la Résistance dans la colonia où ils vivent, et les tortionnaires ont exigé de connaître l’endroit où vit madame Ada Marina Castillo, elle aussi membre de la Résistance.

Nous sommes face à une vraie stratégie de la terreur, continue Pavón, et c’est un plan pour arrêter le processus d’organisation de la Résistance avant la prise de pouvoir de Lobo le 27 janvier prochain. C’est un plan qui va s’intensifier dans les semaines à venir et nous voyons déjà comment la police et l’armée capture les jeunes hommes dans les quartiers et les colonias, tandis que les leaders de la Résistance au niveau national suivent sans pouvoir avoir une vie normale par crainte à ce qui peut leur arriver”.

Pour le directeur du CODEH la vague répressive vise à décapiter le mouvement de résistance, pour que le nouveau gouvernement, issue d’un processus électoral irrégulier et illégitime, n’ait pas à lutter avec une résistance active et organisée.

“Le CODEH et la Plate-forme que nous composons avec différentes organisations de droits de l’homme demande l’intervention de la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme (CIDH), pour qu’elle mette en application le mécanisme de mesures de précaution en faveur des personnes menacées.

De plus, nous dénonçons tout ce qui se passe dans notre pays devant les organes des droits de l’homme de l’ONU et devant le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour qu’une enquête et un jugement soient initiés contre les responsables de ces crimes.

Nous savons, explique Pavón, que l’Accord Tegucigalpa-San José prévoyait la mise en place dans les mois suivants d’une Commission de la Vérité. Cependant, nous croyons que les conditions pour qu’elle puisse sièger ne sont pas réunies, parce que dans le pays il n’y a pas encore de garanties d’État de droit, et beaucoup moins de confiance et de fiabilité dans les organes de justice de ce pays. Il ne peut y avoir une Commission de la Vérité dans le cadre de ces barbaries”.

Des organismes internationaux suivent de près le cas du Honduras

GIFEn septembre dernier, l’Association Pour les Droits de l’Homme d’Espagne (APDHE) et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ont présenté un communiqué à la CPI, pour qu’elle commence une enquête afin de déterminer la responsabilité pénale de ceux qui ont commis de graves violations aux droits de l’homme dans le cadre du coup d’État au Honduras, tandis que l’Observatoire International sur la Situation des Droits de l’Homme au Honduras (OISDHHN) a lancé un appel urgent auprès de la communauté internationale pour qu’elle reste vigilant face aux graves violations des droits de l’homme dans le pays.

De son côté, Amnesty International a demandé une enquête indépendante qui garantit que tous les responsables d’abus de droits de l’homme soient ammenés devant la justice.

Dans un document rendu public pendant une conférence de presse au Honduras, la délégation d’Amnesty International a exigé “la révocation de toute la législation, tous décrets et de tous les ordres exécutifs émis par les autorités de facto qui affectent directement ou indirectement les droits de l’homme, l’assurance que l’armée revienne dans ses casernes, qu’elle arrête de participer à des opérations policières, et que tous les membres des forces de sécurité rendent des comptes pour les abus commis entre le 28 juin et fin novembre”.

“C’est important, a terminé le directeur du CODEH, que continue la solidarité avec le peuple hondurien et l’observation de ce qu’il se passe au Honduras, surtout en ce moment où augmente une persécution à caractère sélectif”.

Source : Rel-UITA

Traduction : Primitivi

mardi 5 janvier 2010

LA RÉSISTANCE POPULAIRE APPELLE À MANIFESTER CONTRE LA VOLONTÉ DES PUTSCHISTES DE RETIRER LE PAYS DE L’ALBA




mercredi 30 décembre 2009

Le Front National contre le Coup d’État au Honduras appelle à manifester contre la volonté du régime putschiste de retirer le pays de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique (ALBA).

Cette manifestation aura lieu le 7 janvier et sera la première organisée par le Front de résistance en 2010, ont déclaré les dirigeants à l’issue d’une assemblée du mouvement populaire.

Le Honduras s’est joint à l’ALBA le 25 août 2008. L’adhésion à ce mécanisme d’intégration a rapporté de nombreux bénéfices au pays dans des secteurs tels que l’éducation, la santé, l’énergie et la production d’aliments.

En matière énergétique, l’incorporation à l’ALBA et concrètement à PetroCaribe, a garanti à ce pays très pauvre un approvisionnement stable de 20 mille barrils journaliers de pétrole, à des prix préférentiels et avec de faibles taux d’intérêts.

Le pays centraméricain a reçcu de l’alliance une centaine de tracteurs modernes, en plus de charrues, de semeuses et d’autres outils pour le développement de la production agricole.

Le Honduras a bénéficié également de l’opération Milagro, projet cubano-vénézuélien qui a amélioré ou rendu la vue à 40 mille citoyen(ne)s, ainsi que de la méthode primée par l’UNESCO "Moi, je peux" (Yo, sí puedo) qui a permis d’alphabétiser des milliers de personnes.

Tous ces plans seront suspendus si le Congrès National approuve l’initiative envoyée à l’organe législatif par le putschiste Roberto Micheletti, de retirer le Honduras de l’Alliance Bolivarienne.

Rappelons que des centaines de milliers de dollars déposées à la banque publique hondurienne dans le cadre du financement des projets sociaux de l’ALBA ont été soustraits par les putschistes aprés le coup d’État.

Par Cuba-Debate

Traduction : Thierry Deronne, pour www.larevolucionvive.org.ve
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APPEL URGENT DE LA RÉSISTANCE HONDURIENNE FACE A LA BARBARIE DES ESCADRONS DE LA MORT



25.12.2009. Honduras. Assassinat d’un jeune membre de la résistance hondurienne. Les paramilitaires ont tenté de le maquiller en suicide.

Le Comité des Familles de Détenus et de Disparus du Honduras, COFADEH, dénonce le meurtre du jeune Edwin Renán Fajardo Argueta (22 ans), membre actif de la Résistance, l’après-midi du mardi. Son corps a été trouvé ce 23 décembre vers midi après une recherche constante des proches que l’absence du jeune homme préoccupait, alors qu’il avait prévu de voyager mercredi à Roatán, Islas de la Bahía, pour y passer le réveillon en famille.

Le COFADEH a été informé de la découverte du corps dans un appartement du quartier San Rafael de Tegucigalpa, immeuble de Villar Rosales, oú Edwin Renán vivait depuis longtemps. Autour du cou était seré un fil de fer relié à un manche de bois à l’arrière de la tête. Le désordre des lieux indique une mort violente. Les faits se sont probablement produits entre 16 et 17 heures de l’après-midi du mardi 22 décembre. Ses assassins ont voulu simuler un suicide car son corps se trouvait dans un réduit de l’appartement. Du sang s’écoulait de son nez. Son corps était sali comme si on l’avait traîné, selon les voisins qui ont observé les lieux du meurtre. Les assassins ont emporté sa caméra de photographie et un ordinateur. Le lundi, Edwin avait fait part à ses proches de son inquiétude parce qu’il se sentait suivi et parce qu’il avait reçu des messages de texte sur son portable et qu’il n’avait pas envie de partir pour Roatán, dans sa famille, vu le danger de s’y exposer en public, c’est aussi pourquoi il avait évité de se réunir avec des amis.

Plusieurs voisins affirment avoir vu des voitures suspectes sans plaques et munies de vitres polarisées circulant dans la zone ces deriners jours, ce qui a semé la peur vu les faits étranges qui se sont produits depuis le mois d’août. La militance active d’Edwin au sein du Front National de la Résistance l’a mené à participer aux marches, piquets et autres activités, toujours en première ligne, prenant des photos avec l’appareil qui a disparu. Il voyageait aussi dans d’autres zones du pays pour conscientiser la population sur la nécessité d’une Assamblée Nationale Constituante.

Edwin Renán était un jeune admiré dans le quartier pour son sens du respect et des responsabilités. Les appartements oú il habitait étaient très sûrs, personne ne pouvait entrer s’il n’était habitant. Un enquêteur a déclaré que l’autopsie déterminera les causes de sa mort, que le cou était étranglé par un fil de fer accroché à un manche de bois, et qu’il est difficile d’imaginer un suicide car le manche se serait brisé sous le poids du corps.

La veillée d’Edwin Renán aura lieu dans l’immeuble oú il résidait et son corps sera transporté vers sept heures du matin à Roatán.

Le COFADEH condamne ce nouvel assassinat d’un jeune prometteur du Honduras. Les assassinats sélectifs de membres actifs de la Résistance se sont multipliés ces derniers jours, des simulacres de violence délictive cherchent à couvrir ces meurtres.

Nous lançons un appel urgent à la communauté internationale et en particulier aux organismes des Droits de l’Homme pour qu’ils mènent les actions urgentes nécessaires pour stopper cette chasse à l’homme contre le peuple hondurien, qui maintient sa résistance au coup d’État militaire-politique-économ
ique- impérialiste depuis le 28 juin.

POUR CES FAITS ET POUR LEURS AUTEURS NI PARDON NI OUBLI.

Comité des Familles de Détenus et Disparus au Honduras, COFADEH Tegucigalpa M.D.C. 23 décembre 2009

Traduction : Thierry Deronne pour www.larevolucionvive.org.ve

Le journaliste César Silva a été enlevé par des hommes armés le 28 décembre...



Le journaliste César Silva a été enlevé par des hommes armés le 28 décembre et a été emmené à une prison clandestine, il a par la suite été rélaché.

À Tegucigalpa, on tue et le monde se tait.



42 assassinats, 120 disparitions, 4000 détentions arbitraires… Au Honduras, les droits de l’homme se sont brutalement détériorés depuis le putsch du 28 juin qui a renversé le président Manuel Zelaya. Une répression planifiée, depuis les organes de l’État, qui cible les résistants au coup d’État.

Honduras, envoyée spéciale.

Le 14 décembre, Walter Trochez a été abattu de deux balles dans la poitrine. Dix jours plus tôt, ce militant hondurien des droits de l’homme et des gays, engagé dans la résistance contre le coup d’État du 28 juin qui a renversé le président Manuel Zelaya, avait échappé de peu à une tentative d’assassinat. Le 16 décembre, le corps décapité de Carlos Turcio, responsable de la résistance, a été retrouvé à 300 kilomètres au nord de la capitale, Tegucigalpa. Quatre jours plus tôt, Santos Corrales Garcia, un autre résistant a connu le même sort.

Depuis le putsch du 28 juin, on dénombre au moins 42 assassinats, 120 disparitions et plus de 4000 arrestations arbitraires. Les droits de l’homme sont brutalement bafoués dans un contexte d’indifférence. Loin du regard de la « communauté internationale », les autorités usurpatrices ont les mains libres pour dérouler ses plans de mort.

Pour Reina Rivera, présidente du Centre de recherche et de promotion et des droits de l’homme, le Honduras est « face à une politique d’État, la même que la politique de sécurité nationale des années quatre-vingt qui a consisté à exécuter les activistes de gauche ». À cette époque, 182 personnes disparaîtront sous les mains de l’armée, de la police mais surtout du bataillon 3-16, transformé en escadron de la mort. Après le coup d’État, « beaucoup d’acteurs sociaux ont ressurgi sur le devant de la scène », poursuit-elle. Et c’est bien là que le bât blesse pour les putschistes dont le message est clair. « La résistance est dans la ligne de mire parce que le régime de facto ne tolère l’existence d’aucun mouvement social », tranche Reina Rivera.

« tuer le mouvement de résistance par le bas »

L’ex-directrice du secrétariat d’État à la Culture, Rebecca Becerra, a été arrêtée sous les yeux de sa fille par une douzaine de policiers avant d’être relâchée. Farouche opposante au coup d’État, l’écrivaine parle de « chasse aux sorcières incessante ». « Nous vivons sous une dictature qui ne s’est pas achevée avec les élections dont nous n’avions rien à attendre, estime-t-elle. Avant d’évoquer la disparition de ce frère « parce qu’il était secrétaire général de la Fédération des étudiants universitaires ». « La guerre de basse intensité de l’ultra-droite hondurienne n’a jamais cessé », explique Rebecca Becerra, tout en disant craindre de « nouvelles stratégies de répression ». Trois dirigeants de l’organisation politique, Los necios (les naïfs), dont Gilberto Rios que l’Humanité avait interviewé au lendemain du coup d’État, ont été contraints de fuir le Honduras sous quarante-huit heures après avoir été menacés par des « encapuchados » (encagoulés).

Il s’agit « de saper le mouvement de résistance, de bas en haut, car c’est moins voyant que si l’on touchait à ses principales figures, estime Reina Rivera. L’objectif est de tuer la constituante impulsée par la résistance mais également l’idée même qu’une gauche puisse exister », d’autant que cette résistance hétéroclite a capté « un mouvement populaire jusqu’alors étouffé par le capitalisme et un système politique verrouillé », considère le sociologue Antonio Cruz Oliva. Une semaine avant sa mort, Walter Trochez fustigeait dans une lettre publique « un coup d’État augurant un retournement brutal dans la région marquée cette dernière décennie par des gouvernements (…) dont le dénominateur commun a signifié un changement de cap avec le néolibéralisme ».

Cathy Ceibe http://www.humanite.fr/2009-12-23_International_A-Tegucigalpa-on-tue-et-le-monde-se-t-ait