1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

vendredi 2 juillet 2010

Les démonstrations de force populaire inquiètent les putschistes

par Natasha Pitts (Adital)

mardi 29 juin 2010, par Primitivi

Cela fait un an qu’un coup d’État a eu lieu au Honduras. Les nouvelles étaient tout d’abord confuses pour qui ne connaissait pas l’histoire de ce petit pays. La plupart des journaux et des médias internationaux forçant le trait et dépeignant Manuel Zelaya comme un dictateur en puissance.

Mais quelques semaines après, grâce à l’organisation des honduriens, aux médias alternatifs et à toutes les informations circulant sur la toile la réalité des faits était connue : Zelaya était un président progressiste et on avait affaire à un putsch oligarque.

Mais depuis rien n’est rentré dans l’ordre, bien que la dissimulation du coup d’État ait échoué le gouvernement des États-Unis a continué son jeu machiavélique bientôt suivi par les gouvernements européens avides d’accords commerciaux, laissant avec ô combien d’aisance les droits de l’homme et l’équité de côté ils se sont précipités pour reconnaître Porfirio Lobo en tant que chef d’État légitime alors qu’il n’est qu’un pantin oligarque.

Mais, et heureusement pour eux, les honduriens ne lâchent pas l’affaire. Ce putsch est la goutte de trop pour nombre d’entre eux, et ils désirent plus ardemment encore mettre en place une société équitable. Les assassinats et les exactions n’y changeront rien, le peuple hondurien est en marche et il semble qu’il ne s’arrêtera pas en chemin même si les puissances de l’argent et du pouvoir s’ingénient à le semer d’embûches.

La détermination sans faille que montre actuellement la population hondurienne est un exemple de pugnacité que d’autres nations (plus occidentales) ferait bien de prendre en exemple.

- le site voselsoberano propose deux galeries d’images sur la commémoration du coup d’État à San Pedro Sula, ainsi que quelques images des activité du comité indigène COPINH à La Esperanza, Intibucá : San Pedro Sula (jour), San Pedro Sula (nuit), La Esperanza (à la fin de l’article) -

Ce lundi 28 juin, cela fait un an qu’a eu lieu le coup d’État au Honduras qui a expulsé du pouvoir le président Manuel Zelaya. Ce même jour, le Front National de la Résistance Populaire (FNRP), le mouvement qui s’est organisé en réponse au putsch, fête également son premier anniversaire de lutte.

Le pays avance toujours lentement pour un retour à la normale au niveau politique, économique, sociale et démocratique. Des persécutions, des intimidations, des assassinats et diverses violations à l’encontre des droits de l’homme sont encore fréquemment enregistrés. Cela confirme que l’actuel président, Porfirio Lobo, n’a pas encore réussi, durant ses cinq mois de gouvernement, à remettre le pays vers la voie de la démocratie.

Dans ce contexte, de plus en plus de personnes ont trouvé dans les idéaux du Front de la Résistance un chemin pour une transformation positive du pays. Pour parler de cette lutte pour la refondation du Honduras, du chemin parcouru pour tenter d’implanter une Assemblée Constituante inclusive et populaire, et évaluer cette première année du Coup d’État, ADITAL a interviewé le FNRP.

Adital - Le sentiment populaire le plus caractéristique. Est-il possible d’affirmer que la population hondurienne est sûre que le pays a besoin d’une refondation ?

FNRP - L’histoire vécue actuellement par le Honduras est l’un de ses moments les plus agités. La vie du pays a été coupée en deux après l’apparition de la Résistance Populaire en réponse au Coup d’État du 28 juin 2009.

Le Front National de Résistance Populaire (FNRP) est la plate-forme dans laquelle tous les secteurs politiques et sociaux du Honduras ont approuvé à la majorité le fait d’être uni pour concevoir et construire une société juste, sans discriminations, où l’exploitation des uns par les autres ne trouve simplement pas sa place.

L’ultime finalité est la refondation de l’État, concept qui poursuit maintenant les classes oligarques patronales comme un cauchemar, elles qui ont cru qu’en sortant Manuel Zelaya de sa maison par les fusils et en envoyant au Costa Rica ils en finiraient avec un projet qui était déjà devenu un désir collectif.

L’autre lutte est le retour avec toutes les garanties citoyennes du président Manuel Zelaya, puisque l’exil forcé viole tous les droits qu’il a en tant que citoyen hondurien.

Adital - Le Front de Résistance est né un peu après le putsch, il approche également de son premier anniversaire. Quelle est l’évaluation qui peut être faite des actions du mouvement durant tout ce temps ? Et ensuite, est-ce que les stratégies vont être les mêmes ou est-il temps d’en changer ?

FNRP - La Résistance est également née le 28 juin, quand les organisations Populaires et le peuple en général sont sortis massivement dans la rue pour condamner le coup d’État et pour exiger le retour à l’ordre Constitutionnel.

La Résistance s’organise avec la marche, avec une volonté de lutte et de courage qui surpasse tout clivage social, puisque nous représentons tous les secteurs sans regarder l’idéologie et le parti politique auquel il appartient, en dépassant la peur d’être tué par la répression mise en place par la dictature.

Au Honduras depuis le 28 juin dernier rien n’est plus le même, dans tout le pays il y a une Résistance, les gens s’organisent dans les quartiers, dans les colonies, dans les communautés, dans les départements.

Cette décision du peuple de s’organiser et de continuer la lutte nous a permis de construire les piliers sur lesquels repose l’ardent désir de mettre en place une société nouvelle.

D’autre part la Résistance est devenue plus forte elle est passée de l’action conjoncturelle à la structuration et à la stratégie pour prendre le pouvoir et pour changer le pays. Même les secteurs les plus réactionnaires de la droite anachronique hondurienne le reconnaissent et considèrent le surgissement d’un nouveau Pouvoir Populaire, créé et conduit par le FNRP, comme un danger imminent.

Actuellement notre travail est de réussir à récolter plus d’un million de signatures dans la "Déclaration Souveraine" où en tant que peuple hondurien nous nous convoquons à une Assemblée Nationale Constituante, et de cette manière chercher les mécanismes pour sa mise en place.

Adital - La Carta Magna du Honduras a été élaboré en 1982, durant une période de dictature et sans consultation populaire. Avec la convocation à une Assemblée Constituante : qu’est-ce qui serait le plus important à modifier dans la Constitution du pays ?

FNRP - Au début des années 80, l’Amérique centrale vivait des moments très significatifs de la lutte parmi lesquels on distingue le triomphe du Front Sandiniste au Nicaragua et la guerre insurrectionnelle du Farabundo Martí au Salvador, les organisations indigènes au Guatemala et l’avance du Mouvement Populaire au Honduras.

L’empire des États-Unis avait besoin de sauver le Honduras puisque les gouvernements militaires étaient paralysés, il fallait lui donner un "Ordre Constitutionnel" et ils ont recouru aux élections, ils ont installé une Assemblée Nationale Constituante, qui a élaboré une nouvelle Constitution pour qu’elle défende institutionnellement les intérêts géopolitiques de l’empire, dans le cadre du conflit en Amérique centrale.

La Constitution du Honduras a été approuvée en Janvier 1982, sur trois axes fondamentaux choisis par les hommes politiques et les entrepreneurs : Vendre le Honduras, en argumentant qui était la seule manière de sortir le pays du sous-développement, réduire l’État à sa plus simple expression, pour que l’État soit un centre de corruption et de déficit fiscal, et établir les Forces Armées comme garant de cette Constitution.

Avec la Constitution de 82 ce qui a été obtenu ce fut de donner le pouvoir aux grands entrepreneurs et de réduire le pouvoir de l’État et du peuple, en empêchant les réformes.

Le nouveau cadre légal [que le FNRP souhaite mettre en place] aura pour objectif central les intérêts populaires, au Honduras on ne légiférera plus jamais pour les entrepreneurs et l’État de Droits existera pour le développement de l’être humain et pas celui des entreprises qui ont survécu grâce au pillage du trésor public et à l’exploitation des ressources et des personnes.

Il sera participatif car on ne l’entend pas comme un petit groupe au pouvoir décidant en passant outre les majorités, mais comme des majorités exerçant le pouvoir à travers des structures communautaires de participation politico-sociale.

Jusqu’à présent ce processus a été la clé du succès de la Résistance Populaire, puisqu’il n’y a pas un coin du pays qui n’a été pris en considération et les problèmes des communautés ont été défendus par les communautés elles-mêmes. Cela fait aussi partie de ce processus, différents programmes qui enrichissent le spectre politique et social du pays.

On prend en considération les nécessités des populations indigènes et des descendants africains, les luttes ouvrières comme les luttes paysannes, la voix des étudiants retentit aussi fort que les exigences des environnementalistes et les communautés gay, lesbiens, travestis, bisexuels et transsexuels (LGTTB) exigent leurs droits à la même table où les communautés chrétiennes et religieuses invitent lutter pour la justice.

Les femmes ont été en tête de la lutte dans la rue et aujourd’hui elles assument leur position d’égalité aux côtés des hommes pour faire avancer le processus, qui sans le dire, montre à chaque pas qu’il dispose de la force qui a rendu possibles toutes les révolutions impossibles.

La Nouvelle Constitution est construite quotidiennement, mais ce n’est pas le but ultime des honduriens et des honduriennes. La Constitution n’est que le cadre légal qui rendra possible la construction d’une nouvelle société.

Adital - quels sont les résultats que le FNRP attend des mobilisations pour le premier anniversaire du Coup militaire ?

FNRP - Les mobilisations ont eu lieu depuis le 28 juin et cela continue d’être une démonstration du peuple hondurien en tant qu’acte de désobéissance et de résistance contre une dictature imposée au pays.

Cette démonstration de force et de mécontentement d’un peuple préoccupe les putschistes, l’empire et l’oligarchie, car leur stratégie est de diviser, de soumettre la Résistance et d’éviter son développement national.

Ce 28 juin nous ferons également un hommage à la mémoire de toutes les personnes victimes de la répression cruelle planifiée par les forces répressives de l’État conjuré (Michelleti-Lobo). Nous sommes et nous continuerons d’avancer pour cultiver une mémoire collective forte qu’ils ne pourront pas arrêter avec le pouvoir médiatique de l’oligarchie politico-patronale.

Adital - La Résistance attend-elle encore une aide de la part des organismes internationaux pour revenir à une normalité démocratique ? Après le putsch, le comportement de ces organisations a-t-il été à un quelconque moment important et bénéfique pour le pays ?

FNRP - A un certain moment la position adoptée par les organismes internationaux et les gouvernements a été important pour freiner l’avance de la dictature.

Puis peu après ils ont commencé à promouvoir la signature de les accords de San José proposé par le gouvernement des États-Unis, avec le président [Oscar] Arias du Costa Rive comme médiateur. Accords qui n’ont par pris les intérêts du peuple hondurien en considération, pour lesquels la Résistance n’était pas d’accord et que le président Zelaya a considéré comme un échec.

Les dictatures ne se mettent pas en place pour repartir si rapidement mais au contraire elles sont mises en place pour rester, c’est pourquoi la Résistance n’a été d’accord avec aucune de ces approches qui se sont déroulées dans un cadre de forte violation des Droits de l’homme de tous ceux et celles qui étaient contre le Coup d’État, et d’un autre côté tout cela s’est négocié dans une totale inégalité de conditions quand le président Zelaya s’est trouvé "pris" dans l’ambassade du Brésil.

Maintenant on veut nous imposer un gouvernement de la vérité et de la réconciliation, résultat d’un processus électoral illégal faisant suite au coup, appuyé par les organismes putschistes et avec la bénédiction du gouvernement gringo.

Dans le Front National de Résistance Populaire il est clair que la démocratie sous la protection du néolibéralisme n’a été qu’un mirage où ont émergé des inégalités sociales très dures, où plus de 70% de la population vit sous le seuil de pauvreté. C’est pourquoi nous travaillons pour construire un État d’égalités qui soient réellement démocratiques, nous voulons transformer structurellement notre pays avec des mécanismes qui évitent le monopole politique que maintiennent actuellement les deux partis traditionnels (libéral et nationaliste) et arrêter l’injustice qu’organise les 10 familles qui croient que le Honduras leur appartient.

interview réalisé par Natasha Pitts journaliste à Adital (Brésil)




Source : Adital "Demostración de fuerza y descontento del pueblo preocupa a los golpistas"
Traduction : Primitivi

La Résistance hondurienne dans la rue pour le premier anniversaire du coup d'Etat

Près de 10 000 manifestants à Tegucigalpa ce lundi 28 juin


La résistance hondurienne dans la rue pour le premier anniversaire du coup d'Etat

Près de 10 000 manifestants à Tegucigalpa ce lundi 28 juin

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net
Avec des mobilisations dans tout le pays, le Front national de résistance populaire (FNRP) a commémoré hier le premier anniversaire de la destitution de Manuel Zelaya et de son remplacement par Roberto Micheletti à la Présidence de la République, le 28 juin 2009
Samedi, des centaines de véhicules sont partis de Planeta Zipango [L'université nationale autonome] traversant le Périphérique et le boulevard des Forces armées, et ont réalisé dans la soirée une marche aux flambeaux puis une veillée dans le parc La Merced. Ils y ont placé sur le sol des croix blanches de papier avec les noms de 77 personnes qui seraient mortes dans la lutte menée cette année.



Lundi dernier, des actions se sont tenues dans les grandes villes ainsi que dans la capitale, le point de départ étant les environs de la colonie Villanueva, où à 9h du matin, la manifestation a commencé par un sit-in.
A 10h30, ils ont commencé à se déplacer en direction de la « Place Colprosumah », située derrière la Résidence présidentielle, où ils sont restés une heure.
Par la suite, ils s'orientèrent vers le centre de Tegucigalpa, terminant la marche devant les marches du Congrès National, où les manifestants ont entonné l'Hymne national, les dirigeants prononcé leurs discours et lu une carte envoyée au FNRP par Zelaya, depuis la République Dominicaine.
Le coordinateur du FNRP, Juan Barahona, a fait remarquer que la mobilisation a été énorme, qui ont participé plusieurs milliers de personnes, et que cela répond aux attentes.

« La Résistance n'est pas simplement une organisation, c'est tout un peuple qui s'oppose à ce qui s'est passé le 28 juin de l'an dernier », a déclaré Barahona.
« Ce peuple demande et exige une Assemblée Nationale Constitutante pour une nouvelle Constitution de la République et le retour au Honduras de l'ancien président Zelaya Rosales », a-t-il affirmé.
La lettre de Zelaya
Les dirigeants des centrales syndicales ont participé à la mobilisaiton, lors de laquelle l'avocat Rasel Tomé a lu la lettre de Zelaya.
« Aujourd'hui les faits 'ex-post coup d'Etat' confirment ce que nous soupçionnions; les Etats-Unis (USA) étaient derrière le coup d'Etat », est-il dit dans sa déclaration.

« Dès le début de cette tragédie et de ce bond en arrière, le Département d'Etat a nié tout lien avec le coup d'Etat, y compris l'Ambassade américaine qui a exprimé sa condamnation, aujourd'hui on sait tout, tout indique que le coup d'Etat a été planifié sur la base militaire de Palmerola (…) par le Commandement-Sud des Etats-Unis et exécutés bêtement par des honduriens mal-intentionnés ».
Il soutient que les causes du renversement se trouvent dans « le changement dans les accords qui garantissaient des profits indûs aux multi-nationales pétrolières » et « le projet de reprise de contrôle de la base militaire de Palmerola, pour en faire d'un aéroport militaire un aéroport civil, pour les échanges commerciaux et le transport de passagers. »
C'est également en 2006 « que l'on a changé la politique monétaire ainsi que la politique salariale, avec des aides au transport et de meilleurs salaires pour les ouvriers, en contradiction avec les politiques restrictives du Fonds monétaire international (FMI) ».
« En 2007 et 2008, a été signé le Traité d'association avec Petrocaribe et avec les pays socialistes, avec l'adhésion à l'ALBA », et « en 2009, à l'Assemblée de l'Organisation des Etats américains, organisée à San Pedro Sula, on a réussi à révoquer les décrets d'expulsion de Cuba de l'OEA datant de 1962 ».

Zelaya a appelé la Résistance et le Parti Libéral « à maintenir leur unité et à poursuivre la collecte de signatures pour l'Assemblée nationale constituante et mon retour au Honduras ».
« Aujourd'hui plus que jamais, nous devons être tous debout pour soutenir la Commission Vérité constituée par la Plate-forme des droits de l'Homme ».
« La seule issue pour le Honduras est un nouveau consensus en faveur du dialogue politique, pour que le peuple convoque la constituante, nous n'avons pas besoin que le gouvernement le fasse. »
« Que tant de crimes ne restent pas impunis, ni la rupture avec la démocratie, ni le coup d'Etat ni le putschiste qui l'a mené ».
« On obtiendra la reconnaissance internationale, seulement si on revient à la paix et à la démocratie et après 365 jours de souffrance, avec le retour de la barbarie et de la violence, je reste ferme et prêt à lutter jusqu'à la mort », conclut Zelaya Rosales.

(Article de la Tribuna – quotidien hondurien)
Source
http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/article-la-resistance-hondurienne-dans-la-rue-pour-le-premier-anniversaire-du-coup-d-etat-pres-de-10-000-manifestants-a-tegucigalpa-ce-lundi-28-juin-53178148.html

mercredi 30 juin 2010

Des manifestations de solidarité dans le Monde pour le premier anniversaire de la résistance hondurienne contre le coup d'État.

Sydney

VENEZUELA


BERLIN


VIENNE


SUISSE


GRENOBLE


BARCELONE


MONTPELLIER


MEXIQUE


COSTA RICA


MADRID


http://www.cut.org.br/content/view/21027/


http://www.rel-uita.org/internacional/honduras/democradura/comite_uruguayo/la_solidaridad_no_se_agradece.htm


http://quotha.net/node/1057


http://www.aprileonline.info/notizia.php?id=15228


http://www.frenteamplio.org/?p=1681


http://www.truth-out.org/one-year-later-honduras-resistance-strong-despite-us-supported-coup60852


http://www.kaosenlared.info/noticia/honduras-sin-golpistas

http://www.pagina12.com.ar/imprimir/diario/elmundo/4-148432-2010-06-28.html

http://www.ecologistasenaccion.org/spip.php?article17990

http://www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6&id=2829&option=com_content&Itemid=11

mardi 29 juin 2010

MANIFESTE POLITIQUE

Camarades.

Quand l’oligarchie hondurienne a perpétré le coup d’état le 28 juin dernier, jamais elle n’aurait imaginé qu’elle devrait affronter un des exemples de courage et de dignité les plus importants de l’histoire de notre patrie latino-américaine. Le peuple hondurien s’est mobilisé depuis le moment même où il s’est rendu compte de la trahison, planifiée et organisée par l’impérialisme et l’oligarchie hondurienne. Depuis ce moment il n’a cessé un instant de s’organiser et de se mobiliser pour réclamer ses droits à transformer son présent et être maître de son futur.

Le Honduras est aujourd’hui la scène de cette bataille entre les anciens et les modernes, entre la domination et la liberté. Ici les criminels et le fascisme international, les partis de droite, les églises au service des oligarchies et les gouvernements serviles de l’empire, s’affrontent aux organisations populaires de base, aux forces politiques progressistes et démocrates, aux secteurs sociaux historiquement opprimés et à la solidarité désintéressée d’autres peuples frères.

La Résistance, est l’expression authentique de cet ensemble de forces révolutionnaires qui a fait échouer les plans de l’empire nord-américain, de la droite internationale et de l’oligarchie locale, et s’est convertie en sujet social et politique, qui se rie des services spéciaux et devient totalement incompréhensible pour une oligarchie incapable d’appréhender à partir de ses schémas moraux et de sa logique néolibérale, le sacrifice et l’espoir grâce auquel le peuple affronte la répression, le totalitarisme et les mensonges, avec une vision de l’avenir pour le bien-être de tous.

Le coup d’état militaire est l’action désespérée de l’oligarchie face au début d’un processus de transformation, interprété et canalisé par le gouvernement du Président Manuel Zelaya Rosales, qui tout en ayant été élu pour préserver les intérêts économiques des puissants, a su changer de politique économique et sociale et exercer légitimement la souveraineté nationale en plaçant l’état du côté des pauvres et en faveur des transformations de la société.

Mel Zelaya a hérité du pouvoir en pleine crise sociale, dans un contexte de bipartisme moribond, de mouvements populaire en ascension et d’une Amérique Latine vivant des processus profonds de changements économiques, politiques et sociaux. Dans ce contexte, le Président Zelaya a assumé un engagement social, démontrant son courage et son audace en affrontant une oligarchie parasitaire, corrompue et criminelle dont les privilèges n’avaient pas été remis en cause depuis Francisco Morazán. Les petites réformes entreprises, pour renforcer l’appareil productif national et freiner les privatisations des derniers services encore publics et les ressources qui appartiennent encore à l’état, ont évolué progressivement vers la transformation structurelle de l’état et de la société à travers la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante.

La situation de l’oligarchie est aujourd’hui désespérée: les pouvoirs de l’état qu’elle détient sont en train de s’effondrer devant une crise fiscale et financière qui peut se convertir en banqueroute totale; elle est également incapable d’obtenir un soutien international qui lui fournirait les crédits pour oxygéner la grave crise économique générée par le coup d’état et l’énorme saccage de la part des fonctionnaires du régime de facto ; le monde les considère comme des violeurs des droits de l’homme dénoncés devant la Cour Pénale Internationale ; en quelques mots, il est certain qu’ils sont condamnés au désastre.

La Résistance elle se renforce, augmente ses capacités d’organisation dans le pays, se préoccupe de garantir des mécanismes de démocratie interne à même de maintenir l’unité dans la diversité idéologique et rêve d’une nouvelle société juste, égalitaire et incluante: pour l’obtenir, la stratégie du Front de Résistance Populaire (FNRP) est claire : les honduriennes et les honduriens convoqueront une Assemblée Nationale Constituante, Démocratique et Populaire pour refondre l’Etat et la Société.

Il est particulièrement important de nous souvenir et d’honorer la mémoire de nos camaradas torturés et assassinés par l’appareil répressif et terroriste de l’état au service de l’oligarchie et du Pentagone nord-américain. Pour eux, qui ont offert leur vie pour construire une société juste et égalitaire, nous réaffirmons qu’ici, personne ne se rend, personne, jusqu’à ce que les aspirations légitimes du peuple hondurien deviennent réalité ; pour eux, nous manifestons notre total soutien à la Commission de Vérité installée grâce à la Plateforme des droits de l’homme. Nous pensons que grâce à son travail, la vérité sera publique et les auteurs matériels et intellectuels des tortures, des assassinats, et des multiples violations des droits de l’homme et de la répression seront jugés.

Nous exigeons le retour de nos camaradas exilés à cause de la persécution politique de la l’oligarchie putschiste.

Face à cette crise politique, économique et sociale provoquée par l’oligarchie pour soutenir ce système injuste et inégal, nous avons adopté la feuille de route suivante:

1.- Nous devons intensifier le processus de l’Assemblée Nationale Constituante, qui sera intégrée par des députés constituants issus des secteurs sociaux ouvriers, ethniques, afro, paysans, féministes, artisans, jeunes, pour représenter le peuple hondurien fidèlement et nous renforcer depuis la base jusqu’à la structure nationale. Le nouveau pacte social sera discuté dans la cadre d’assemblées ouvertes et participatives, pour refonder un Etat Social Souverain Laïque et Démocratique, impliqué dans le progrès et le bien être du peuple hondurien. Ceci passe inévitablement par la destruction de la structure oligarchique putschiste et de son appareil répressif et criminel.

2.- Sauver nos ressources naturelles en dénonçant les concessions illégales accordées sous le modèle néolibéral, et reconsidérer les privatisations des secteurs stratégiques pour la vie économique du pays, tels que les télécoms, l’énergie, l’eau, les forêts, les ports, les mines et les hydrocarbures, les aéroports, avec la mise en œuvre d’une économie mixte qui permette la participation du peuple et une répartition égalitaire de la richesse pour satisfaire les justes aspirations du peuple hondurien à une vie digne. Pour obtenir le progrès et le bien être du peuple hondurien, il est nécessaire que les ressources nationales soient utilisées avec des objectifs nationaux. A cet égard, nous rejetons les mesures néolibérales prises par le régime oligarchique putschiste de Porfirio Lobo Sosa, qui attaque le peuple hondurien à coup de mesures d’austérité, de privatisations, de nouveaux impôts, d’augmentation du coup des services publics, transférant le coup du saccage et de la corruption du coup d’état militaire principalement sur les classes moyennes et les secteurs populaires. Nous les encourageons à continuer cette lutte patriotique avec encore plus d’engagement : pacifique, démocratique, cette lutte patriotique est la raison d’exister du FNRP.

3.- Nous appelons le peuple hondurien à s’organiser, dans les hameaux, dans les villages, dans les quartiers, dans les villes et les départements, en fronts de résistance. Nous appelons les organisations sociales, les syndicats, les fédérations, les coopératives, les corporations professionnelles à intensifier leur travail d’organisation. Les mesures prises par l’oligarchie pour stopper le processus de transformation sociale avec le coup d’état militaire du 28 juin 2009, puis les élections illégitimes, violentes et militarisées du 29 novembre dernier qui ont porté au pouvoir l’oligarchie en la personne de M. Porfirio Lobo Sosa, n’ont pas pu résoudre la crise économique, politique et sociale. Bien au contraire, la crise s’est agravée. Maintenant, l’oligarchie putschiste dans un effort désespéré de maintenir ses privilèges, prépare une offensive violente et criminelle, aidée dans sa tache par l’extrême droite nord-américaine et latino-américaine. Elle essaye à nouveau de stopper le processus social de transformation impulsé par le peuple hondurien, organisé, politiquement fort, accompagné par José Manuel Zelaya Rosales dont nous réclamons le retour inconditionnel. Le peuple digne de Morazán avance soutenu par le FNRP jusqu’à la victoire finale.

Honduras le 28 Juin 2010.

A LA MEMOIRE DE NOS MARTYRS TOMBES AU COMBAT !

POUR UNE SOCIÉTÉ JUSTE ET POUR LA REFONDATION DE L’ETAT HONDURIEN !

POUR L’ASSEMBLEE NATIONALE CONSTITUANTE !

NOUS RESISTONS ET NOUS VAINCRONS !

VIVE LE FNRP !

COMMUNIQUE "La Plateforme des Droits de l’Homme au Honduras, la Commission Vérité"

La Plateforme des Droits de l’Homme au Honduras, rappelle sa mission et son engagement pour la vérité et la justice, et présente à la communauté nationale et internationale, et plus particulièrement aux victimes et à leur famille, la Commission Vérité qui investiguera et dénoncera les cas de violations des droits de l’homme commis contre des milliers d’Honduriennes et de Honduriens depuis le coup d’état du 28 juin 2009.

La Commission Vérité est constituée des personnalités suivantes:

1. Nora Cortiñas, Fondatrice du Mouvement des Grands Mères de la Place de Mai, Argentine.

2. Luis Carlos Nieto, Magistrat et universitaire, Espagne.

3. Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix, Argentine.

4. Mirna Perla Jiménez, Magistrat de la Cour Suprême et défenseure des droits de l’homme, Salvador.

5. Craig Scott, Avocat et défenseur des droits de l’homme, Canada.

6. Elsie Monge, Religieuse catholique, Directrice du Front Equatorien des droits de l’homme, Equateur.

7. Francois Houtart, Prêtre catholique, Belgique.

8. Francisco José Aguilar, Avocat et défenseur des droits de l’homme, Costa Rica.

9. Helen Umaña, Universitaire et écrivain, Honduras.

10. Fausto Milla, Prêtre catholique, fondateur de INEHSCO, Honduras.

Les membres de cette commission ont été invités pour leur mérite et leur engagement dans la défense des droits de l’homme, et parce qu’ils garantissent leur indépendance et leur autonomie sans conditions dans le respect de leur mandat.

a. Rechercher et établir les violations des droits de l’homme qui ont eu lieux depuis le coup d’état du 28 juin 2009 et celles qui pourraient se perpétrer pendant son mandat, en identifiant dans la mesure du possible les personnes et les institutions responsables.

b. Rechercher et établir les schémas d’agression et de persécution qu’ont subis les défenseurs des droits de l’homme et les leaders sociaux qui luttent pour des changements structurels, en identifiant les acteurs et institutions responsables.

La Commission Vérité cherche à rendre leur dignité aux victimes, à documenter les cas de violations des droits de l’homme ayant eu lieux pendant cette période.

Son travail considère qu’on ne peut permettre l’oubli et le pardon, ni que l’impunité l’emporte sur la justice; de même, que les graves violations des droits de l’homme et les crimes contre l’humanité ne peuvent rester sans condamnation de la part du peuple hondurien et sans le châtiment des coupables.

Enfin, la Commission documentera les cas de viols et de crimes commis contre les défenseurs des droits de l’homme, en établira le schéma, et proposera des mécanismes de protection des victimes.

Tegucigalpa le 28.06.2010

lundi 28 juin 2010

1ère anniversaire du Front de Résistance Populaire au Honduras!!!!!




28 juin 2010 Un an après le coup d'Etat...

Un an après le coup d'Etat, le Honduras résiste.


Entretien avec le président Manuel Zelaya
Manola Romalo
« Nous devons vaincre le coup d`État, l`impunité et la terreur ». Manuel Zelaya, président légitime du Honduras depuis janvier 2006, a été dérogé le 28 juin 2009 par un coup dÉ'tat. Depuis le 27 janvier 2010, il se trouve avec son épouse et sa cadette en République Dominicaine. Entretien réalisé pour le quotidien « Junge Welt » de Berlin par Manola Romalo.




Ce 28 juin le peuple hondurien sort protester dans tout le pays contre le coup d`État perpétré il y a un an par une clique d’oligarques, parrainé par Washington. Sous l’hospice d’un gouvernement fantoche mis en place en juillet 2009 - suivi par les élections présidentielles manipulées de janvier 2010 - des paramilitaires ont assassiné à ce jour des dizaines de membres de la Résistance, des syndicalistes, des enseignants, des journalistes. Protégeant ses intérêts économiques, l’Union Européenne n’y voit que du feu.



Manola Romalo: Monsieur le Président, cela fait un an aujourd’hui qu’une clique d`entrepreneurs envoyèrent des militaires vous kidnapper dans votre maison sous le feu des balles. Que signifie cet acte pour l’avenir du Honduras ?
Manuel Zelaya: En ce moment, ils ont plus de problèmes qu’auparavant : ils ont fait prendre conscience, non seulement au peuple hondurien mais aussi aux peuples d’Amérique Latine, de la menace que représente l’ambition économique pour les démocraties. Avec cette attaque, ils ont réussi à accélérer les processus de transformation à travers lesquels sont nées de nouvelles forces d’opposition.
L’influence des grandes multinationales s’étend à la politique étrangère des Etats Unis, preuve que l`administration d’Obama - de même que celle de son prédécesseur - est tombée dans l’effrayante erreur d’appuyer le terrorisme d’État. Ils ont recommencé à faire des coups d’État, méthode pratiquée déjà dans le passé par une extrême droite acharnée à semer la barbarie à travers le monde.

Manola Romalo: Quoique les putschistes, parrainés par Washington, essayèrent de maquiller en démocratie les élections présidentielles de novembre 2009, une grande partie de la communauté internationale n’a pas reconnu la légitimité du gouvernement en place. Quelles transformations démocratiques veut le peuple hondurien?
Manuel Zelaya: J`ai présenté un plan de réconciliation en 6 points qui passent par le respect des Droits Humains et la fin de l’impunité. C`est le chemin correct pour annuler le putsch et retourner à l’Etat de droit.
Avec leur position inflexible et extrémiste de laisser impuni ce putsch au Honduras, les États-Unis et leurs alliés créoles n`appuient pas ce plan et n’aident en rien la réconciliation du peuple hondurien.
Contrairement à ce que nous avons espéré, avec ses déclarations, le Département d’État ignore le crime qu’il condamna antérieurement et nomme « crise politique» des faits qu’il occulte : l`immunité et les privilèges des putschistes.

Manola Romalo: Le Ministère allemand des Affaires Extérieures informe sur son site Internet , qu’ « après le coup d`État », le gouvernement allemand ne reprendra pas de nouveaux projets d’aide pour le Honduras, mettant également court aux « consultances gouvernementales ». Quelle est la situation économique du pays?
Manuel Zelaya : Les chiffres sont plus éloquents que les mots. En trois ans nous avions réalisé les meilleurs indices de croissance de l’histoire du Honduras : 6,5 et 6, 7 %. Pour la première fois en trente ans, la pauvreté avait été réduite à plus de 10 %.
Par contre, depuis le coup d`État, le pays est entré dans une récession économique, le nombre de pauvres a augmenté, les investissements de l’Etat et ceux des particuliers ont été réduits de façon significative. Les dommages causés par le coup d`État dans le processus de développement économique du pays vont durer au moins dix ans avant d’être réparés.

Manola Romalo : Ce 28 juin, il y aura de grandes manifestations dans tout le pays, le peuple va débattre les principaux articles de la Déclaration Souveraine. La Résistance veut « refondre le Honduras ». Quelles sont les étapes nécessaires ?
Manuel Zelaya: Nous devons vaincre le coup d`État, l`impunité et la terreur. L`Assemblée National Constituante, avec la participation de tous les secteurs, est l’instrument légitime pour reconstruire la démocratie, l’ordre constitutionnel et l’Etat de droit.
L’organisation, la conscience et la mobilisation sont nécessaires pour renforcer le Front National de Résistance Populaire (FNRP) qui est la force sociale et politique de la Résistance contre le coup d’État. Nous avons la responsabilité de la reconstruction, le peuple doit reprendre les affaires en cours pour transformer le pays.

Manola Romalo: Monsieur le Président, dans le contexte politique du Honduras, le peuple réclame énergiquement votre retour. Quels sont vos projets ?
Manuel Zelaya: Le futur n`est pas très loin. Toutefois je fais des projets pour le présent: je veux réussir à vaincre les espaces d`impunité avec lesquels les putschistes prétendent couvrir les crimes contre la démocratie et contre l`humanité.
Mon retour devra être immédiat, il n´existe aucun prétexte ni justification qui expliquerait l`absence absolue de garanties pour mon retour. Il n’est pas possible que quelqu’un prétende voir les victimes soumises à la justice de leurs bourreaux.
Mon retour est lié à la reprise de l’Etat de droit au Honduras. Le propre président Porfirio Lobo affirme être menacé, ajoutant en même temps qu’il garantit ma sécurité.
Évidemment, ils utilisent les Honduriens comme des cobayes, les putschistes font de ce pays un laboratoire de violence. Ils recourent aux castes militaires pour réprimer le peuple et créer le chaos afin de maintenir le contrôle sur la société. Peu leur importent les conséquences du processus d`intégration régionale et la confrontation, doublement éprouvés, avec les organismes multilatéraux.
Les preuves sont sous nos yeux : ils ont créé un nouveau régime de terreur et de persécution. Et les Etats Unis ont beaucoup perdu de leur prestige en Amérique Latine.

Des organisations suisses demandent au Conseil fédéral d’intervenir

Assassinats politiques au Honduras
vendredi 25 juin 2010 par Claude REYMOND

USS - COMMUNIQUE DE PRESSE N°28

Berne, le 25 juin 2010

À travers une pétition lancée par l’Union syndicale suisse (USS) et l’organisation de solidarité le SOLIFONDS, 32 organisations demandent au Conseil fédéral de s’engager pour les droits humains au Honduras. Depuis le putsch d’il y a une année, des membres de l’opposition et des journalistes sont régulièrement victimes de mesures d’intimidation et d’assassinats sciemment commis.

Le 28 juin 2009, le président démocratiquement élu Manuel Zelaya du Honduras a été renversé par l’armée et expulsé du pays. Les nombreuses protestations émises par la population contre ce putsch ont été violemment réprimées, des centaines de manifestant(e)s furent emprisonnés et brutalisés, et nombre d’entre eux tués. Les élections organisées en novembre 2009 par les put-schistes se sont déroulées dans un climat de répression politique et en l’absence d’une vraie liberté d’opinion ; elles furent d’ailleurs largement boycottées. La majorité de la population ne reconnaît pas le gouvernement de Porfirio Lobo Sosa issu de ces « élections » comme son représentant légitime.

Depuis l’entrée en fonction de Lobo, en janvier 2010, les violations des droits humains se sont poursuivies : des dirigeant(e)s de syndicats, mais aussi des journalistes, sont les victimes de mesures d’intimidation et de pression. Sur les seuls trois mois de février, mars et avril 2010, sept journalistes, quatre syndicalistes et plusieurs membres de l’organisation paysanne MUCA ont été assassinés. Mais pour aucun de ces cas une enquête sérieuse n’a été menée à ce jour et il a été encore moins question d’établir l’identité des responsables et de les traduire en justice.

C’est pourquoi 32 organisations – dont les syndicats Unia, ssp et comedia, la communauté de travail des grandes œuvres d’entraide « Alliance Sud » et le Parti socialiste suisse, ainsi que de nombreuses organisations non gouvernementales et de solidarité – s’adressent au Conseil fédéral au moyen d’une pétition lancée par l’USS et le SOLIFONDS. Elles demandent qu’il s’engage pour que les violations des droits humains commises depuis le putsch militaire fassent l’objet d’une enquête indépendante et exhaustive et que les coupables aient à rendre des comptes.

La Suisse doit aussi s’engager pour que la liberté d’expression soit garantie au Honduras et que les protestations de la population ne soient plus criminalisées. L’armée doit retourner dans ses casernes. En outre, ces organisations demandent que la Suisse ne poursuive ses activités de coopération au développement dans ce pays que là où elles servent directement à la population et renforcent les droits humains.

Une intervention de la Suisse, État dépositaire de la convention de l’ONU relative aux droits humains, est, précisément en ce moment, urgente : on doit en effet craindre qu’à l’approche du 28 juin, date anniversaire du putsch, la répression ne s’accentue à l’encontre de la population qui s’engage pour une démocratisation du pays via une assemblée constitutionnelle.

Yvonne Zimmermann, coordinatrice du Solifonds (044 272 60 37 ou 078 866 27 06) et Peter Lauener, responsable de la communication et porte-parole de l’USS (031 377 01 06 ou 079 650 12 34) se tiennent à votre disposition pour tout complément d’information.

http://www.cgas.ch/SPIP/spip.php?article1592
http://www.cgas.ch/SPIP/IMG/pdf/2010-04-24Ad-communique_Honduras_Petition.pdf

Des mouvements de diversité sexuelle en résistance font appel à transformer l'inégalité et l'exclusion


- Communauté Lesbienne Gay Trans -travestis, transsexuels et transgenre- et Bisexuelle (LGTB) souffre du plus grand nombre de morts à cause du coup d’état, avec plus de 20 personnes assassinées

- Acharnement et haine dans les meurtres des personnes LGBT

- Première victime de la répression était transsexuelle


Tegucigalpa, 19 Juin 2010. « Vicky a été la première victime, tué par une arme militaire, il a pris une balle dans l’œil, avec sortie explosive… On n’a pas voulu lui faire une autopsie. En évitant le rapport du médecin légiste, ils ont dit que c’était une personne atteinte du VIH/Sida;… Légalement, toute personne a droit à une autopsie », récrimina Erick Martínez, officier des droits humains de l’organisation Kukulcán.



« La diversité sexuelle et la Résistance » a été le sujet du sixième forum du Front National de Resistance Populaire (FNRP), coordonné par la Commission de Communications et l’Equipe de Réflexion et Analyses, comme partie du projet pour la transformation structurelle du Honduras.


« La première mort est celle d’un transsexuel », elle a été commise le lendemain du coup d’état, pendants les premières heures de la matinée du 29 juin 2009, à San Pedro Sula [pôle industriel du Honduras, au 300 kms du nord de la capitale Tegucigalpa]. Une autre mort, celle là à Tegucigalpa, a eu lieu le même jour. « En décembre, il y avait déjà 17 morts LGBT » a précisé Martinez.


Après d’avoir analysé ce qui se passait, qu’en moins de quatre mois avaient eu lieu 17 morts, ils ont conclut qu’il ne s’agissait pas des crimes homophobes ou haineux isolés. « C’était de l’acharnement contre la communauté LGTB par un régime politique qui, en toute sa conception, tout le modèle qui avait amené au coup d’état, était aussi fondée sur l’homophobie », a-t-il expliqué.


« La plupart des assassinats contre les personnes LGBT ont été commis de façon acharnée et avec haine, leur parties génitales mutilées puis mises dans leurs bouches », a décrit Oscar Estrada, modérateur du forum.


Il a précise que, de 26 cas connus, plusieurs présentent un patron similaire, et qu’il s’identifie « la participation d’organismes de sécurité de l’Etat dans ces exécutions, dans lesquelles, avant d’être tuées, les victimes ont été torturées ».


Le 16 septembre 2010, après le « grand rassemblement [de la résistance] du 15 septembre, il a été publié, comme «note curieuse» dans la Tribuna [NDLT : journal national de grande circulation, qui a pris position à faveur du coup d’état], que deux transsexuel, Salomé et Zaida, participaient au rassemblement. Le lendemain, ils ont été assassinés. « Alors, si celui là n’est pas un crime politique… » a mis en question Estrada.


Martínez a critiqué que « dans la Constitution hondurienne il n’existe pas la typification pour les crimes de haine, ni pour les féminicides, ils restent invisibles ». C’est à partir de cela que la lutte LGBT propose « une Constitution qui inclue la diversité sexuelle ».


Les droits à la santé, à l’éducation, au travail, à la sécurité, famille, à l’adoption et à la paternité, aux garanties sociales pour la protection de la famille et du compagnon de vie, sont plus difficiles à atteindre pour la communauté LGTB. « Les pratiques discriminatoires sont abondantes, et la population la plus affectée, la plus exposée, est celle des personnes LGBT avec apparence féminine », a-t-il dit.


Pour Tony Reyes, directeur exécutif de l’organisation Arco Iris, « le plus grand défi est le droit à la vie », et la tâche principale est de faire voir la communauté LGBT comme « des sujets et sujettes de droit, comme des êtres humains». Il a rappelé qu’au début, les organisations LGBT « s’articulaient autour de la prévention du VIH/Sida », et que maintenant c’est autour de la « limitation des droits ».


Erick Martinez a mis en évidence que l’homophobie, le rejet où la répudiation des homosexuels par les hétérosexuels « s’exprime à travers de la discrimination, de la moquerie, des insultes, des accusations, de coups qui peuvent aller jusqu’à la mort, ou aux crimes de haine ».


A cause de la transphobie, de l’homophobie ou de la lesbophobie, beaucoup des personnes se suicident, ne pouvant pas résister la pression sociale. Ils vivent dans la clandestinité, ils ont des pratiques homosexuelles, mais ils ne sortent pas à la lumière par peur. « Ils préfèrent rester dans l’anonymat qu’affronter le rejet des gens, ou se faire appeler « culero » [NDLT : traitement dérogatoire utilisé pour dénommer les hommes homosexuels], ou qu’ils valent rien. L’homophobie produit de l’occultation, et les personnes se mettent en marge ».


La lutte contre l’homophobie pour transformer


« On peut être d’accord sur beaucoup de choses, et diverger sur d’autres, mais là où on est d’accord… c’est que d’un point de vue des droits… dans la conscience de droits humains qui me dit que je dois me joindre aux ceux qui défendent ces droits [NDLT : droits des LGBT]… notre conscience du fait qu’on a besoin d’une refondation, d’un changement social… », déclare Tony Reyes.


Oscar Estrada a observé que le sujet de la diversité sexuelle « est difficile, même à l’intérieur du FNRP », et a attiré l’attention sur le fait que, dans le salon, il avait moins de la moitié des chaises occupées.


Mais il explique la difficulté, « d’un coté, un FNRP très divers, même avec des organisations qui ont des objectifs primaires contradictoires, et de l’autre coté, une communauté LGTB organisée mais très peu politisée », justifie Estrada.


Pour transformer le Honduras « on doit transformer tout type de discrimination, tout type d’inégalité, et tout type d’exclusion ; et on doit commencer par notre propre communauté, le FNRP », a remarqué Erick Martinez.


Il a raconté comment au Parque Central [NDLT : de Tegucigalpa], lors de la mise en place de différents drapeaux sur la statue de Morazán, on ne les a pas laissé installer leur drapeau arc en ciel, « et le gens disaient ‘ce drapeau de culeros descendez-le’, et il a été descendu ».


« Dans le FNRP on parle des victimes du coup d’état, mais on ne parle pas du fait que c’était une personne trans ; pour ma communauté il est très triste de voir les chiffres et ne pas voir les personnes comme telles », a manifesté Martínez.


Tony Reyes a raconté les difficultés confrontées pour être acceptés par les gens dans les rassemblements, et il a relaté qu’au début on les a appelé « pédés » et « culeros ». Mais ils ont réussi à faire arrêter l’usage de ces mots dans les slogans, « lorsqu’on appelait Michelleti pédé, on leur réclamait : non, nous les pédés sommes ici, et on a les couilles aussi bien pendues que n’importe qui d’autre ».


Reyes a informé qu’au Honduras il existe 10 organisations LTGB constituées, dont cinq ou six ont le statut de personne juridique. Aux trois premières à l’avoir, le collectif Violeta, la Communauté Gay Sanpedrana et la Kukulcán, le statut leur a été donné presque 20 ans après la demande originale. L’organisation Arco Iris l’a eu en 2008, et en 2010 ont été reconnus l’association Jóvenes en movimiento et le collectif Travesti Transsexuel de San Pedro Sula.


Dans le forum ont participé Erick Martínez, de l’organisation Kukulcán, qui a mis en évidence les rapports entre droits et diversité sexuelle ; Tony Reyes, directeur exécutif de l’organisation Arco Iris, qui a parlé du coup d’état et de la communauté LGBT ; et la docteure Adrian Pain, qui a fait son exposition sur la réaction internationale à l’assassinat de Walter Tróchez [NDLT : défenseur des droits humains et activiste de la communauté LGBT assassiné en Décembre 2010]. Le forum a été réalisé dans l’auditorium du Collège des professeurs d’éducation secondaire du Honduras et soutenu par la Fondation Friedrich Ebert.


Traduit par: Gabriela Carias/Pierre Soum

vendredi 25 juin 2010

Communiqué No. 62


Le Front de Résistance Populaire (FNRP) soutient la Commission Vérité organisée par la Plateforme des Droits de l'Homme au Honduras.

Le FNRP recherche la vérité, la justice et les réparations pour les victimes des violations des droits de l'homme faites par les régimes de facto imposés par la force du coup d'état militaire du 28 juin 2009.

Le FNRP considère que le décret du régime actuel qui crée la "Commission pour la Vérité et la Réconciliation (CVR)" est illégal, et le restera tant que l'ordre constitutionnel n'aura pas été rétabli. Il est de plus illégitime parce qu'il ne respecte pas les standards internationaux et les bonnes pratiques et principes mis en œuvres dans plus de 30 commissions vérité à travers le monde. Il ne bénéficie d’aucune crédibilité auprès du peuple hondurien et des organismes internationaux, entre autre ceux de défense des droits de l’homme.

Ce décret de CVR établit comme objectif de « clarifier les événements ayant eu lieux avant et après le 28 juin 2009 dans le but d’identifier les actes qui ont mené à la crise et de donner au peuple hondurien des éléments pour éviter que cela ne se reproduise dans le futur ». Le but réel est de justifier le coup d’état, de légitimer l’impunité sous couvert d’une « réconciliation » recherchée désespérément par le régime actuel dans le but d’obtenir la reconnaissance internationale et l’ouverture des organismes financeurs.

La CVR est la stratégie de ceux qui ont promu et réalisé le coup d’état pour obtenir l’oubli et le pardon pour les criminels. Ceci n’est pas une exagération de notre part ; en février dernier, le Centre pour la Justice et la Loi Internationale (CEJIL) déclarait que le comportement des autorités honduriennes indiquait qu’une « commission vérité planifiée par ce gouvernement serait une farce ».

Même si elle avait été créée par un état de droit, la CVR ne bénéficierait pas de la légitimité attendue. Les victimes en sont exclues, de même que d’autres secteurs de la société hondurienne; elle est créée par un décret présidentiel qui n’inclut pas les autres pouvoirs de l’état, et qui ne peut garantir l’application de la justice puisque « dans certains cas les institutions de l’état ont soutenu activement le coup d’état », précise le CEJIL.

Le CEJIL remarque qu’après le coup d’état, le parquet général et le tribunal suprême de justice ont rejeté les dénonciations d’assassinat, de tortures, d’abus sexuels et d’arrestations arbitraires « sans même diligenter un enquête ». Cette attitude persiste encore aujourd’hui.

De plus, comment peut-on croire en la bonne volonté de ceux qui contrôlent les trois pouvoirs de l’état quand ils parlent de réconciliation, si ce sont les mêmes personnes qui ont participé au coup d’état, les mêmes qui se sont auto promulgués une amnistie pour se libérer d’enquêtes judiciaires futures, les mêmes qui ont converti en « héros » du Honduras un criminel sans scrupules, les mêmes qui au mépris de la loi ont excusé le haut commandement militaire pour avoir exilé le Président Constitutionnel, les mêmes qui ont récompensé le général Romeo Vásquez Velásquez en le nommant gérant de HONDUTEL, les mêmes qui continuent le saccage des biens de l’état et répriment le peuple hondurien ?

Une Commission Vérité doit établir les faits, apporter une reconnaissance morale et éthique aux victimes des violations des droits de l’homme pour présenter ensuite des recommandations politiques qui garantissent que ne se reproduisent plus ces violations des droits de l’homme.

Nous croyons résolument que la Commission Vérité promue par la Plateforme des Droits de l’homme atteindra ces objectifs parce qu’elle est légitime, responsable, éthique et a la reconnaissance du peuple hondurien et des organisations internationales de défense des droits de l’homme.

Nous exprimons notre considération et nos remerciements aux membres nationaux et internationaux qui intègrent la Commission Vérité, pour leur grande crédibilité professionnelle et leur engagement pour la défense des droits de l’homme.

Nous résistons et nous vaincrons !

Tegucigalpa le 22 juin 2010