1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

jeudi 25 février 2010

Communiqué No. 50



Le Front de Résistance Populaire communique à la population hondurienne et à la communauté internationale:

1. Le peuple hondurien lutte face à la dictature, et consolide jour après jour son organisation face au régime totalitaire qui s’est installé par la force des armes pour préserver un système de privilèges qui vit de l’exploitation et du vol.

2. Le FNRP a pour priorité la défense des droits de travailleurs. Dans ce contexte, nous rejetons les décisions de l’oligarchie et du régime de facto qui menacent la stabilité du travail de milliers de fonctionnaires et prévoient de prendre par la force la direction de l’Association Nationale des Fonctionnaires du Honduras (ANDEPH).

3. Nous soutenons la lutte des enseignants qui défendent les conquêtes populaires. La dictature de Pepe Lobo a déjà suspendu la gratuité de l’inscription scolaire, les bourses scolaires et le goûter, bafoue le statut des enseignants, intervient illégalement au sein des directions départementales de l’éducation, refuse de transférer les fonds des associations de professeurs, ne paye toujours pas de très nombreux enseignants et poursuit les recteurs d’académie.

De plus le régime de facto a l’intention de privatiser l’Institut National de Pension des Maîtres (INPREMA), mettant en œuvre un sabotage financier se refusant a lui transférer les fonds qui leui appartiennent légalement.

4. Nous dénonçons le pillage continu des ressources de l’état depuis le coup d’état: concessions douteuses, contrats léonins et vol flagrant des fonds publics. Ces faits sont à imputer à la dictature de Roberto Micheletti, et continuent sous le régime de facto de Pepe Lobo pour le bénéfice des privilégiés qui usurpent le pouvoir.

5. Nous condamnons l’assassinat de Claudia Brizuela, membre active du Front de Résistance Populaire de San Pedro Sula. Nous en rendons responsables les corps de sécurité de l’état. Nous portons le deuil pour cet assassinat ; il se transforme en une raison de plus pour rétablir la justice et dérouter la dictature terroriste installée par l’oligarchie et l’impérialisme.

6. Nous dénonçons la campagne de dénigrement et la persécution politique contre Manuel Zelaya Rosales et nous exigeons que soit autorisé son retour en sureté au Honduras.

7. Nous rappelons que nous ne nous reposerons pas tant que nous n’aurons pas obtenu la refondation de l’état à travers la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante.

Nous résistons et nous vaincrons !

Tegucigalpa le 25 février 2010

Comuniqué No. 49


Le Front de Résistance Populaire, face à la répression continue de ses membres exercée par la dictature de Pepe Lobo, communique à la population hondurienne et à la communauté internationale:

1. Nous dénonçons le régime de facto de M. Porfirio Lobo Sosa et de son équipe de sécurité nationale, pour toutes les violations des droits de l’homme qui ont eu lieux dans notre pays depuis le 27 janvier.

2. Nous condamnons avec véhémence l’assassinat de nos camarades Vanessa Zepeda et Julio Fúnez, tous deux membres actifs du Front de Résistance Populaire et leaders de la classe travailleuse.

De même, nous condamnons l’attaque du domicile de camaradas dirigeants de la résistance et la persécution permanente et les actions d’intimidation de la part des forces de sécurité de l’état.

Nous en rendons responsables l’oligarchie hondurienne et sa représentation politique, le régime de facto de Pepe Lobo.

3. Nous exigeons pour nos compatriotes exilés le droit de revenir dans le pays en sécurité. Nous pensons en particulier à Manuel Zelaya Rosales et à ses collaborateurs, contre lesquels est organisée une campagne de diffamation pour justifier leur persécution politique.

4. Il est évident que le modus operandi de ces attentats correspond à la lettre à celui suivi dans le passé par les organes de répression de l’état, tels que le commando 3-16, qui serait aujourd’hui réactivé pour semer la terreur pour le bénéfice des groupes de pouvoir agrippés aux privilèges obtenus grâce à l’exploitation du peuple hondurien.

5. Dans ce contexte de vulnérabilité, il est absurde de mettre en œuvre une Commission Vérité nommée par un régime impliqué dans ces crimes, alors que les mêmes représentants des forces armées qui ont violé les droits de l’homme restent en fonction.

6. Nous maintenons notre position: ne pas reconnaître le régime illégitime de Pepe Lobo, en tant que continuité de la dictature qui s’est installée avec le coup d’état. Cette dictature a la prétention de se faire reconnaître internationalement à partir d’un processus électoral illégal qui n’a été observé par aucun gouvernement ni aucune organisation internationale.

7. Nous félicitons les pays d’Amérique Latina et les organisations sociales à travers le monde qui ont manifesté leur rejet de la dictature. Nous invitons également les gouvernements qui n’ont pas encore pris position à rejeter un régime qui viole les droits les plus sacrées de tout un peuple à la merci d’un système violent et corrompu.

Nous résistons et nous vaincrons !

Tegucigalpa le 23 février 2010

mercredi 24 février 2010

COMUNNIQUE No. 48


Aux représentants des gouvernements et états membres du Mécanisme Permanent de Consultation et de Concertation Politique réunis à Cancún - Mexique dans le cadre du vingt troisième sommet du groupe de Río, nous exprimons:


1. Le Honduras continue à subir un régime de facto, installé et soutenu par la force des armes le 28 juin 2009. Depuis ce jour, le peuple hondurien est soumis à de constantes violations des droits de l’homme.


2. Le régime prétend faire oublier son illégitimité et son illégalité en changeant les têtes dans l’administration de l’état, mais cela ne trompe personne: il est de notoriété publique que ceux-ci obéissent aux mêmes groupes de pouvoir qui commandent la répression et l’assassinat et qui bloquent le développement d’une varie démocratie.


3. Le processus électoral, par lequel ont pris le pouvoir les nouveaux membres de la dictature, est sur tous les points illégal: il a été mis en œuvre par des autorités complices du coup d’état qui ont empêché la libre participation de l’opposition, et feint d’ignorer la terreur qui prédominait. Pour ces raisons, aucun gouvernement n’a participé à l’observation de ce processus électoral, ni aucune organisation d’intégration régionale ou institution crédible.


L’illégitimité de ce processus a été confirmée par l’abstention massive de la population hondurienne qui n’en reconnaît pas les résultats. Ce n’est pas un hasard si le peuple continue sa lutte non violente pour dérouter le régime totalitaire actuel et revenir à l’ordre démocratique.


4. La situation des droits de l’homme est grave et est en train d’empirer. Depuis plusieurs semaines, il ya eu plus d’assassinats, plus de provocations et de persécutions contre les personnes soutenant la Résistance populaire. Les dirigeants des organes de sécurité de l’état annoncent une offensive militaire pour en finir avec l’opposition au régime.


5. Divers secteurs de la communauté internationale, les gouvernements amis, les organisations sociales et de défense des droits de l’homme ont manifesté leur rejet du régime actuel.


Pour toutes ces raisons nous déclarons:


a. Nous invitons les représentants des Etats membres du Groupe de Río à maintenir leur position de rejet de la dictature hondurienne tant que ne sera pas rétabli l’ordre constitutionnel démocratique et que ne s’arrêtent pas les violations des droits de l’homme.


b. Nous continuerons notre lutte sans accorder la moindre importante aux actions de terreur d’état contrôlé par les putschistes.


c. Nous remercions les gouvernements et organisations sociales amis pour leur préoccupation face à cette situation grave que traverse notre pays et pour les actions de solidarité pour passer la crise.

Tegucigalpa le 19 février 2010


mercredi 17 février 2010

Comuniqué No.47


Le Front de Résistance Populaire dénonce le projet du régime de facto de Porfirio Lobo Sosa de licencier les fonctionnaires et d’éliminer les organisations de travailleurs que défendent leurs droits.


L’Association Nationale des Employés Publics du Honduras (ANDEPH) a déjà reçu des menaces de destitution des dirigeants actuels pour les remplacer par des personnes obéissants aux intérêts des putschistes.


Ces faits font partie de la stratégie de l’oligarchie pour affaiblir les organisations populaires qui dans leur quasi totalité ont participé aux manifestations contre le coup d’état et maintiennent leurs exigences de rétablissement de la démocratie et de convocation d’une Assemblée Nationale Constituante Populaire.


La dictature avec à sa tête Lobo, soutenu par quelques grands entrepreneurs, s’obstine à intensifier le modèle néolibéral qui lui permet de continuer à concentrer la richesse en exploitant, violant et détruisant les ressources naturelles.


Nous appelons tous les membres de la Résistance à travers le pays et plus particulièrement les organisations de travailleurs qui résistent au monstre néolibéral de l’oligarchie à faire front aux ennemis de la classe des travailleurs.

Nous résistons et nous vaincrons !

Tegucigalpa le 5 février 2010


jeudi 4 février 2010

Discours de Juan Barahona lors de l’acte de transmission de pouvoir du Président José Manuel Zelaya Rosales...


... au peuple hondurien, représenté par le Front de Résistance Populaire.

Le Honduras a changé pour toujours. Notre peuple, aujourd’hui lancé contre la dictature de l’oligarchie et de l’impérialisme ennemis, s’est converti en un géant de dignité, de sacrifice et de conscience. Jamais auparavant dans notre histoire, nous, les secteurs populaires, n’avons été plus unis, jamais nous n’avons eu autant conscience de nos droits, nous, hommes et femmes pauvres, jamais ne s’est montrée aussi clairement la nature exploitatrice, totalitaire et assassine de ceux qui sont les propriétaires de ce pays, et qui tremblent devant la force inébranlable de la Résistance Populaire.

Aujourd’hui, au moment où les forces du passé jurent fidélité au nouveau traitre, nous pouvons affirmer avec orgueil que nous sommes réveillés et sommes capables de construire notre futur.

Avant de poursuivre, permettez moi cet acte solennel: pensons aux femmes et aux hommes qui ont offert leur vie dans cette lutte, assassinés lâchement et par traitrise par la terreur du régime de facto. Nous avons parcouru ensemble les rues, respiré les mêmes gaz empoisonnés, reçu les mêmes balles, connu la même prison, la même humiliation. Mais nous avons aussi écrit ensemble les plus belles pages de lutte et de résistance qu’a connues la patrie.

Quand s’est arrêté de batte leur cœur, ils sont morts pour revivre éternellement dans nos cœurs et dans notre lutte!

Vive les héros du Peuple ! .


Sang de Martyrs ! …Graine de Liberté !

Pour eux nous jurons qu’il n’y aura pas de repos, que nous ne négocierons jamais nos principes, que nous ne pardonnerons pas la trahison, et que nous allons transformer ce pays pour qu’il soit libre, démocratique, juste et réellement indépendant.

Nous luttons pour la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante Populaire : révolutionnaire, elle ira bien au delà des réformes tièdes qui laisseraient intact le système des privilèges, système qui permet aux puissants de vivre dans un luxe infini exploitant le travail des pauvres, volant les biens publics et exploitant sans pitié les ressources naturelles.

Nous voulons une société neuve, un être humain neuf, qui n’exalte pas l’égoïsme come valeur suprême mais qui cherche au contraire le développement intégral de la collectivité. Nous aspirons à forger des personnes solidaires, qui ressentent comme leur la misère des autres et qui luttent pour éliminer les injustices sociales provoquées par le capitalisme, le patriarcat et le racisme.

Nous nous battons pour une patrie libre d’ingérences externes, sans bases militaires pour menacer nos frères centraméricains, sans transnationales pour voler impunément nos richesses, sans classes politiques aux ordres de l’empire. Nous luttons pour l’intégration des peuples latino-américains et pour l’union de l’Amérique Centrale.

Ceci fut le rève de José Cecilio del Valle, Cabañas, Visitación Padilla, Graciela García, José Martí, Juan Pablo Wainwrigh, Manuel Cálix Herrera, Sandino, Farabundo: nos héros ainsi que les grands leaders historiques du Peuple hondurien et des peuples centraméricains. C’est l’exemple de Morazán, notre plus haute référence, qui bien que vieux de deux siècles, nous a laissé un héritage de dignité et de droiture qui encore aujourd’hui défie les ennemis du progrès.

Francisco Morazán fut assassiné il y a 168 ans par une oligarchie rétrograde et lâche, compromise avec l’empire de son temps, exactement comme l’est l’oligarchie hondurienne d’aujourd’hui. Si Morazán vivait aujourd’hui, ses ennemis seraient le COHEP et l’ANDI (patronat hondurien, ndr) et porteraient le nom de Goriletti, Elvin Santos, Pepe Lobo, Carlos Flores, Adolfo Facussé, Rafael Callejas, Rafael Ferrari et bien d’autres dont le nom seul donne la nausée.

Si Morazán vivait aujourd’hui, la classe politique qui usurpe les pouvoirs de l’Etat enverrait contre lui l’armée et la police, comme elle l’envoie contre nous qui continuons les luttes pour la souveraineté et la liberté de notre peuple

Quelle grande différence avec l’armée qu’il commanda pour défendre la loi conte les oligarques de son temps !

Que ressentirait le Général Morazán s’il voyait les militaires et les policiers tirer sur leurs compatriotes désarmés, rouant de coups les enfants et les vieillards, violant et outrageant les femmes et les jeunes filles sans défense et torturant nos jeunes ? Ce grand Général mourrait de honte.

Bien que nous l’ayons toujours su, cela n’a jamais été aussi clair qu’aujourd’hui, les Forces Armées ne servent pas à gagner des guerres, elles ne servent qu’à faire des coups d’état pour faire tomber des gouvernements légitimement élus, dès lors que le maître du nord l’ordonne à ses valets, une oligarchie minoritaire, exploitatrice et corrompue.

Le temps viendra bientôt où ces Généraux paieront pour leur délits et accompagneront dans les prisons du Honduras Nouveau les entrepreneurs et politiques putschistes.

Mais il est également apparu au grand jour que derrière les ennemis du Peuple hondurien se cache l’ennemi numéro un de tous les peuples, l’empire nord-américain. Sans son appui, cette oligarchie lâche n’aurait jamais osé faire ce coup d’état qui défie la majorité des nations.

Les fonctionnaires nord-américains sont tellement cyniques, qu’après avoir préparé tous les détails du coup d’état avec leurs valets locaux serviles, ils ont ensuite feint de le rejeter, cachant ainsi leurs intentions de légitimer la dictature derrière le piège des négociations de San José et à travers des élections frauduleuses.

Maintenant, les putschistes et leur maître hypocrite du nord, tentent de tromper les peuples et les gouvernements du monde avec des chiffres gonflés, leur faisant croire qu’il y a eu ici des « élections démocratiques ».

Il y a eu des élections démocratiques, camarades ? NON, ce qu’il y a eu, c’est une FARCE. On ne trompe pas le peuple hondurien, parce qu’ici nous savons que seuls trois pelés et deux tondus ont été voter.

Même ainsi ils veulent tromper le monde. Ils ne comptaient pas que le monde avait changé. Si auparavant tous baissaient la tête, aujourd’hui de nombreux peuples ont des gouvernements dignes qui ne s’agenouillent pas devant le dollar.

Pour ces raisons, aucun gouvernement du monde ne participe à cette cérémonie indigne de prise de pouvoir. Seuls quelques uns sont venus, les plus serviles. Ce rejet du monde est un triomphe de notre lutte, camarades. Grace à cette bataille, ils n’ont pu faire un coup d’état pour l’exportation.

De toute façon, les putschistes ont un scénario préparé par l’empire.

L’étape suivante est d’essayer de détruire les conquêtes sociales obtenues sous le gouvernement du Président Manuel Zelaya. Les putschistes utilisent les médias, tous à leur disposition, les prêchoirs des églises conservatrices et les ONGs vendues, pour faire la promotion d’un “Plan pour le Pays” qui n’est rien d’autre que la continuation du modèle néolibéral qui a noyé dans la misère la majorité et a hypothéqué l’avenir de plusieurs générations de honduriens.

Ce qu’ils recherchent au fond, c’est de respecter l’agenda du coup d’état. Leur objectif est d’abolir le statut des enseignants, de mettre en œuvre un nouvelle cure d’austérité pour nous prendre plus d’impôts, geler le salaire minimum voir le baisser s’ils le peuvent, augmenter le prix des combustibles et les bénéfices des transnationales, piller nos ressources minières, privatiser l’eau, mettre à sac nos finances, entre autres calamités. C’est pour cela qu’ils ont fait le coup d’état ces criminels !

Pourquoi devrions-nous croire les promesses d’une classe exploitatrice qui a eu 30 ans pour démontrer que son système néolibéral fonctionne? Comment prétendent ils que le peuple ait confiance en un gouvernement de putschistes, répresseurs, voleurs, fantoches et imposteurs ?

Il est impossible de faire confiance à un régime qui s’impose à pointe de baïonnettes. Le mensonge et la tromperie est leur norme. Il suffit de voir comment ils s’absolvent entre eux de leurs péchés lors de procès feints pour faire croire aux idiots qu’ici il ne se passe rien. Puis ils racontent au monde qu’ici tout est “harmonie” et “réconciliation”, malgré les assassinats de camarades qui continuent, bien que beaucoup soient obligés de s’exiler et d’autres soient menacés de mort quotidiennement. Ils portent le ridicule au point d’organiser un show pour laisser croire que le dictateur Goriletti se met à l’écart.

C’est dans ces conditions qu’ils veulent que nous nous prêtions à leur « dialogue » !

La Résistance Populaire ne participera pas à cette farce de dialogue avec l’oligarchie et encore moins avec son gouvernement abject.

Les putschistes ne pourront plus tromper ce peuple qui a atteint des niveaux de conscience supérieurs au passé. La grande majorité des Honduriens sait que Pepe Lobo est la continuité de la dictature, est la continuité du néolibéralisme, est la garantie pour l’empire de pouvoir utiliser le Honduras comme base pour ses opérations militaires et ses projets de stopper les processus de changement en Amérique latine.

Pepe Lobo N’EST PAS NOTRE PRESIDENT, de même que Goriletti ne le fut jamais. C’est le “président” des Kaffati, Hándal, Facussé, Ferrari, Maduro, Callejas, entre autres; c’est le “président” des traitres, des corrompus, de ceux qui vendent la patrie.

Pour cela aujourd’hui, l’écharpe présidentielle légitime ne sera pas donnée à Lobo; celui qui la reçoit, c’est le peuple en lutte, le peuple digne. Aujourd’hui l’écharpe présidentielle, au nom de la majorité de la population, c’est le Front de Résistance Populaire qui la reçoit !

C’est évidemment un honneur pour la Résistance de recevoir l’écharpe présidentielle des mains du Président légitime Manuel Zelaya, le seul à avoir été élu par la volonté majoritaire du Peuple.

Camarades.

La Résistance ne reçoit pas cette écharpe comme un trophée ou une simple reconnaissance pour ses efforts. Elle la reçoit comme la plus haute responsabilité : celle de représenter le Peuple et d’obtenir que surgisse la réelle Démocratie, participative et populaire.

Maintenant, le chemin qui se présente devant nous est empli de défis; le Front de Résistance Populaire est une force nationale comptant sur une impressionnante capacité de mobilisation et une immense sympathie, mais il manque encore beaucoup pour le consolider.

La nouvelle consigne est: Organisation ! Mobilisation ! Formation !

Ces trois mots de d’ordre doivent être assumés par les cellules de la Résistance dans chaque quartier, dans chaque communauté rurale, dans chaque centre de travail ; partout doit prévaloir la démocratie interne. Le Front de Résistance Populaire doit canaliser les besoins des groupes de paysans, ouvriers, indigènes, noirs, homosexuels, artistes, habitants des quartiers urbains marginalisés, micro et petits entrepreneurs, écologistes, femmes, étudiants, forces politiques progressistes et démocratiques, enseignants, professions libérales, défenseurs des droits de l’homme, jeunes, églises populaires et autres organisations. Autant dire tous les secteurs exploités, opprimés et marginalisés de notre nation sans aucune exception.

De part la variété d’idéologies qui intègrent le Front, il faut assumer une attitude de débat sincère et mur ; l’unité dans la diversité est notre caractéristique la plus importante, il faut la renforcer. A cet égard, il est important de reconnaître le leadership et l’attitude de notre président Manuel Zelaya Rosales, qui est arrivé à l’ extrême de se sacrifier et de risquer sa vie pour lutter pour la démocratisation de notre Patrie.

Aujourd’hui le Président Zelaya a gagné contre les tentatives vaines de casser sa volonté et de ternir son exemple. C’est la fin d’un cycle : pour la première fois depuis le retour des élections dans notre pays, un président a été proche des besoins du peuple, a affronté la classe la plus conservatrice du pays et a été capable d’assumer l’agenda des secteurs populaires.

Comme ses ennemis sont petits! Comme ils sont lâches !

Camarade Président. Sachez que la Résistance le considère comme un leader incontestable. A votre retour, vous retrouverez un peuple en lutte, que rien ne peut arrêter, et avec encore plus de courage et d’envie de dérouter la dictature. Mais également une Résistance Populaire mieux organisée et plus consciente.

Le Peuple hondurien commence maintenant une étape distincte dans la lutte pour la construction d’un pays nouveau.

Le Front de Résistance Populaire voit clairement ce défi. Son plan stratégique formule : “Etre un instrument de pouvoir populaire plus fort, pour conquérir le pouvoir, construire de nouvelles institutions et refondre la République, pour que surgisse une nouvelle démocratie populaire où nous participions toutes et tous, où nous soyons les protagonistes d’un Etat de justice sociale, pour garantir la solidarité, la liberté et l’indépendance, à travers une Assemblée Nationale Constituante qui formulera et approuvera la première constitution Politique faite par le peuple, avec une vision latino-américaine.”

Le chemin ne sera pas facile, il sera semé d’obstacles et de sacrifices, mais nous sommes certains de triompher à la fin contre l’oligarchie et ses maîtres de l’empire.

De notre côté, nous avons le soutien du peuple, l’expérience de la lutte populaire et la conscience de la justesse de nos aspirations.

Nous saurons répondre aux responsabilités que nous assumons aujourd’hui.

Vive le peuple héroïque de Morazán !

Vive le Président Manuel Zelaya Rosales!

Vive le Front de Résistance Populaire!

Vive l’Assemblée Nationale Constituante Populaire !

Nous résistons et nous vaincrons !

FRONT DE RESISTANCE POPULAIRE

Tegucigalpa le 27 janvier 2010

vendredi 29 janvier 2010

Comuniqué No. 46


Tegucigalpa.- La coordination du Front de Résistance Populaire confirme sa décision de ne pas reconnaître le régime de Porfirio Lobo, le considérant comme la continuité de la dictature imposée par l’oligarchie à travers le coup d’état du 28 juin. En conséquence, la Résistance n’autorise aucun de ses membres à participer à quelque pouvoir de l’état que ce soit; la Résistance ne participera pas non plus au faux dialogue que les putschistes proposent pour valider un Plan National appliquant des mesures néolibérales pour maintenir les privilèges de la minorité qui usurpe le pouvoir.

Nous démentons les affirmations des médias putschistes et de certains politiciens qui affirment que les membres du parti Union Démocratique élus au Parlement font partie de la Résistance. Ces élus sont des collaborateurs de la dictature; leur candidature émane de la direction du parti Union Démocratique et non de la volonté de sa base, qui elle est restée fidèle aux consignes du Front de Résistance Populaire de NE PAS participer aux élections illégales et illégitimes du 29 novembre et qui par conséquence rejette les autorités putschistes.


Nous résistons et nous vaincrons !

Tegucigalpa, le 26 janvier 2010

dimanche 17 janvier 2010

Solidaridarité avec Haïti


Le Front de Résistance Populaire (FNRP) du Honduras exprime sa solidarité avec le peuple haïtien dans ces moments de tragédie occasionnée par le tremblement de terre, et qui a causé des dizaines de milliers de morts, blessés et d’immenses dégâts matériels.

Ces événements nous ont touchés profondément et nous sommes disponibles pour toute aide que nous pouvons apporter. Le désastre produit par ce tremblement de terre vient s’ajouter à tous les malheurs vécus par ce pays, comme par le notre. Nous nous identifions directement avec les coups qu’a reçu ce peuple au nom de la paix et de la démocratie et nous mettons à disposition toute notre énergie et tous nos efforts, qui bien que limités, sont totalement sincères et sans arrières pensées.

Le malheur d’Haïti remonte aux temps de la colonisation, puis aux dizaines d’années de néolibéralisme féroce, de capitalisme inhumain et d’ingérence, dont le plus récent exemple est le coup d’état de 1991 qui a renversé le président Aristide pourtant élu avec 75% des suffrages, pour ensuite installer un gouvernement dominé par les intérêts internationaux, les mêmes qui aujourd’hui rejettent la faute à la nature pour les malheurs desquels ils sont pourtant en grande partie responsables, du fait de la fragilité sociale causée par leurs politiques publiques.

Nous partageons une réalité très proche de celle de nos frères et sœurs haïtiens: comme eux, nous avons vécu la douleur de catastrophes naturelles transformées en catastrophes humaines par le type de système économique qui nous est imposé.

Néanmoins, malgré les limites dues à la misère de nos peuples, le Honduras a reçu un Soutine immédiat des organisations populaires haïtiennes lorsque l’oligarchie et l’impérialisme ont mené le coup d’état du 28 juin dernier.

En tant que FNRP, nous ferons tout notre possible pour faire aboutir les initiatives en cour de plusieurs camaradas en résistance pour apporter de l’aide à ce peuple qui vit aujourd’hui ses jours les plus tristes. De même, nous saluons l’action d’autre pays amis qui témoignent leur solidarité sans attendre de récompense en retour. Le Honduras connaît bien cette solidarité qui prétend rester anonyme mais que les peuples n’oublient jamais.

Tout notre soutien au peuple de Haïti !

Tegucigalpa le 15 janvier 2010

lundi 11 janvier 2010

DECLARATION DE SIGUATEPEQUE

La Résistance hondurienne a su s’opposer avec dignité à la bestialité des ennemis de la liberté et de la démocratie. Au cours des 6 mois de lutte pacifique continue, nous avons maintenu que la seule sortie de crise possible passe par le retour à l’ordre institutionnel, la condamnation de ceux qui violent les droits de l’homme et la convocation d’une Assemblée Constituante. Nous ne demandons pas, soumis, une faveur aux usurpateurs. Nous sommes conscients de notre force et de nos capacités. Nous sommes un pouvoir réel, constitué à travers tout le pays, d’organisations de base qui pratiquent la réelle démocratie. Nous somme légitimisés par le sacrifice d’un peuple dont la conscience sociale a été forgée par les luttes du mouvement populaire, la spiritualité des pauvres et l’exemple d’hommes et de femmes qui ont donné leur vie pour transformer le pays.


Les ennemis du peuple sont: l’oligarchie qui s’enrichit de la misère des travailleurs et du vol de leur ressources; les entreprises transnationales qui exploitent les richesses du pays et volent l’Etat; les dirigeants des églises, marchands de foi et profiteurs de l’ignorance; les militaires et les policiers toujours prêts à assassiner, violer et torturer le peuple pour de l’argent; les cohortes de serviteurs qui par aliénation ou intérêt protègent les richesses volées par d’autres; tous ceux qui après avoir utilisé pendant des années les faiblesses de la démocratie représentative pour asseoir leur pouvoir politique et économique montrent maintenant leur vraie nature génocidaire et totalitaire, et ferment maintenant le peu d’espace de participation qui existait, arrêtant ainsi le projet morazanique qui a permis que pour la première fois un lider inespéré remette en question l’hégémonie des millionnaires et commette le péché impardonnable de donner au peuple l’opportunité de s’exprimer et de décider par lui-même.


La crise sociale et politique actuelle est la cristallisation du conflit qui oppose depuis des années d’une part les intérêts mesquins des groupes d’entrepreneurs et oligarchiques, et d’autre part les besoins et les droits des secteurs populaires: paysans, ouvriers, indigènes, noirs, groupes lesbiens et gays, artistes, habitants des bidonvilles, petits et micro entrepreneurs, mouvements écologistes, féministes, organisations d’étudiants, forces politiques progressistes et démocratiques, enseignants, groupes de défense des droits de l’homme, jeunes, églises populaires et autres organisations populaires sont en train de s’unir lentement mais surement face à un modèle néolibéral qui augmente les contradictions des classes, et face à un coup d’état qui dévoile l’intransigeance d’une minorité quant à la répartition de la richesse générée par le travail de tous.


Il s’agit d’une bataille sans merci. La droite s’appuie sur le contrôle de l’état, le soutient des gouvernements réactionnaires du monde, les mass médias et les corps de répression. Mais les processus sociaux ne peuvent être stoppés avec des campagnes médiatiques, ne peuvent s’inverser par les armes ni être endormis par les fausses prières des prêtres et pasteurs de l’oligarchie. Il est impossible de paralyser le peuple avec un simulacre d’élection ou un faux dialogue national aboutissant à l’abandon de la dignité en échange d’une fausse paix où coexistent la misère et l’opulence.


La dégénération accélérée des putschistes est inévitable car leur logique de business et leur égoïsme ostentatoire les mènera à se disputer le butin de l’état et à appliquer sans respect le modèle économique épuisé d’accumulation de capital.


Cette classe décadente ne comprend pas la noblesse morale de tout un peuple qui ne pense déjà plus à s’opposer par des réformes, mais marche droit vers la refondation totale de l’état. Un peuple qui est appelé à s’organiser au niveau national pour dérouter la dictature et asseoir les bases d’une démocratie participative qui satisfasse la demande de justice sociale et condamne les criminels qui ont violé les droits de l’homme.


Cette bataille est aussi internationale. Le coup d’état est un élément du plan de contrôle de la région par les pouvoirs économiques des transnationales pour freiner et inverser les processus de changement sociaux à l’œuvre en Amérique Latine, parce que ces derniers montrent qu’il est possible de créer des sociétés justes, démocratiques et souveraines. Le coup d’état au Honduras accompagne le Plan Colombie, la réactivation de la Quatrième Flotte, le blocus économique de Cuba, les attaques envers le Venezuela, les actions de déstabilisation en Bolivie et en Equateur. Le coup d’état représente le projet de revenir à une Amérique Latine propriété de Texaco, United Fruit Company, Bayer, Monsanto, Exxon Mobil, Cargill, Alcoa, Walmart, Nestle, Toyota, Citigroup, Coca Cola et consorts.


Mais la Résistance hondurienne n’est pas seule. Nous nous savons accompagnés par les peuples et les gouvernements honnêtes du monde; nous sommes frères avec les organisations populaires, démocratiques et révolutionnaires d’Amérique Latine. Il est impossible de recenser toutes les manifestations de solidarité déjà reçues et les engagements de les renouveler.


Le Honduras est aujourd’hui la scène où se joue son propre avenir ainsi que celui de beaucoup de peuples. Pour cela il ne peut y avoir d’autre issue que la victoire.


La Résistance ira jusqu’au bout : la transformation de la patrie, l’intégration de l’Amérique Centrale et Latino-Américaine, la souveraineté totale de nos peuples, la liberté, l’égalité et justice.



Vive le peuple héroïque de Morazán !

Nous résistons et nous vaincrons!

.

Siguatepeque le 10 Décembre 2009

samedi 9 janvier 2010

COMUNIQUE No. 44


Le Front de Résistance Populaire communique:


1. La Résistance hondurienne commence l’année 2010 en pleine lutte contre la dictature, et rejette les manœuvres de l’oligarchie pour se blanchir à travers le faux processus électoral de transition de Micheletti vers Lobo, qui laissera intact le système de domination par une minorité privilégiée d’entrepreneurs corrompus, d’entreprises transnationales et de militaires et policiers répressifs.


2. La dictature se prépare à retirer le Honduras de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique - Traité Commercial des Peuples (ALBA-TCP), qui depuis sa signature le 9 de octobre 2008 a bénéficié aux secteurs populaires de notre pays et a montré qu’il est possible de mener un nouveau type de relations solidaires entre peuples et gouvernements, pour le bénéfice des pauvres, et promouvoir une véritable intégration de la grande patrie latino-américaine.

Le retrait imminent de l’ALBA-TCP démontre que le coup d’état a été organisé pour arrêter les transformations structurelles urgentes de la société et avertir les autres peuples latino américains qui construisent des projets nationaux alternatifs et progressistes.


3. Nous rejetons les mesures économiques impulsées par l’oligarchie contre le peuple et nous dénonçons ses intentions ouvertes de détruire les conquêtes sociales qui ont tant coûté aux secteurs populaires organisés. Les prix de l’eau et des biens de premières nécessité ont augmenté ; les réserves en devises de l’état et l’épargne des entreprises d’état comme l’Entreprise Nationale d’Energie Electrique ENE ou celle de télécommunication Hondutel ont fondu ; la formule de calcul du prix des hydrocarbures a été modifiée en faveur des transnationales ; en permanence sont signés des contrats bénéficiant aux entreprises impliquées dans le coup d’état. De plus, d’autres mesures sont en préparation, comme la diminution réelle du salaire minimum, l’annulation de la réforme des statuts des professeurs, l’annulation de la gratuité des frais d’inscription scolaire, la dévaluation du Lempira, la privatisation des entreprises nationales et des retraites des fonctionnaires, entre autre.


4. Nous dénonçons à la communauté internationale la répression que vit la société hondurienne et qui s’est aggravée depuis la fin de l’année avec une augmentation des assassinats, persécutions et exil forcé de nos camarades. Nous appelons les organisations internationales de défense des droits de l’homme à augmenter la pression sur le régime de facto.


5. Nous rejetons les projets de la dictature de s’auto accorder une amnistie pour les crimes de lèse humanité commis depuis le coup d’état. Nous rappelons que de tels crimes ne peuvent être prescrits et que tôt ou tard, leurs responsables en répondront devant la justice.


6. Nous maintenons notre exigence de retour à l’ordre institutionnel et de convocation d’une Assemblée Nationale Constituante démocratique et populaire, car le peuple a le droit souverain de définir la société dans laquelle il vit.


Nous Résistons et nous Vaincrons !


Tegucigalpa le 7 janvier 2010



mercredi 6 janvier 2010

Honduras : Disparitions et assassinats, une vague répressive contre la Résistance

par Giorgio Trucchi

Le CODEH dénonce un plan de terreur pour en finir avec le processus de fortification d’une alternative politique et sociale dans le pays. Plusieurs demandes d’enquête sont en cours, dont une devant la Cour Pénale Internationale.

Des arrestations et des détentions illégales, des assassinats et des disparitions ont caractérisé les dernières semaines au Honduras, que différentes organisations de droits de l’homme ont classé comme une vraie offensive pour détruire le récent travail d’organisation et de renforcement du Front National de Résistance Populaire (FNRP), dans sa tentative de commencer son cheminement vers la conformation d’une force politique et sociale capable de contrer les partis traditionnels pro-putschistes et d’appuyer l’installation d’une Assemblée Nationale Constituante.

Après les élections controversées du 29 novembre dernier, pour lesquelles au sein d’une abstention significative que 60% a été élu le candidat du Parti National, Porfirio “Pepe“ Lobo Sosa. Depuis dans le pays c’est une vague de répression sanglante contre les membres actifs de la Résistance qui s’est abattue, intensifiant encore celle la répression constante qui sévit depuis le coup d’État du 28 juin 2009.

A l’aube du 14 décembre, Walter Tróchez, défenseur des droits de l’homme, spécialement de la communauté LGTTB a été assassiné. Ils l’ont jeté depuis une voiture au centre de Tegucigalpa, quelques jours auparavant il avait été séquestré, cruellement frappé et il avait réussi à se sauver en se jetant du véhicule conduit par des hommes qui l’accusaient d’être un membre du Front National Contre le Coup d’État.

Le 6 décembre, cinq jeunes hommes, tous membres actifs de la Résistance, ont été assassinés de sang-froid à la Colonia Villanueva, dans la partie est de la capitale, tandis qu’un jour avant des hommes armés ont fait irruption dans les installations du journal El Libertador, en menaçant le personnel des rotatives qui durant ces cinq derniers mois a durement travaillé pour dénoncer le coup d’État, et en emportant des ordinateurs et des appareils photos.

Le 8 décembre ont été libérés quatre des cinq activistes de la Résistance qui avait été séquestré quelques jours avant. Le cinquième, Santos Corrales García, a été assassiné et son corps décapité a été trouvé à 50 kms à l’est de la capitale.

“Les 4 et 5 décembre, un groupe de cinq personnes avec des passe-montagne et habillées avec les uniformes de la Direction Nationale d’Investigation Criminelle (DNIC), armés de fusils Galil et de pistolets 9 mm -l’armement officiel de la Police- ont arrêté monsieur Santos Corrales García et quatre autres personnes dans la Colonia Nueva Capital de Tegucigalpa, raconte le directeur du Comité pour la Défense des Droits de l’Homme au Honduras (CODEH), Andrés Pavón.

Les personnes enlevées ont été cagoulées pour qu’elles ne puissent pas identifier le lieu où elles ont été emenées, possiblement un centre clandestin de détention. Elles ont été torturées pour donner des informations sur les leaders de la Résistance dans la colonia où ils vivent, et les tortionnaires ont exigé de connaître l’endroit où vit madame Ada Marina Castillo, elle aussi membre de la Résistance.

Nous sommes face à une vraie stratégie de la terreur, continue Pavón, et c’est un plan pour arrêter le processus d’organisation de la Résistance avant la prise de pouvoir de Lobo le 27 janvier prochain. C’est un plan qui va s’intensifier dans les semaines à venir et nous voyons déjà comment la police et l’armée capture les jeunes hommes dans les quartiers et les colonias, tandis que les leaders de la Résistance au niveau national suivent sans pouvoir avoir une vie normale par crainte à ce qui peut leur arriver”.

Pour le directeur du CODEH la vague répressive vise à décapiter le mouvement de résistance, pour que le nouveau gouvernement, issue d’un processus électoral irrégulier et illégitime, n’ait pas à lutter avec une résistance active et organisée.

“Le CODEH et la Plate-forme que nous composons avec différentes organisations de droits de l’homme demande l’intervention de la Commission Interaméricaine des Droits de l’homme (CIDH), pour qu’elle mette en application le mécanisme de mesures de précaution en faveur des personnes menacées.

De plus, nous dénonçons tout ce qui se passe dans notre pays devant les organes des droits de l’homme de l’ONU et devant le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour qu’une enquête et un jugement soient initiés contre les responsables de ces crimes.

Nous savons, explique Pavón, que l’Accord Tegucigalpa-San José prévoyait la mise en place dans les mois suivants d’une Commission de la Vérité. Cependant, nous croyons que les conditions pour qu’elle puisse sièger ne sont pas réunies, parce que dans le pays il n’y a pas encore de garanties d’État de droit, et beaucoup moins de confiance et de fiabilité dans les organes de justice de ce pays. Il ne peut y avoir une Commission de la Vérité dans le cadre de ces barbaries”.

Des organismes internationaux suivent de près le cas du Honduras

GIFEn septembre dernier, l’Association Pour les Droits de l’Homme d’Espagne (APDHE) et la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) ont présenté un communiqué à la CPI, pour qu’elle commence une enquête afin de déterminer la responsabilité pénale de ceux qui ont commis de graves violations aux droits de l’homme dans le cadre du coup d’État au Honduras, tandis que l’Observatoire International sur la Situation des Droits de l’Homme au Honduras (OISDHHN) a lancé un appel urgent auprès de la communauté internationale pour qu’elle reste vigilant face aux graves violations des droits de l’homme dans le pays.

De son côté, Amnesty International a demandé une enquête indépendante qui garantit que tous les responsables d’abus de droits de l’homme soient ammenés devant la justice.

Dans un document rendu public pendant une conférence de presse au Honduras, la délégation d’Amnesty International a exigé “la révocation de toute la législation, tous décrets et de tous les ordres exécutifs émis par les autorités de facto qui affectent directement ou indirectement les droits de l’homme, l’assurance que l’armée revienne dans ses casernes, qu’elle arrête de participer à des opérations policières, et que tous les membres des forces de sécurité rendent des comptes pour les abus commis entre le 28 juin et fin novembre”.

“C’est important, a terminé le directeur du CODEH, que continue la solidarité avec le peuple hondurien et l’observation de ce qu’il se passe au Honduras, surtout en ce moment où augmente une persécution à caractère sélectif”.

Source : Rel-UITA

Traduction : Primitivi