1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

lundi 9 novembre 2009

Communiqué No. 34



Le Front de Résistance contre le Coup d’Etat au Honduras, communique à la population hondurienne et à la communauté internationale :

1. La limite fixée au jeudi 5 novembre minuit ayant été atteinte sans que soit restitué le président légitime Manuel Zelaya Rosales, nous rejetons activement le processus électoral du 29 de novembre prochain.

Des élections impulsées par un régime de facto qui réprime et viole les droits humains et politiques des citoyens, ne représentent rien d’autre qu’une reconnaissance de la dictature de l’oligarchie nationale et une méthode pour maintenir un système qui marginalise et exploite les secteurs populaires au privilège de quelques uns.

La participation à un tel processus donnerait une légitimité au régime putschiste ou à son successeur qui prendrait fonction frauduleusement le 27 janvier 2010.

2. Nous maintiendrons le rejet de la farce électorale même si dans les jours qui viennent, le Président Manuel Zelaya était rétabli dans ses fonctions, puisque 20 jours ou moins, ne suffiraient pas pour démonter la fraude électorale en préparation, par laquelle l’oligarchie putschiste cherche à consolider son projet antidémocratique et répressif.

Cela ne signifie pas que nous ayons renoncé à notre revendication fondamentale de voir rétabli l’ordre constitutionnel, incluant la restitution du présidente Zelaya à la charge à laquelle il fut élu pour quatre ans par le peuple hondurien.

3. Aujourd’hui plus encore, il apparaît que l’exercice de la démocratie participative via la convocation d’une Assemblée Nationale Constituante est non seulement un droit non négociable, mais aussi la seule issue pour doter la population hondurienne d’un système politique démocratique et inclusif.

4. Nous dénonçons l’attitude complice du gouvernement des Etats Unis qui a manœuvré pour faire durer la crise, et montre maintenant ses véritables intentions de reconnaître le régime putschiste, afin de s’assurer que le prochain gouvernement soit docile aux intérêts des compagnies transnationales et à son projet de contrôle régional. Pour ces raisons, nous partageons la décision du Président Manuel Zelaya de déclarer l’échec de l’accord de Tegucigalpa; cet accord fait partie de la stratégie nord-américaine pour gagner du temps et valider le processus électoral.

5. Nous appelons les organisations et les candidats politiques qui postulent pour le 29 novembre, à être conséquents avec leurs engagements passés et à se retirer publiquement de la farce électorale.

6. Nous convoquons la population organisée ou non à se sommer aux actions de rejet de la farce électorale et à mener des actions de désobéissance civile, sous la protection de l’article 3 de la Constitution de la République, qui nous confère le droit à la désobéissance et à l’insurrection populaire.

7. Nous appelons les gouvernements et les peuples frères du monde à maintenir la pression politique pour dérouter la dictature militaire imposée par l’oligarchie et l’impérialisme, et rejeter les fausses élections du 29 novembre prochain ainsi que les autorités qui prétendent se présenter comme les représentants élus du peuple.

“NOUS RESISTONS ET NOUS VAINCRONS”

Tegucigalpa, le 9 novembre 2009

vendredi 6 novembre 2009

Communiqué No. 33



Le Front de Résistance contre le Coup d’Etat au Honduras, communique à la population hondurienne et à la communauté internationale :

1. Pendant 131 jours de lutte consécutifs, nous avons fait pression pour une sortie pacifique à la crise politique que vit notre pays à la suite du coup d’état perpétré par l’oligarchie hondurienne. Nous avons accompagné les initiatives impulsées par divers secteurs nationaux et internationaux, en maintenant trois exigences fondamentales: a.) le retour à l’ordre institutionnel avec la restitution du président légitime Manuel Zelaya Rosales, b.) le respect du droit souverain d’installer une Assemblée Nationale Constituante pour refondre la patrie et c.) Le châtiment pour deux qui violent les droits de l’homme.

2. Le dit accord de Tegucigalpa-San José considère comme prioritaire le retour à l’ordre constitutionnel, littéralement “rétablir le pouvoir exécutif à son état d’avant le 28 juin jusqu’à son terme de 4 ans le 27 janvier 2010”.

3. Le Congrès National, coresponsable de la rupture de l’ordre constitutionnel le 28 juin, met en œuvre une tactique dilatoire pour ne pas convoquer le plenum qui doit suspendre le décret ayant installé au pouvoir le régime de facto.

4. La OEA et le gouvernement des Etats Unis, que nous considérons complice du coup d’état militaire, ne démontrent pas un intérêt pour un abandon du pouvoir définitif par les putschistes.

Pour ces raisons, déclarons que :

1. Si aujourd’hui jeudi 5 novembre au plus tard à minuit, le président José Manuel Zelaya Rosales n’est pas rétabli dans ses fonctions, le Front de Résistance contre le Coup d’Etat ne reconnaitra pas le processus électoral et ses résultats.

2. Nous appelons toutes les organisations nationales de la Résistance à ne pas reconnaître la farce électorales si le président Zelaya n’est pas restitué dans les délais impartis.

3. Nous appelons la communauté internationale à maintenir sa position de rejet du régime de facto ainsi que des élections du 29 novembre.


“NOUS RESISTONS ET NOUS VAINCRONS”


Tegucigalpa, le 5 novembre 2009

jeudi 5 novembre 2009

« Drôle » de pacte au Honduras


La restitution du pouvoir à Manuel Zelaya est suspendue au vote du Congrès.

Quand le pouvoir sera-t-il restitué au président du Honduras, Manuel Zelaya ? Nœud gordien de la crise politique qui agite le pays depuis le coup d’État du 28 juin, l’accord conclu jeudi entre le régime de facto de Roberto Micheletti et les émissaires des autorités légitimes n’avance pourtant aucune date butoir. Selon le texte officiel, il revient aux 128 députés du Congrès de procéder à la restitution du pouvoir à Manuel Zelaya jusqu’à expiration de son mandat en janvier prochain, après avis non contraignant de la Cour suprême de justice.

Pour mémoire, cette institution ainsi que la majorité des députés du Parti libéral, dont sont issus Zelaya et Micheletti, et du Parti national s’étaient rangés du côté des putschistes. Depuis l’ambassade du Brésil, où il est toujours confiné, le président destitué a annoncé qu’il comptait revenir aux affaires du pays jeudi, au plus tard, tout en pointant qu’« il serait lamentable que le Congrès nie la restitution démocratique ». Du côté des putschistes, on joue la montre. « Personne ne peut imposer des délais aux pouvoirs de l’État », a proclamé Arturo Corrales, émissaire de Micheletti aux négociations, tandis que le gouvernement d’union nationale est censé voir le jour le 5 novembre. Retarder le retour de Zelaya serait encore le meilleur moyen pour le régime de facto de garder au maximum la main sur les affaires du pays jusqu’à la tenue des élections générales (présidentielle, législatives, municipales) qui auront lieu le 29 novembre.

« S’il est appliqué de bonne foi, cet accord résoudra la crise », a réitéré le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, certain d’une médiation déterminante dans le dénouement du conflit. Rien n’est moins sûr. Au lendemain de pourparlers étrangement efficaces après des semaines d’enlisement, et symboliquement conclus à un mois des élections, les yeux se tournent déjà du côté des États-Unis. Un « pacte secret et non écrit » aurait été passé entre le sous-secrétaire d’État américain pour l’Amérique latine, Thomas Shannon, dépêché à Tegucigalpa par Hillary Clinton, et Portifirio Lobo, candidat à la présidentielle et chef du Parti national, rapporte la BBC. Selon ce pacte, Lobo favoriserait un retour à la normale en s’assurant du vote des 55 députés de la formation en faveur de la restitution de Zelaya. En échange, poursuit le média, celui qui fait la course en tête dans les sondages aurait reçu la garantie que les résultats du 29 novembre soient reconnus par l’administration états-unienne. Ces tractations, si elles se révèlent vraies, en diraient long sur le rôle plus qu’ambigu joué par les États-Unis dans ce conflit. À moins que cette crise ne soit la bienvenue pour remettre sur les rails un pays jugé trop proche des gouvernements socialistes de la région.

Cathy Cebe http://www.humanite.fr/article2754562,2754562

lundi 2 novembre 2009

Comuniqué No. 32

Le Front de Résistance contre le Coup d’Etat au Honduras, communique à la population hondurienne et à la communauté internationale, devant l’imminence de la signature d’un accord entre la commission représentant le président légitime Manuel Zelaya Rosales et les représentants du régime de facto


1. Nous célébrons comme une victoire populaire sur les intérêts mesquins de l’oligarchie putschiste la prochaine restitution du président Manuel Zelaya Rosales. Cette victoire a été obtenue au prix de quatre mois de lutte et de sacrifice du peuple qui a su, malgré la répression sauvage des forces armées de l’état au mains de la classe dominante, résister et s’organiser au point de se convertir en une force sociale irréductible.


2. La signature par la dictature du document qui « rétablit le titulaire du pouvoir exécutif à son état avant le 28 juin » démontre qu’il y a eu au Honduras un coup d’état, et qu’il faut le casser pour revenir à l’ordre constitutionnel et garantir au peuple un cadre démocratique dans lequel il puisse faire valoir son droit à transformer la société.


3. Nous exigeons que les accords qui seront signés à la table des négociations soient validés à l’Assemblée Nationale. Nous appelons tout(e)s nos camarades pour qu’ils fassent pression pour que ces accords soient mis en œuvre immédiatement.


4. Nous répétons que l’Assemblée Nationale Constituante est une aspiration non négociable du peuple hondurien, un droit pour lequel nous continuerons à lutter dans la rue, jusqu’à obtenir la refondation de la société en une véritable démocratie, juste et égalitaire.

“APRES 125 JOURS DE LUTTE, PERSONNE NE SE REND”
Tegucigalpa, le 30 octobre 2009

Honduras : la violence est du côté des putschistes


Le second rapport du Comité de Familles de Détenus Disparus au Honduras (COFADEH) depuis le début du coup d’état est affligeant. Enorméments de violations des libertés fondamentales, beaucoup de cas de torture, des menaces de mort, des arrestations arbitraires, beaucoup d’atteinte aux femmes et aux jeunes. Ainsi les membres de l’organisation Jeunesse Populaire Morazaniste font l’objet de constantes menaces par SMS. D’un autre côté le Honduras est le pays où les oligarques ne sont pas des plus tendres, un peu comme partout en Amérique Latine d’ailleurs. Comme l’est Tuky Bendaña de San Pedro Sula, qui paie des policiers pour agresser les personnes qui lui font ombrage. Bref, même si le Honduras est un pays excessivement violent 50/1000 homicides par an la violence globale est tout de même toujours du même coté : les oligarques, les latifundistes, et depuis le 28 juin les putschistes.

Le visage et les chiffres de la répression !

21 assassinats officiellement recensés, parmi ceux-ci 4 professeurs ; plus de 4 000 plaintes de violation de la liberté fondamentale et de 114 citoyens et citoyennes accusées de sédition sont rapportés dans le second rapport sur les violations des droits de l’homme après le coup d’État, dénommé “le visage et les chiffres de la répression”.

Dans la présentation du deuxième rapport sur les violations des droits de l’homme le Comité de Familles de Détenus Disparus au Honduras (COFADEH), révèle l’augmentation des violations des droits de l’homme pendant 115 jours de résistance contre le coup d’état perpétré le 28 juin dernier.

Jusqu’à présent il y a 5 détenus politiques, 4 cas catalogués comme persécution directe de la jeunesse. Plusieurs d’entre eux ont eu à sortir du pays. De la même manière il y a 500 procédures de plaintes déposées par la population à l’Antenne d’Accès à la Justice du COFADEH.

De plus sont inscrits 3 attentats contre des personnes et 95 menaces de mort. En ce qui concerne les atteintes à l’intégrité de la personne on enregistre 133 cas de traitements cruels qui ne sont rien d’autres que des tortures, parmi ceux-ci on trouve 15 cas de liaisons graves, 394 personnes présentent des lésions et des coups, et plus de 211 personnes sont affectées par des armes non conventionnelles.

Violation de la liberté de circulation

En ce qui concerne les droits à la liberté de circulation se sont produites 1 987 détentions illégales, 2 tentatives de séquestration et il y a eu 114 détenus politiques accusés de sédition, qui passent en jugement, mais maintenant en liberté conditionnel.

10 allanamientos, 13 plaintes pour persécution envers des responsables sociaux et des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que 4 attentats contre des organisations, parmi celles-ci le Syndicat de Travailleurs des Boissons et Similaires (STIBYS), le Syndicat de Travailleurs du Patronage National de l’Enfance (SITRAPANI) et le COFADEH.

Le premier rapport dénonçait les violations des droits de l’homme enregistrées dans une période allant du 28 juin au 17 juillet. Et ce second rapport lui va du 16 juillet au 15 octobre 2009.

Au sujet de la liberté d’expression, 14 violations ont été enregistrées contre des médias et 12 agressions contre des journalistes. En ce qui concerne la liberté de circulation, il y a eu 52 retenues militaires et policières durant les couvre-feux ordonnés du régime de facto.

“Connaissant les effets de la dictature militaire nous pouvons dire que ce n’était pas un fait isolé mais nous étions en face de toute une stratégie non pour prendre et contrôler le pouvoir durant deux mois, mais pour prendre ce pouvoir a long terme, ou bien que la dictature est arrivée pour rester dans la région”, a déclaré Bertha Oliva, coordinatrice du COFADEH.

Bien que la dictature militaire que nous vivons aujourd’hui a des traits similaires à celle que nous avons subit pendant les années quatre-vingts, une différence importante est qu’à cette époque les tortionnaires du peuple cachaient leurs visages, ils cachaient aussi leurs noms.

“Aujourd’hui, au contraire, les tort ont un visage, ils ont un nom et nous sommes devant des gens avec un uniforme bleu, vert olive et blanc. L’autre de nos grands soucis est la stratégie de la dictature militaire contre le secteur de l’éducation qui se matérialisent depuis les détentions illégales et arbitraires à la rétention d’universitaires, en passant par l’enregistrement des profils, de requêtes de procureurs pour les poursuivre et lancer un procès, jusqu’à arriver à l’assassinat.

Conformément aux registres de cet organisme, les morts des maîtres Roger Abraham Vallejo, Mario Contreras, Félix Murillo et Eliseo Hernández, sont en relation avec le contexte du coup d’état.

Carlos H. Reyes, le candidat présidentiel indépendant et le membre du Front National de Résistance Contre le Coup d’État, a déclaré que le COFADEH a gagné le poste qui lui correspond bien au dessus de ceux qui se disent, au sein de l’état, défendre les droits de l’homme.

De la même manière, Anarely Vélez, représentant le Comité pour l’Expression Libre (C-Libre), a soutenu que depuis que s’est produit le coup d’État ils ont lancé au monde une série d’alertes qui dénonçaient les attaques contre les médias comme Radio Globo, Canal 36, Radio Progrès, Canal 11, Diario Tiempo et la persécution de différents journalistes dans l’exercice de leur profession.

Finalement le directeur Exécutif d’ACI-PARTICIPA et d’ex-Commissaire National des Droits de l’Homme, Leo Valladares Lanza, a dit que toutes les actions du gouvernement de facto, n’ont été rien de plus qu’une autre stratégie pour étouffer les voix qui dénoncent les droits de l’homme.

Valladares Lanza condamne le coup d’État et mis en avant le fait qu’un mandataire des droits de l’homme doit être la voix de ceux qu’ils n’ont pas, ou encore de ceux qui l’ont mais qu’on écoute pas.

Données provenant de defensoresenlinea.com

Source : Revistazo ¡Rostros y cifras de la represión !
Defensoresenlinea.com El COFADEH revela un aumento de graves violaciones a DDHH en Honduras
Traduction : Primitivi

samedi 31 octobre 2009

Honduras : au quatrième mois du Coup d’Etat



(source : Agence Pulsar, traduction Futur Rouge 28/10/09)
Sans nouvelles sur le retour de l’ordre constitutionnel au Honduras, ce mercredi débutait le quatrième mois du coup d’Etat au Honduras.

Après l’échec des pourparlers, qui n’ont pas réussi à parvenir à un accord sur le retour de Manuel Zelaya Rosales à la présidence, se poursuivent les tentatives pour préserver les négociations.

Víctor Rico, secrétaire des affaires politiques de l’Organisation des États américains est à Tegucigalpa pour garantir la continuité du dialogue entre le gouvernement de facto et le gouvernement légitime du Honduras.

Aussi, mercredi est arrivé aux Caraïbes, une délégation dirigée par le secrétaire d’État aux Affaires latino-américaines des États-Unis, Thomas Shannon.

Le délégué du gouvernement pour Barack Obama se joindra à l’effort de parapher l’accord de San Jose, défendue par le président du Costa Rica, Óscar Arias, qui prévoit un dédommagement pour le président Zelaya.

En attendant, le Frente Nacional de Resistencia Popular al Golpe, continue de dénoncer les violations persistantes des droits de l’homme dans le pays et a rejeté l’appel des élections prévues pour le 29 Novembre. (Pulsar)

Servicio Internacional Cristiano de Solidaridad con los Pueblos de América Latina - Sicsal




octobre 2009

Madame Florence Bastien
Institut Catholique de Paris
21, Rue d'Assas
F-75006 PARIS Cedex 06 - FRANCE
+33 1 44 39 52 00
f.bastien@f2scom.com

Chère Madame, Bastien,

Au nom du Comité Oscar Romero, qui, à partir de la foi du Christ et en solidarité avec les personnes précarisées, se solidarise avec la lutte des peuples latino-américains; je me permet de me diriger vers vous afin de vous exprimer notre préoccupation sur l’octroi par votre Institut du titre de Docteur Honoris Causa au Cardinal et Évêque de Tegucigalpa (Honduras) Oscar Rodríguez Maradiaga, ainsi qu’à l’ex-directeur général du Fonds Monétaire International (FMI), Michel Camdessus.

S’il est certain que Monseigneur Maradiaga avait pu montrer ces dernières années - en particulier au moment de sa candidature pour la succession de Jean-Paul II - une image progressiste de défenseur de la cause des pauvres; à partir du coup d’État du 28 juin 2009, ses déclarations ont provoqué la déception parmi le peuple hondurien.

Il ne s’agit pas seulement du fait que, comme d’autres membres de la Conférence épiscopale hondurienne et avec le total appui du Vatican, il n’ait pas dénoncé le coup d’Etat. Mais il l’a surtout légitimé en déclarant que « la Constitution a été respectée par les putschistes ».

Il n’a pas condamné ni évoqué les assassinats, les tortures et les détentions massives dont s’est rendu coupable le gouvernement putschiste. Il n’a pas prononcé une seule parole sur la suppression des libertés civiques, ni sur la fermeture des média de communication qui ne voulaient pas se soumettre aux putschistes, en particulier la radio jésuite, Radio Progreso.

Le Cardinal Maradiaga a choisi le camp des militaires et des grandes familles putschistes, au contraire de Monseigneur Luis Alfonso Santos (Evêque de Santa Rosa de Copan), de la Confédération des Religieux du Honduras, du Gouvernement provincial apostolique des Jésuites au Honduras et des Dominicains d’Amérique central qui ont condamné le coup d’État et les crimes commis.

Il nous est aussi particulièrement affligeant de constater que le Cardinal sera honoré en même temps que Michel Camdessus, dont les politiques qu’il a impulsé à la tête du FMI de 1987 à 2000 ont été reconnues coupables d’encore plus grandes souffrances parmi les peuples que le coup d’État militaire hondurien. Certains analystes ont même appelé ces politiques du FMI « les crimes économiques contre l’humanité ».

Nos valeurs chrétiennes nous font douter du bien fondé de l’octroi du titre de Docteur Honoris Causa à ces personnes ainsi que de l’adjectif « Catholique » de votre Institut (MT, 25-40).

Je vous prie d’agréer, Madame Bastien, l’expression de nos sentiments distingués

vendredi 30 octobre 2009

Comuniqué No. 30.

Le Front de Résistance contre le Coup d’Etat au Honduras.
Communique à la population hondurienne et à la communauté internationale:

1. Nous Dénonçons les manipulations et les tactiques dilatoires par lesquelles le régime de facto essaye de gagner du temps, et arriver à la farce électorales du 29 novembre prochain sans avoir rétabli l’ordre constitutionnel et restitué le président légitime Manuel Zelaya Rosales.

2. Nous rappelons que le peuple hondurien ne reconnaîtra pas la campagne et les résultats électoraux du 29 novembre si se prolonge la dictature de l’oligarchie et des forces armées

3. Nous condamnons la campagne de désinformation montée par les médias au service de l’oligarchie, qui essaye de présenter le Front de Résistance contre le Coup d’Etat comme une organisation violente. Nous maintenons que les moyens de lutte pacifique sont les seuls que nous employons depuis 115 jours de résistance.

4. Nous dénonçons que le régime de facto nous mène à une crise économique qui provoque l’augmentation du niveau de pauvreté de la population.

5. Nous exprimons notre indignation face à la répression menée par la police et l’armée, qui se traduit en assassinats de militants de la Résistance, en actions d’intimidation et d’interdiction des manifestations, en procès illégaux et immoraux, aux arrestations de nos compagnons, et plus récemment, en actions d’intimidation des enseignants à travers tout le pays.

6. Nous réitérons notre volonté inébranlable d’installer une Assemblée Nationale Constituante, démocratique et populaire, pour refondre la patrie et la sauver d’une classe économique minoritaire qui exploite les classes de populaires.


“APRÈS 115 JOURS DE LUTTE, PERSONNE NE SE REND”
Tegucigalpa, le 20 octobre 2009

mercredi 28 octobre 2009

Honduras : les amis de Ileana Ros-Lehtinen publient une fausse liste d’appuis à la dictature

Jean-Guy ALLARD


Quelques heures avant qu’il ne publie une lettre appuyant le retour au pouvoir du président Zelaya, à la tête de de plusieurs congressistes démocrates, le nom du représentant Bill Delahunt a été trompeusement placé dans une liste de partisans du gouvernement putschiste par les organisateurs de la visite au Honduras de la républicaine Ileana Ros-Lehtinen.

La principale représentante de l’extrême-droite nord-américaine s’est réunie avec le président usurpateur Roberto Micheletti, en compagnie de deux autres éminents représentants de la mafia d’origine cubaine à Washington : Lincoln et Mario Díaz-Balart.

La liste, destinée à tromper le public, a été diffusée par le quotidien La Prensa de San Pedro Sula au coeur d’un reportage intitulé Ils préparent aux États-Unis la reconnaissance des élections, en référence aux élections illégales de novembre, avec un préambule où on mentionnait que la congressiste nord-américaine Ileana Ros-Lehtinen « a confirmé qu’elle arriverait à notre pays pour écouter le côté de l’histoire que peu de personnes ont voulu entendre : celle du gouvernement de Micheletti ».

Ros-Lehtinen, surnommée La Louve féroce, est une politicienne de Miami d’origine cubaine qui s’est convertie dans les dernières années en porte-parole de l’extrême-droite du Congrès des États-Unis et en défenseure inconditionnelle des politiques les plus agressives d’Israël.

Dans le dossier hondurien, elle a été une des très rares voix au monde appuyant l’imposition au peuple hondurien d’une dictature d’inspiration fasciste.

Israël qui approvisionne Micheletti en armes dites non fatales, est de fait le seul soutien international que reçoit la junte au pouvoir dans le pays d’Amérique centrale.


INITIATIVE POUR APPUYER UNE DICTATURE FASCISTE

Dans son reportage piégé, La Prensa signale que la congressiste républicaine Ileana Ros-Lehtinen a introduit au Congrès des États-Unis une soi-disant initiative afin que l’on reconnaisse les élections honduriennes du 29 novembre.

Ce scrutin a été dénoncé à travers le monde pour manquer totalement de légitimité puisqu’il se déroulera hors du cadre constitutionnel.

« Pour le moment, 28 congressistes ont adhéré à l’initiative HR749 de Ros-Lehtinen ». affirmait le journal avant de nommer divers législateurs dont le démocrate Bill Delahunt.

Alerté au sujet de cette fausse information diffusée au Honduras par les amis de Ros-Lehtinen qui organisent sa visite, le bureau de Delahunt à Washington a annoncé la publication immédiate d’une déclaration.

Quelques heures plus tard, la signature de Delahunt apparaissait en tête d’une lettre adressée au Congrès hondurien, où on réclamait le retour immédiat du président Manuel Zelaya et où on qualifiait de coup d’état les évènements du 28 juin dernier.

Dans le document adressé à José Ángel Saavedra, président du Congrès putschiste, les représentants nord-américains ont déclaré que « le coup d’État contre le président Zelaya a été anticonstitutionnel, que l’absence d’un président légitime, les violations des droits de l’homme et la restriction des libertés civiques sont inacceptables, et que ces conditions rendent impossible des élections justes et libres en novembre".

La signature de Delahunt est suivies de celles de James P. McGovern, Janice D. Schakowsky, Sam Farr, Gregory W. Meeks et Xavier Becerra.

RAPPORT CONFIDENTIEL DE L’AMBASSADE USA

La représentante Ros-Lehtinen et les Díaz-Balart sont bien connus pour leurs liens avec les cercles terroristes de Miami, en particulier avec le délinquant international Luis Posada Carriles, qui profite de nombreuses complicités au Honduras depuis qu’il a géré des opérations dans ce pays pour le compte de la CIA.

Tandis que Ros-Lehtinen se réunissait avec le ministre putschiste des Relations Extérieures, Carlos López Contreras, sa vice-ministre Martha Lorena Alvarado et le cardinal Óscar Andrés Rodríguez. les Díaz-Balart conversaient avec les candidats à la présidence, des membres de la Cour Suprême et des fonctionnaires de haut rang.

Attention : Ros-Lehtinen s‘est réunie avec des fonctionnaires de l’ambassade étasunienne pour recevoir « un rapport confidentiel sur les intérêts de la sécurité nord-américaine au Honduras et dans la région ».

Elle n’a pas précisé quels sont ces intérêts si confidentiels du Nord dans ce pays qu’il a converti en base militaire pour sa guerre sale contre la Révolution nicaraguayenne.

Le quotidien La Prensa, membre de la Sociedad Interamericana de Prensa (SIP), qui dénonce constamment le manque de liberté de presse dans les pays prpgressistes d’Amérique latine, est la propriété du multimillionnaire Jorge "Pepsi" Canahuati Larach, un des complices du coup d’état les plus connus après les chefs militaires et Micheletti lui-même.

Canahuati est détenteur pour le Honduras de la marque Pepsi et des franchises de Pizza Hut, Kentucky Fried Chicken, Seven Up, Teem, Enjoy, Adrenaline, Gatorade, Quanty, Be-Light, Link, SoBe Energy, et (le thé) Lipton.