1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.

1 346 876 honduriens ont dit OUI à la constituante.
Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

mercredi 3 novembre 2010

Le socialisme est la démocratie

Après les élections législatives au Venezuela le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) a battu la coalition de droite de L'Unité démocratique  (MDU) au milieu d'un processus démocratique exemplaire qui a été applaudi dans le monde malgré les mensonges impérialistes des médias de masse.

Chavez avait besoin d'un peu plus, disent certains. « L'absolutisme a été défait » intitulé les médias latino-américains d'extrême droite. Le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) n'ont pas atteint leur objectif, mais le Venezuela a remporté de même que le socialisme dit Fidel de Cuba.

La vérité est qu'atteindre 95 sur 165 sièges au Parlement est une victoire. C'est la majorité, ce qui dans les démocraties capitalistes est suffisantes pour écraser la plupart des intérêts avec quelques exceptions. Mais il ne suffit pas au Venezuela, la raison pour cela nous permet de mieux comprendre le processus révolutionnaire.

Il y a quelques jours lors du Forum du penser du peuple le Front national de résistance populaire (FNRP) a parlé des contradictions du système et est parvenu à un consensus que c'est précisément dans ces contradictions que réside la stratégie politique et idéologique des conservateurs. La « dictature de Chavez" est, bien évidemment, plus démocratiques que les démocraties internes qui l'accusent. Et pour être démocratique on lui reproche d'être faible.

Le manque de tricherie dans les élections, la participation de tous les secteurs, sans violence ni menaces et sans crainte de la décision de la majorité ont fait réussir ces élections. Le 66,5 des électeurs sont allées voter (et cela correspond à la droite et gauche, pas comme dans notre pays où quelques fanatiques disent qu'un million de personnes sont allés voter, mais personne ne les a vus).

La coalition de droite du Venezuela qui s'est réuni au Bureau de l'unité démocratique (MUD) n'a pas été agressé par des gaz lacrymogène ou frapper et encore moins tué. La MUD a pu faire une campagne électorale dans les différents médias pour respecter le gouvernement et a atteint 64 sièges. C'est la démocratie.

Le PSUV a également fait campagne et ont parvenu à la majorité au Parlement. Ils ont 95 membres parlementaires, avec100 sièges ils auraient pu ratifier toutes leurs propositions sans débat et par décret. Maintenant, les médias impérialiste ne savent pas quoi dire. Les incohérences sont livrées par leurs médias les plus récalcitrants, certains ont dit que la droite a gagné, mettant de côté leur capacité de mathématiques.

Le contrôle du Parlement par le PSUV se poursuivra et est irréversible, mais la vérité est que cette fois le contrôle ne sera pas absolue et devra faire pression pour certaines de leurs positions, détruisant les accusations de dictature que Washington fait de Caracas.

Le président Hugo Chavez et le PSUV ont été clair que de nouvelles mesures ont été appliquées au Venezuela pour poursuivre la voie du socialisme du XXIe siècle. Dans le MUD ce qui existe est une alliance temporaire pour le processus électoral, mais il y a des forces politiques qui ne tombent pas dans l'extrême-droite pro-impérialiste et qui ont déjà avancé qu'ils seraient en faveur des propositions du gouvernement sur tout ce qui concerne le développement productif et la reprise économique dans plusieurs secteurs traditionnellement exclus de la dynamique du capital transnational.

Ce qui se passe au Venezuela est une leçon pour tous. Le socialisme a gagné même si le droite le nie, en fin de compte c'est au sein du Parlement que la réponse sera trouvée. Les titres peuvent dire «  dictature », la vérité est autre et le monde a maintenant des nouvelles preuves. Dans les véritables démocraties le peuple gagne toujours, pour cette raison c'est le socialisme qui les promeuvent et le capitalisme les réprimes.

S'il y avait la démocratie au Honduras en ce moment, le peuple gagnerait, pas le droit avec toutes les coalitions qu'ils forment et tous les mensonges qu'ils racontent.

Traduit par KGK de Socialism is democracy

COFADEH: Contre l’impunité il faut suspendre la Cour Suprême de Justice et le Ministère


Tegucigalpa, le 27 septembre 2010. Le Comité des familles des détenus et des disparus de l’Honduras (COFADEH), exprime son opposition à l’installation d’une Commission Internationale Contre l’Impunité au Honduras car il considère qu'elle ne peut fonctionner alors que le système judiciaire est contrôlé par les putschistes. 
L’organisation de défense des droits humains dénonce l'existence d'un état d’impunité au Honduras car les institutions établies dans ce but, telles que la commission nationale des droits humains et le procureur général, ne défendent pas les honduriens lorsque leurs droits humains sont violés. En effet, les responsables de ces deux institutions, M Ramon Custodio et M Luis Alberto Rubi sont des acteurs majeurs de la défense du coup d’état.

Honduras est aujourd'hui, un pays "où les crimes politiques et les homicides collectifs qui s'inscrivent dans le cadre d'une politique criminelle de l'État contre le peuple hondurien qui  lutte pour la refondation du pays, font parties de l'actualité quotidienne du pays » dénonce le COFADEH. Il ajoute qu'il existe des violations graves des droits humains qui pourraient faire l'objet d'enquêtes rapides, comme la répression massive des manifestations pacifiques pour lesquelles il n'existe aucune procédure judiciaire engagée par le ministère public. Pour le COFADEH, l'unique manière « pour que la commission internationale contre l'impunité puisse générer de véritables résultats au Honduras, serait de suspendre les fonctions du secrétariat général de la sécurité publique, la Cour Suprême de Justice et le Ministère Public, en débutant par leur retirer le pouvoir d'investiguer et d'émettre des verdicts aux relents de persécution politique. 
L'organisation humanitaire s'interroge sur le fait que les précédents des commissions internationales qui se sont rendues au Honduras après le coup d'Etat à la demande des  instances politiques du régime de Porfirio Lobo et des organisations internationales « n'ont pas été encourageants ».
COFADEH tient pour exemple le fait que la commission nommée par l'Organisation des Etats Américains, présidée par l'ancien président du Chili, Ricardo Lagos et la Secrétaire du travail des Etats Unis, Hilda Solis pour constituer la Commission de Vérification des accords San José- Guaymuras -et les recommandations de l'OEA sont jusqu'à ce jour restés lettre morte.
De la même manière, ils remettent en cause la nomination d'une Commission de la Vérité et de la Réconciliation qui ne dispose d'aucune date limite pour rendre son rapport et l'impossibilité pour le peuple hondurien d'accéder aux conclusions des enquêtes durant une période de 10 ans.
Il est  inadmissible  que les putschistes soient intégrés à ces commissions.
Pour le COFADEH il est inadmissible que les putschistes participent aux différentes commissions proposées par le régime de Lobo Sosa, sous peine de générer une déception et un manque de confiance important dans le pays au sein duquel domine l'injustice. En effet, les putschistes ont réussi à inclure leurs défenseurs dans la constitution de la « Commission de la Vérité et de la Réconciliation CVR : Julieta Castellanos, actuelle recteure de l'Université Nationale Autonome du Honduras, UNAH, a violé à plusieurs reprises les droits humains des travailleurs contre lesquels elle exerce une répression politique féroce, au point de recourir aux forces de police  et à l'armée pour qu'elles contrôlent les syndicalistes et les étudiants ».
Un autre membre de la CVR, Jorge Omar Casco, ancien recteur universitaire et homme politique du parti national est également une pièce maîtresse des groupes de pouvoir au Honduras. “Son rôle dans la commission de nomination de l'actuelle Cour Suprême de Justice a été vital pour positionner l'oligarchie au sein de ce pouvoir d'Etat.
L'économiste Sergio Membreño est un autre défenseur notoire du coup d'Etat, mentionné dans le communiqué du COFADEH, car il est allé main dans la main avec le Cardinal Oscar Andres Rodriguez qu'il représente dans divers espaces stratégiques. Le cardinal est une pièce maîtresse du coup d'Etat. Il est allé Jusqu'à utiliser les chaines nationales contrôlés par la dictature pour  condamner la volonté de retour de Zelaya  en arguant que ce fait générerait un bain de sang .
Le COFADEH soutient qu'il est urgent de transformer radicalement les institutions qui rendent la justice par un processus auquel participe le peuple hondurien “afin d'obtenir que les putschistes perdent leur main mise sur ces institutions”, dans le cas contraire nous assisterions à une utilisation des ressources en faveur de l'impunité.

jeudi 30 septembre 2010

La mobilisation du peuple terrorise le gouvernement illégitime de Porfirio Lobo

RED MORAZÁNICA DE INFORMACIÓN

Tegucigalpa. 17 septembre 2010. « Pour nous, il est clair que la mobilisation des personnes terrifie le gouvernement illégitime de Porfirio Lobo et les forces de droite qu'il représente » a dit hier, le Comité uruguayen de solidarité avec le peuple du Honduras dans un message d'encouragement au Front national de résistance populaire (FNRP) pour la « répression brutale » souffert à San Pedro Sula.
La déclaration, signée par 29 membres dirigés par Eduardo Galeano, continue : « C'est pour cela qu'ils parient sur le terrorisme, y d'autre part vous pariez sur le courage et qu'elle se propagera et se développera. Dans cette lutte, nous n'avons aucun doute que, tôt ou tard, le peuple vaincra. »

Le Comité, envoie « un message de solidarité et d'encouragement,» une fois qu'ils ont appris « de la répression brutale de la mobilisation massive qui s'est tenue hier à San Pedro Sula, qui a fini avec la mort d'une personne, des dizaines de détenus et de nombreux blessés transférés vers une destination inconnue. »

Traduit de l'anglais par KGK de La movilización del pueblo aterroriza al gobierno espurio de Porfirio Lobo


Réseau d'information Morazánica

Communiqué Nº 74

FNRP

Vendredi, le 17 septembre 2010 FRNP

Nous avançons vers la Constituante!

Les honduriens et les honduriennes ont parlé clairement, exprimé l’urgence des transformations sociales économiques et politiques profondes qui bien plus qu’une exigence sont devenues une tache de nature populaire qui ne peut être remise á demain.

Le résultat de la Consultation Populaire pour la Déclaration Souveraine commencée le 20 avril 2010 et qui a conclue le 15 septembre 2010 se monte á 1,342,876 signatures pour le pays entier.

L’Assemblée Nationale Constituante, populaire et participative est devenue un impératif historique et populaire. Chaque signature représente un engagement pour le changement, une déclaration de principe, une manifestation de confiance envers la Résistance, un cri de Liberté et de Dignité.

Il est important de rappeler qu’avec la Déclaration Souveraine, le peuple exige le retour sans conditions du Coordinateur du FNRP, José Manuel Zelaya Rosales et de tous les exilés par le régime de terreur installé par les putschistes.

Alors que l’oligarchie utilise des tanks et des fusils pour se maintenir au pouvoir, la Résistance travaille et valide sa proposition de Nouveau Pays avec un appui populaire jamais vu auparavant au Honduras.

Le protagoniste de ce mouvement est le peuple hondurien, des centaines de mil de militants du FNRP de chaque coin du pays qui font face au régime répressif responsable d’assassinats, tortures auprès de ceux qui s’identifient avec la cause et ont assumé le travail de la Consultation avec responsabilité et sacrifice.
Ni l’intimidation, ni la traitrise n’ont pu contenir cette marée humaine qui se prépare aujourd’hui a travailler en Collectifs de Resistance dans toutes les régions du pays et dans tous les secteurs pour discuter des changements á apporter.

Au même moment où se produisait la levée des signatures pour la Déclaration Souveraine, des activités pour rechercher la convergence des différents secteurs du FNRP sur le contenu de la nouvelle Constitution et la transformation de notre société ont été organisées.

Dans cette étape qui nous attend, nous portons notre attention sur les mécanismes de participation démocratique tout en renforçant notre organisation afin de faire face à l’oligarchie qui ne relâche pas son étreinte. Nous devons assumer une meilleure créativité et un meilleur esprit révolutionnaire pour édifier le futur.
Que ce jour soit un hommage á ceux qui ont souffert et sacrifié leurs vies pour ce Nouveau Pays : nos martyrs, femmes et hommes que nous jurons venger.

Pour ce “Nouveau Pays “ que personne ne pourra stopper malgré les fusils, allons de l’avant accompagnés de notre force unitaire, vers l’Egalité et la Justice.

¡Nous résistons et nous vaincrons !

Comité Exécutif du FNRP
Tegucigalpa, le 17 septembre 2010.


Traduit par RES de Comunicado No. 74

mercredi 22 septembre 2010

Répression sur Café Guancasco - "Au Honduras, ce n’est plus légal de faire de l’art"



Café Guancasco

Le 15 Septembre 2010, les membres du groupe Café Guancasco ont été brutalement réprimés par la police et l’armée en plein concert. Nous avons quitté l’endroit avec, dans les bras, des enfants intoxiqués, des femmes battues, des jeunes blessés, des personnes âgées évanouies.

Un peu moins de 10 minutes après le début du spectacle, les organes de répression ont attaqué directement l’espace où nous étions. Des gaz lacrymogènes ont été lancés sur la scène et sur tout le périmètre où l’activité se produisait, puis ils ont aspergés d’eau et de gaz sur tout l’équipement audio et les instruments, les jetant hors de la scène. Un membre de notre groupe a été brutalement frappé à la tête et aux mains. D’autres amis de Café Guancasco ont dû se faire hospitaliser.

Café Guancasco est un groupe musical qui fait partie du Front National de Résistance Populaire, avec lequel nous travaillons. Ce concert était un cadeau aux organisations sociales de la vallée de Sula.

Le coût des dégâts matériels s’élève à des centaines de milliers de dollars.

Nous lançons ce message de protestation à tous les peuples du monde. Au Honduras, ce n’est plus légal de faire de l’art. Ce n’est plus légal d’être en faveur du peuple.

Nous envoyons ce message de répudiation à la dictature de Porfirio Lobo Sosa : notre chant n’est rien de plus qu’un cri d’espoir pour des millions d’êtres humains essayant de se libérer, si ça vous gêne, vous devrez apprendre à vivre avec les surnoms insultants que nous vous avons donnés dans nos chansons.

http://cafeguancasco.com/

http://www.youtube.com/watch?v=WMBpdaeETIg&feature=player_embedded

lundi 20 septembre 2010

PROCLAMATION DU 15 SEPTEMBRE 2010

Mercredi 15 Septembre 2010, FNRP

Le peuple hondurien est mobilisé aujourd’hui dans toutes les villes du pays pour réclamer ses droits qui lui ont été historiquement niés par une oligarchie médiocre, au service des intérêts économiques des transnationales qui ont profité de la dépendance absolue de notre pays.

Cette formidable expression de courage et d’espoir a lieux dans un climat d’insécurité et de répression. Plus d’un an après le coup d’état, la dictature continue sous le joug de Porfirio Lobo, et assassine, persécute, torture et exile, dans le but de détruire ce processus inébranlable.

Ce 189ème anniversaire de notre indépendance formelle est témoin de la relance dans notre pays du modèle néolibéral qui depuis les années 90 s’est instauré pour brader nos ressources naturelles, éliminer toute possibilité de développement et nous mettre au service d’un système international d’expropriation des richesses et du travail des peuples par le grand capital.

Malgré cette adversité, le peuple hondurien a des raisons de se sentir optimiste et de célébrer les efforts et les résultats de la lutte continue qu’il mène depuis le coup d’état du 28 juin 2009. Jamais auparavant nous n’avions eu un niveau de conscience et d’organisation populaire si élevés; jamais auparavant tant de secteurs sociaux n’avaient été unis dans un objectif commun de transformations structurelles profondes.

Le Front de Résistance Populaire est parvenu à devenir le canal commun de revendication des exploités et des marginalisés, mais également la plateforme d’union de tout un peuple qui répudie le système social imposé par l’oligarchie et en propose un neuf, fondé sur l’égalité et la justice, garantissant les besoins élémentaires de tous. C’est ce qui donne le caractère révolutionnaire à ce projet que le peuple appelle « la Refondation ».

Ce projet compte sur le plus grand soutien populaire de l’histoire du Honduras, comme le prouve sa signature par plus de 1,25 millions de personnes, qui malgré les menaces constantes et la répression, exigent la convocation immédiate d’une Assemblée Nationale Constituante, populaire, participative et ouverte à tous.

Le chemin de le Refondation n’est pas facile. Dérouter politiquement l’oligarchie par des moyens non violents nous impose une discipline de fer, nous impose d’assurer la démocratie interne du FNRP pour garder le soutien populaire et augmenter la base organisée, formée et mobilisée.

Notre travail est complexe; nous construisons un outil politique en même temps que nous imaginons et proposons une nouvelle société; nous concilions les innombrables points de vue incorporés dans la Résistance et nous nous restructurons en permanence, nous inventons des moyens de lutte et de protestation pacifiques contre la machine répressive du régime de facto soutenu par l’impérialisme. Tout cela requiert énormément d’efforts et de créativité, mais nous avons la conviction que nous atteindrons le pouvoir et construirons une nouvelle société.

Aujourd’hui 15 septembre 2010, 168 ans après l’assassinat de notre héros Francisco Morazán, nous suivons toujours son exemple, ainsi que celui de toutes les femmes et les hommes qui ont donné leur vie pour la justice et l’égalité, nous continuerons jusqu’à la victoire.

Nous résistions et nous vaincrons !
Front de Résistance Populaire.
15 septembre 2010

mercredi 1 septembre 2010

COMMUNIQUE N° 1

Dimanche 29 Aout 2010 - Comité Régional de Grève Générale

Le Comité de la Grève Générale est constitué des organisations suivantes : Confédération Unitaire des Travailleurs du Honduras (CUTH), Confédération des Travailleurs du Honduras (CTH), Centrale Générale des Travailleurs (CGT), Collectif des Femmes Honduriennes CODEMUH, Bloc Populaire, Coordination des Syndicats Bananiers (COSIBA), étudiants lycéens et universitaires, représentants d’autres instances du peuple hondurien, tous membres du Front de Résistance Populaire (FNRP). Face aux problèmes de violations des droits de l’homme et sociaux, et en particulier: le refus manifeste du régime de Porfirio Lobo Sosa de valider le décret de réévaluation du salaire minimum, le projet de décret de “Plan National Solidaire Anticrise pour l‘Emploi ”, l’indifférence face à la lutte des enseignants pour la défense de l’éducation publique et pour la récupération de leurs fonds de retraites INPREMA vidés par les putschistes, la loi d’“Investissements Public Privé”, nous déclarons :

1. Nous rejetons la réforme du Régime de Participation Public Privé, qui est un projet de privatisation des services publics.

2. Nous exigeons de Porfirio Lobo Sosa la réévaluation du salaire minimum, approuvée le 31 décembre 2009, et ce rétroactivement. Personne n’ignore le coût élevé des aliments de base et l’augmentation des frais de santé, d’éducation et de tout ce qui est nécessaire pour survivre, ce qui représente un déséquilibre important avec les revenus de la population, mettant en danger la santé et la vie des familles appauvries; cette situation est encore plus critique dans le secteur de l’industrie de montage où les ouvrières et les ouvriers survivent avec 121,32 Lempiras par jour (5 Euros), salaire qui n’a pas été revu en 3 ans. Nous soutenons également les revendications des fonctionnaires.

3. Nous rejetons énergiquement le “Plan National Solidaire Anticrise pour l’Emploi” car il viole la loi, la constitution, le code du travail, les accords et traités internationaux. Avec ce projet, la population perdra tous ses droits en matière de droits du travail. Les problèmes de chômage de notre pays ne sont pas de la responsabilité des travailleurs, mais des entreprises privées qui ne prennent aucune initiative pour le développement du pays et de gouvernements qui s’occupent uniquement d’exploiter les travailleurs pour obtenir des gains fabuleux en enfonçant le peuple dans la misère, afin qu’il accepte n’importe quel travail précaire pour pouvoir survivre. Ce Plan Anticrise mettra fin à la stabilité du travail, aux droits syndicaux et à toute forme d’organisation qui lutte réellement pour les droits des travailleurs, aux congés payés, au 13eme mois, au congé maternité, au paiement des jours fériés et du dimanche, au préavis de licenciement, aux indemnités de licenciement entre autre. Ces droits ont été conquis par la lutte de la classe travailleuse en 56 ans, depuis la grève générale de 1954. Nous ne permettrons pas que nous soient retirées nos conquêtes sociales.

4. Nous dénonçons la répression menée par le régime de Porfirio Lobo Sosa contre les enseignants. Nous sommes solidaires et apportons notre soutien inconditionnel dans leur lutte pour la défense du droit à l’enseignement public, à la sauvegarde financière de l’INPREMA, institution à laquelle les putschistes ont volé plus de 4,2 milliards de lempiras d’épargne (dans ce fond les enseignants épargnent 7% de leur salaire pour leur retraite). L’enseignement public est un instrument fondamental de développement social; l’avant projet de « Loi générale d’éducation » actuellement en discussion au congrès est une menace car il restreint l’enseignement public aux jeunes mineurs de 15 ans. Le lycée sera de fait réservé à ceux qui peuvent payer un établissement privé, chose impossible pour les personnes pauvres. Pour ces raisons, la lutte contre la privatisation de l’enseignement est du ressort de toute la population, et pas seulement des enseignants.

5. Nous exigeons du régime de Porfirio Lobo Sosa l’arrêt de la répression et des persécutions, et une solution rapide au conflit avec les paysans, en particulier les camarades du MUCA (région de l’Aguan).

6. Nous accusons le régime de Porfirio Lobo d’être responsable des violations des droits des femmes et d’être indifférent à l’augmentation des assassinats de femmes. Sur les six premiers mois de ce régime, 168 femmes ont été assassinées selon les statistiques officielles de l’état, sans que pour autant les institutions n’aient bougé le petit doigt pour rechercher les coupables et faire appliquer la loi. Nous exigeons de réelles enquêtes et une condamnation des assassins.

Nous convoquons TOUTES LES ORGANISATIONS populaires ET LE PEUPLE EN GENERAL à s’unir à la grande GREVE GENERALE pour la défense de nos droits sacrés conquis au cours de luttes historiques. Nous préparons cet événement avec la formation du Comité de Grève Central, en plus des comités de grève régionaux dans les zones nord, centrale et sud et des comités de base.

VITE LA GREVE GENERALE !

lundi 5 juillet 2010

Honduras, un an après le coup d’Etat

Il y a un an, le 28 juin 2009, un coup d’état militaire renversait le président du Honduras, M. Manuel Zelaya.

Au-delà des prétextes invoqués, le coup d’état visait à défendre les intérêts de ceux qui l’avaient commandité : l’oligarchie hondurienne et les multinationales présentes dans le pays. Cette élite – dont un rapport du Bureau pour la démocratie, les droits humains et le travail du département d’Etat américain observait, en mars 2007, qu’elle « exerce un contrôle considérable sur l’économie, le système judiciaire et les institutions politiques du pays » – s’estimait menacée par le programme économique de M. Zelaya.

Ce n’était pas la première fois qu’un chef d’Etat hondurien chahutait les dominants en prétendant stimuler le capital « national », développer la consommation interne et accroître le salaire minimum.

En 1993, Carlos Roberto Reina remportait les élections présidentielles, soutenu par une fraction de la bourgeoisie, elle-même menacée par l’ouverture économique du pays, et par les couches populaires, déjà frappées par les politiques néolibérales. Dès la première année de son mandat, Reina rencontra les dirigeants du Fonds monétaire international (FMI) et ceux de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) afin de leur présenter l’inflexion de la politique économique du Honduras qu’il envisageait. Menacé, en retour, d’avoir à se passer des crédits que ces institutions lui allouaient, Reina en revint à la feuille de route néolibérale.

Quinze ans plus tard, les choses avaient changé. Délaissé par les Institutions financières internationales, le Honduras obtint le soutien politique de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), qu’il rejoint en août 2008, et l’aide économique du Venezuela. M. Zelaya s’était plaint, lors de son arrivée au pouvoir, que le Honduras était si pauvre qu’ « il ne pouvait même pas construire une route sans faire appel à la Banque mondiale ». Dès la signature d’un accord avec Petrocaribe, il bénéficia de financements à taux réduits pour ses investissements en infrastructure qui l’autorisaient à dépenser ses propres deniers dans le cadre de programmes sociaux. Le même accord l’assurait de la livraison de 20 000 barils de pétrole brut par jour à des prix généreux.

Le 3 janvier 2008, un communiqué de l’Association industrielle nationale (ANDI) – qui, malgré son nom, représente les intérêts des firmes étrangères au Honduras – prenait acte de ce changement d’époque : « désormais s’est imposée l’inévitable nécessité de prendre des mesures que nul ne souhaitait, ou de mettre la clef sous la porte. » Les intérêts de l’élite n’étant pas négociables, l’ANDI concluait : « le président Zelaya et ses acolytes des syndicats obligent le patronat à se défendre et, sans le vouloir, ont réveillé le tigre. » Le 28 juin 2009, après une longue période de sommeil, le tigre bondissait.

A cette rupture dans la stratégie des classes dominantes honduriennes, le président américain, M. Barack Obama, promit d’en opposer une autre, dans la politique étrangère américaine. Jusque-là, celle-ci se caractérisait par sa complaisance vis-à-vis des putschistes latino-américains, comme lors du coup d’état qui renversa le président vénézuélien, M. Hugo Chávez, pendant quelques heures, en avril 2002.

Au contraire, dès le 29 juin, M. Obama condamna les putschistes : « Je pense qu’il s’agirait d’un précédent terrible si nous commencions à revenir en arrière, à une époque où les transitions politiques s’effectuaient par le biais de coups d’état, plutôt qu’au travers d’élections démocratiques. » Mais l’attitude ultérieure de Washington ne fut pas à la hauteur des déclarations du nouveau président.

Le Département d’Etat refusa de qualifier l’opération de « coup d’état militaire », un terme qui aurait « contraint l’administration à mettre un terme à ses programmes d’aide au Honduras », observe Alex Main, du Centre pour la recherche économique et politique (CEPR). L’administration américaine se contenta de suspendre le versement d’une fraction réduite de l’aide qu’elle allouait au pays (pour un montant de 31 millions de dollars). Mme Hillary Clinton, proche du lobbyiste Lanny Davis – qui se mit rapidement au service des putschistes honduriens –, en annonça la reprise le 4 mars 2010. Le même jour, elle invitait l’Organisation des Etats américains (OEA) à reconnaître le gouvernement de M. Porfirio Lobo, vainqueur, le 29 novembre 2009, d’un scrutin illégitime (puisque organisé par un gouvernement illégitime), et en fonctions depuis le 27 janvier 2010. Elle le félicitait par ailleurs d’avoir « restauré la démocratie » au Honduras.

Situation invraisemblable il y a encore une vingtaine d’années, le gouvernement de facto, soutenu par les Etats-Unis, n’a toujours pas été reconnu par l’OEA. Il est régulièrement mis en cause par les pays de l’ALBA. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) menaça de boycotter le sommet Amérique latine, Caraïbes et Union Européenne de Madrid, en mai 2010, si M. Lobo y participait.

La crise hondurienne constitue sans doute l’un des épisodes du conflit larvé qui oppose le Venezuela aux Etats-Unis. Mais, si le Honduras pourrait se passer de la reconnaissance diplomatique du Venezuela, celle du Brésil lui fait cruellement défaut.

Il y a quelques années, Brasília avait enteriné les préférences américaines lors du renversement du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, en 2004.

Cette fois-ci, le président brésilien, M. Luis Inacio « Lula » da Silva a estimé qu’il était en mesure de tenir tête aux Etats-Unis. Selon le journaliste uruguayen Raúl Zibechi, l’année qui vient de s’écouler a révélé une menace plus préoccupante pour Washington que le socialisme du XXIème siècle de M. Chávez : l’émergence du mastodonte économique brésilien et sa prétention à défendre ses intérêts.

Pour l’heure, la population hondurienne poursuit sa lutte malgré la répression policière et militaire. Torture, disparitions, couvre-feux, fermeture de médias sont (re)devenus monnaie courante au Honduras. Les rassemblements de plus de quatre personnes ont été interdits. Le Comité des familles de détenus et de disparus au Honduras (COFADEH) a recensé 43 assassinats politiques.

Renaud Lambert
source: http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-06-28-Honduras

vendredi 2 juillet 2010

Jackeline Foglia Sandoval, analyste en chef du Bataillon 3-16

vendredi 2 juillet 2010, par Primitivi

L’organisation d’un escadron de la mort ne dépend pas que de tueurs brutaux et sanguinaires, son travail (éliminer l’opposition au sein de la population et développer une atmosphère de terreur) s’appuie sur les données récoltées en amont afin de définir le plus précisément possible qui doit être éliminé afin de mener la politique de terreur la plus efficace.

Au Honduras, Jackeline Foglia Sandoval a tenu se rôle en 1987, elle était chef de la Section Analyses du Bataillon 3-16. Elle a permis de définir et de localiser les citoyens considérés comme "subversifs" par l’État et donc pris en compte comme "objectifs militaires" ce qui les rendait éligibles pour être pris en charge par l’escadron de la mort.

Dans cet article la COFADEH, organisation de défenses des droits de l’homme au Honduras, s’inquiète de la reprise de service de ce genre de personnage et lance un avertissement sur les conséquences probables de leur réactivation.

Alerte peuple hondurien

La conjoncture nationale actuelle révèle les choses qui mettent en danger la vie de nombreuses personnes si elles passent inaperçu, tel est le cas des militaires faisant parti de l’Escadron de la Mort 3-16 qui se considèrent maintenant comme les portes-drapeau de la Constitution de la République appelés pour remettre en pratique leur vieille stratégie de la terreur.

C’est le rôle que joue Jackeline Foglia Sandoval, qui a fait partie de la Structure 3-16 en 1987 en tant que chef de la Section Analyses, selon l’accord N° 02-81 du 12 janvier 1987, cette information peut se trouver dans le rapport “Los hechos hablan por sí mismos”[“Les faits parlent d’eux-même”], présenté en 1993 par Leo Valladares, Commissaire National aux Droits de l’Homme.

Le travail de la Section Analyses dans le cadre de la Doctrine de Sécurité Nationale n’était pas moins que de compiler les profils des civils qui étaient considérés comme objectifs militaires, ceux qui par la suite disparurent, furent assassinés ou torturés.

Le danger vient du fait que ces méthodes de terreur peuvent être à nouveau mises en application pour commettre des violations des droits de l’homme.

Jackeline Foglia Sandoval
(photo : COFADEH)

Actuellement Jackeline Foglia Sandoval mène silencieusement son travail sur Internet où elle lance des appels à ses collèges militaires pour qu’ils viennent se joindre “à la défense de la patrie”.

Les organisations des Droits de l’homme signalent qu’en 1987, on a fait disparaître, les citoyens honduriens Luis Antonio Rodríguez, Cosme Osorio Murillo, Martín Antonio Lazo M., Julio López, Marco Tulio Sosa, José Estanley Castellón et René McClellan Andino. Leurs parents attendent encore qu’on leur rende justice.

D’autres données sur Foglia Sandoval signalent qu’en 1980 elle a commencé ses études à l’Académie Militaire de West Point aux États-Unis et que de 1984 à 1995 elle a été officier dans l’armée du Honduras, intégrant de multiples unités militaires.

Il y a de sérieuses préoccupations face à la résurgence de ces violeurs des droits de l’homme dont les crimes attendent encore leur châtiment, mais qui continuent dans la plus totale impunité grâce à la complicité d’instances de l’État qui ont initialement le devoir de faire juger ce genre de délits, mais dont le comportement se limite à danser la danse du pouvoir.

Nous lançons un appel au peuple hondurien pour ne pas oublier ces faits détestables et de rester attentif afin d’identifier ces personnages qui cherchent aujourd’hui à se faire valoir comme défenseurs des intérêts du peuple.

COFADEH


Source : COFADEH "Alerta al pueblo hondureño"
Traduction : Primitivi